ÉTOGES
nieurs qui y sont employés est trop grand, ce qui donne lieu de multiplier ces routes et occasionne une plus grande dépense tant pour la construction de ces chemins que pour leur entretien. Ce fardeau, que le Tiers état supporte seul et qui le surcharge infiniment, lui fait espérer de la justice et de la bonté du Roi que cet impôt sera réparti sur tous les citoyens dont les plus opulents d*entre eux tirent tous les avantages de ces grandes routes (1).
2. — Les arbres plantés le long de ces routes qui, par leur largeur, rendent des bons terrains nuls, préjudicient inflniment aux récoltes et par leurs ombrages, et par leurs racines qui tallent à trente et quarante pieds dans les champs, ce qui en diminue les productions; il serait de la sagesse du gouvernement de les supprimer ainsi que ceux qui bordent les avenues d'agrément qu*on remarque sur les terroirs de plusieurs paroisses du bailliage de Châlons (2).
3. — Le gibier, trop abondant, cause de son côté des dégâts qui privent le cultivateur d'une portion de ses récoltes qui l'aiderait à payer ses impositions ; il souffre ces pertes avec d'autant plus de douleurs qu'il lui est moins i>ossible d'en obtenir le dédommagement de la part des nobles qui possèdent le droit de chasse, depuis les deux arrêts de règlement que le parlement de Paris a rendus les 21 juillet 1778 et 15 mai 1779, ce qui porte les propriétaires des terres et vignes à demander la réforme de ces règlements avec d'autant plus d'intérêt qu'ils voient leurs terroirs couverts de remises, plantés en bois depuis peu, afin de multiplier le gibier destructeur (3).