MENDICITÉ
Doléances, — Tous les jours les paroisses sont inondées d'une foule de vagabonds et de pauvres étrangers. Il serait à souhaiter pour la tranquillité des paroisses qu'on pût remédier à ce désordre (3).
Remède. — Le moyen le plus efficace serait l'établissement d'un fonds de caisse qui serait levé sur tous les contribuables de chaque État dans la proportion de leurs revenus, lequel fonds de caisse serait soumis aux soins des municipalités sous la direction des assemblées provinciales.
Il est affligeant pour les familles de participer à l'opprobre et en quelque sorte au châtiment d'un parent qui s'est mal conduit et mérite de subir toute la rigueur des lois.
Ne pourrait-on pas obtenir du Roi une déclaration qui restreindrait l'opprobre sur la seule personne qui aurait mérité d'être justiciée, sans que la tache passe à toute une famille, de génération en génération (4).
(1) Arch, de la Marne, C, 18^ : Dossiers des réparations à Téglise, au presbytère et au cimetière de 1733 à 1754; adjudications de 1733 : 544 livres ; de 1740 : 247 livres ; de 1753 : 1,580 livres, etc.
(2) Baux des dîmes de Fèrebrianges divisées entre l'abbaye d'Andecy et Tabbaye de Toussaints, de Châlons. {Arch. de la Marne^ £, 916.)
(3) Voir le cahier d'Aulnay-aux- Planches, page 45.
(4) Les causes et Torigine de cette vieille et malencontreuse opinion sont longuement discutées dans l'ouvrage de Robespierre intitulé : Discours couronné par la Société royale des arts et sciences de Metz sur les questions suivantes proposées pour sujet du prix de Vannée î7Si : /» Quelle est Vorigine de l'opinion qui étend sur tous les individus d'une même famille une partie de la
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Fait, clos et arrêté par nous, syndic, membres de la municipalité, adjoints et habitants assemblés sous la présidence de M. le lieutenant, le 8 mars 1789.
Vanel, curé, P. Adam, N. Rasselkt, N. Lesœur, Moussy, J.-B. Champion, etc
(12 signatures.)
Paraphé ne uarietur : LAPRAmiE, lieutenant de la justice et prévôté du comté d*Étoges, Fèrebrianges en dépendant.
ANALYSE DU PROCÉS-VERBAL [La communauté de Fleury-en- Argon ne (1) était composée de 80 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le 1^ mars 1789. — Le même jour, les habitants se réunirent sous la présidence de François Mannequin, syndic municipal.— Le procès- verbal constate la présence de Nicolas Lopinot, Jean- Baptiste Denizet, François Thugnet, Jacques Joflin, Pierre Bertin, Nicolas Marchai, Nicolas - François Bertin, Jean BouUard, Fiacre Dumont, Jean Gillon, Nicolas- François Mathieu, Antoine Chazal, F.-Simon Thierriet, Nicolas Mathieu, François Brancourt, Jean Lopinot, Claude Henry, Claude Menget, Pierre Bertin le jeune, François Corvisier.— I^s députés furent François Mannequin et Jean I^pinot.)
honie attachée aux peinet infamante» que Mubit un coupable ^ 2« Cette opinion eat-elle plus nuisible qu'utile '? J» Dans te cas où Von se déciderait pour l'affirmative^ quels seraient les moyens de parer aux inconvénients qui en résultent? par M. de Robespierre, avocat en parlement. (A Amsterdam et à Paris chez J.-G. Merigot Jeune, quai des Augustins, 17S5, in -8» de 60 pages. — E. Hamel : Histoire de Robespierre, Paris, 1865, in-S» en 3 vol., tome I, p. 49.)
(1) Le cahier existe aux Arcti. de la Meuse (dossier L /, : 3 pages, la première cotée et paraphée ; visa de Prieur) ; le procès-verbal aux Arch. de la Marne, ibid, (dossier b, pièce ISi).
Sources accessoires documentaires. — Arch. de la Meuse, C, 163 : Administration de la communauté ; — etc.
— Fleury -en-Argon ne ou Fleury-sur-Aire appartenait à l'élection de Sainte- Ménehould ; aujourd'hui la commune fait pariie du canton de Triaucourt. arrondissement de Bar-le-Duc (Meuse).
- Dénombrement de 1773 : 1()0 feux roturiers et l erclésiastique. -- Popn lation : 139 hommes, 135 femmes, 20 garçons et 29 filles, soit T23 habitants.
CAHIER
Doléances des habitants de Fleury-en-Aryonne soussignés, village composé de quatre-vingts feux, du bailliage de Chàlons-sur-Marne, à douze lieues de distance de ladite ville, de Vélection de Sainte-Ménehould dont il est éloigné de cinq lieues, tellement enclavé qu'il n'est qu'une demilieue de Waly, Nubécou^rty Autrécourt, Clermontois, à une lieue de Beauzée, Verdunois, et de même de Saint- André qui est en Lorraine (1).
Lesdits habitants, pénétrés de la plus vive reconnaissance pour le Roi d*avoir accordé au Tiers état une députation choisie dans son ordre en nombre égal à celle des deux premiers ordres réunis, d'avoir permis à son peuple de faire telles demandes qu'il jugera à propos pour le bien du royaume et celui de ses sujets dans les États généraux dont l'ouverture est fixée au 27 avril 1789, autorisent les députés de ce lieu de Heury à faire insérer dans le cahier qui doit se rédiger en l'assemblée du bailliage de Châlons qui est convoquée au 12 du présent mois de mars, dite année 1789,
Que les vœux sont :
Que la Champagne soit mise en pays d'État ;
Que les justices souveraines soient rapprochées des justiciables ; pour cet effet, qu'il soit établi quelque grand bailliage ou conseil supérieur (2) ;
Ils désirent la réforme du code civil et criminel, surtout en ce qui touche l'abus des frais et la longueur de la procédure ;
Ils désirent également la suppression des jurés-priseurs, vendeurs et greffiers-experts, comme étant une surcharge pour le peuple ;
Ils pensent qu'il serait bon qu'il n'y eut qu'une coutume dans la province ;
Ils demandent le reculement des barrières et la libre circulation de toutes marchandises gratis par tout le royaume ;
La suppression de la gabelle et, dans le cas où elle ne pour-
(1) Voir les cahiers de Beuiilieu-en-Ar^oiiiu% page 6i), et de (Iharniontoisl*Abbé, page 134.
(2) A'^oir le cahier d'Èvres, page 279. . .
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rait avoir lieu, on demande une forte diminution sur le prix excessif du sel ;
Quant aux aides, si on les supprime, Fleury observe que le remplacement des droits serait onéreux pour le lieu, s'il était appliqué sur les vignes, parce que les vignes dudit lieu ne rapportent pas plus de sept à huit pièces Tarpent dans les années d*abondance, et que le vin ne s'y vend pas bien (1) ;
On désire la continuation de la corvée en argent plutôt qu'en nature ;
Il conviendrait de supprimer le tirage de la milice au sort et de fournir dans les besoins des soldats provinciaux aux dépens de la province ;
On prie le Roi et les États généraux de prendre en considération que la province de Champagne est une des plus surchargée en impôts, qu'elle paie plus que le produit de son sol et que les habitants ne vivent que sur leur industrie ;
Fleury observe en particulier que, de quatre-vingts feux dont il est composé, il y en a plus d'un tiers à la mendicité, et que le reste vit très durement et à force de travail ; d'ailleurs il supporte des droits extraordinaires, étant enclavé comme il a été dit et ne peut avoir aucun commerce ;
Aux environs de la paroisse, il existe un nombre d'usines à feu, telles que verreries, tuileries, poteries et faïenceries qui consomment une prodigieuse quantité de bois, ce qui le rend d'un prix exorbitant : il conviendrait d'en supprimer au moins une partie (2) ;
Pour subvenir aux charges de l'État, on espère que le Clergé et la Noblesse paieront à proportion de leurs biens comme le Tiers état ;
On désire qu'avant tout, on mette des impôts sur des objets de luxe et de pur agrément ;
Quant au genre d'impôts, les habitants s en rapportent pour
le tout à la bonté, à la justice et à la sagesse du Roi, ainsi
il) Le territoire de Fleury -en- Argonne comptait 69 arpents de vigne, mesure de Paris, produisant d'après le dénombrement de 1773, 160 muids de vin, année commune, et n*en ayant donné, en 1773, que 40. « La vigne, dit Lemaire (Hecherchet hisi. nur Vabbaye de HeauUeu^ ouv. cit., page 266), y était autrefois cultivée avec soin et les moines de l*abbaye de I3eaulieu y récoltaient un vin léger dont ils prisaient le bouquet agréable. La rareté des produits a poussé les habitants à défricher ces plants trop souvent infertiles. »
(2) Voirie cahier de ReaUlieu-en-Argonne, page 74.
qu'aux Etats généraux et à la sagacité lumineuse de M. Necker dont on désire la conservation comme un ministre digne de la confiance du Roi et du peuple.*
J.-B. Denizkt, Lopinot, F. Thugnet, .1. Boullard,
Bertin, etc
Hanneqlin, syndic.
(19 signatures.)
FONTAINE-SUR-COOLK
ANALYSE DU PROCÈS- VERBAL. [La communauté de Fontaine sur-Coole (1) était composée de 40 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le l«r mars 1789. — Le 8, les habitants se réunirent sous la présidence de Pierre Henriet, syndic de la municipalité.— Le procés-verbal constate la présence de Nicolas Cannebotin, Joseph Guyot, Jean-Baptiste Prin, Antoine Mortas, Claude Bourlet, Nicolas- Pierre Guyot, Philippe Henriet, Joseph Henriet, Nicolas Lambert, Pierre Chailliot, Pierre Henriet « et autres ne sachant pas signer ». — Les députés furent le syndic Pierre Henriet et Pierre Chailliot.)
CAHIER
[Le cahier de Fontaine-sur-Coole est le même que celui de Cernon auquel nous renvoyons (pages 121 à 126). Cependant la rédaction ou la copie est plus correcte, et nous n'y trouvons pas les phrases parfois incompréhensibles que nous avons lues plus haut. Ainsi, voir page 122, troisième paragraphe : au lieu de : « Il ne faut pas dire que nos terres sont évaluées au-dessus de leur valeur, » comme le porte le cahier de Cernon, celui de Fontaîne-sur-Coole transcrit le mot « audessous, )) ce qui est plus exact, d'après 1c sens de la phrase entière. — Dans cette même phrase, on lit à Fontaine-sur-Coole : « La moitié
(1) Arch. de la Marne, ihid. (procès- verbal, dossier fr, pièce Î82. Cahier, dossier c, pièce 51 : 3 p|iges non cotées ni paraphées ; visa de Prieur).
Sources accessoires documentaires. — i4rc/i. de la Marne, C. 60Î-9992 : Administration de la communauté ; usages ; comptes des syndics, etc. - C, S63 : Impositions. — C, 1590 : Corvées. — C, 184S : Église et presbytère. — C, 2112 : Procès criminel. — E, 37 : Famille Baugier, de Châlons ; titres de propriétés ; seigneuries ; — etc. -- Fontaine-sur-Coole appartenait à l'élection de Châlons; aujourd'hui la commune fait partie du canton d'Écury-sur-(]ooIe, arrondissement de Châlons. — Dénombrement de 1773 : 54 feux roturiers et 1 ecclésiastique. — Population : 64 hommes, 78 femmes, 24 garçons et 18 filles, soit 18^ habitants.