INTRODUCTION XVII
par Chaumont-en-Bassigny, le procès-verbal de réunion des habitants constate que « la paroisse de Corbeil n'était point du « bailliage de Chaumont, mais de celui de Chàlons ; que Tordon- « nance de M. le bailli de Chaumont ne portait d'assigner par « devant luy que les paroisses où il avait la connaissance des a cas royaux, et comme ils ne sont pas de ce ressort, ils (les <K habitants) pensent que c'est par inattention qu'ils y sont a assignés ; pourquoy ils n'entendaient point nommer de dépu- « tés pour l'assemblée de Chaumont, mais pour celle de « Châlons qui doit se tenir le douze du présent mois (1) x>.
— Le bailliage de Châlons-sur-Marne comprenait donc tout l'arrondissement actuel de Châlons, sauf les communes de Billy-le-Grand, Mourmelon-le-Grand et Mourmelon-le-Petit (du canton de Suippes), qui dépendaient du bailliage de Reims ; et celle de Clamanges (du canton de Vertus), enclave appartenant, nous l'avons déjà vu, au bailliage de Vitry-le-François. Il étendait encore sa juridiction sur une soixantaine de communautés classées aujourd'hui dans les arrondissements voisins d'Épernay, de Reims, de Sainte-Ménehould, de Vitry-le-François et d'Arcis-sur-Aube, et sur les lointaines enclaves dont nous avons parlé et qui sont actuellement dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne.
Avec Châlons-sur-Marne, le bailliage possédait encore deux petites villes assez importantes et assez curieuses que nous ne ferons que citer ici, renvoyant, pour plus de détails, aux notes qui accompagnent leurs cahiers : l'une, Suippes, était essentiellement industrielle, ouvrière ; l'autre. Vertus, avait été le siège d'une célèbre comté-pairie ayant appartenu aux Galéas Visconti, ducs de Milan, puis à la famille d'Orléans, et qui, en raison de ce passé illustre, réclamait, en 1789, le droit de représenter directement aux États généraux (voir délibération du Conseil de ville du 28 décembre 1788, reproduite page 764 de cette publication, et la notice à ce sujet).
Quelques mots sur les opérations du bailliage : Le 6 février 1789, Laurent de Villedeuil, secrétaire d'État au département de la maison du Roi et, comme tel, chargé
(1) Voir, page 208, le procès-verbal d'assemblée des habitants de Corbeil du 6 mars 1788.
XVIIl INTRODUCTION
de la généralité de Châlons- sur- Marne, envoya au duc de Bourbon, gouverneur général de la Champagne et de la Brie, un paquet contenant les imprimés des lettres de convocation et du règlement du 24 janvier 1789, nécessaires pour les onze bailliages principaux (1) du ressort de son gouvernement (2).
Le 17 février 1789, le grand bailli d'épée du bailliage de Châlons, Claude-Hyacinthe Guillemeau de Fréval (3), fit donner lecture, à l'audience de ce bailliage, du règlement du 24 janvier 1789 et de l'ordonnance qu'il rendit à cet effet (4).
(1) Les baUliages de Châlons-sur-Marne, Château-Thierry, Chaumont-en- Bassigny, Langres, Meaux, Provins (bailliage secondaire : Montereau), Reims, Sens (bailliage secondaire : Villeneuve-sur- Yonne), Sézanne (bailliage secondaire : Châtillon-sur-Marne), Troyes (bailliages secondaires : Nogent-sur-Marne et Méry- sur-Seine) et Vitry (bailliages secondaires : Sainte-Ménehould, Fismes, Saint-Dizier, Épernay).
(2) Arch.nat.,B^SÎ.
(3) Claude-Hyacinthe Guillemeau de FrévaU lieutenant-colonel des dragons, chevalier de Saint-Louis, seigneur d'Omey, Cheppes, Saint-Martin-aux- Champs, Coulmiers, La Chaussée et Mutigny, né à Paris le 7 mai 1749, n'était grand bailli que depuis le 29 janvier 1789 (v. Brettk : Recueil, ibid., t. III, p. 189 : États des services militaires, etc.)* H se retira, pendant la Révolution, dans son château d'Omey (v. ce cahier, page 405).
(4) Cette cérémonie eut lieu aussitôt les débats d'une affaire Benoist contre Benoist, plaidée par les avocats Prieur et Cliarlier. Voici le procés-verbal de cette séance et l'ordonnance rendue par le grand bailli d'épée :
c Du mardi dix-sept février mil sept cent quatre-vingt-neuf, par-devant « nous, Claude Guillemeau de Fréval, chevalier de l'ordre royal et militaire de « Saint-Louis, grand bailly d'épée, Brémont, lieutenant général, Richard, lieu- « tenant criminel. De Lestrée, lieutenant particulier, assesseur civil et cri- « minel, Jourdain et Delacourt, conseillers tenant l'audience du bailliage « royal.
« Est comparu le procureur du Roi en ce siège par M« Burnet, avocat de « Sa Majesté, lequel M» Burnet, portant la parole, a dit que nous ayant été « adressé des lettres de Sa Majesté en date du 24 janvier 1789, signées Louis, « et plus bas pour le Roi, Laurent de Villedeuil, scellées du sceau de cire rouge « pour la convocation et assemblée des États généraux du royaume, ensemble « le règlement fait par le Roi pour l'exécution desdites lettres en date dudit « jour 24 janvier y annexé.
« Requérant qu'il nous plaise ordonner la lecture et publication en notre « présente audience desdites lettres de convocation et règlement y annexé et « l'enregistrement d'iceux en notre greffe, pour être exécutés selon leur forme « et teneur, ordonner en outre qu'ils seront publiés à sou de trompe et en « public dans tous les carrefours et lieux accoutumés, imprimes, publiés et « affichés, ainsi que notre ordonnance à intervenir, dans toutes les villes, « bourgs, villages et communautés de notre ressort, et dans l'étendue desquels « nous avons la connaissance des cas royaux, pour y être pareillement exccu- « tés selon leur forme et teneur, à la diligence dudit procureur du Roi.