‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 150 sur 262 · PIGEONS · texte numérisé non relu

PIGEONS

Autrefois les seigneurs avaient seuls le droit d'avoir des colombiers ; c'était un privilège réuni à ceux qui faisaient l'apanage de la Noblesse ; cette prérogative ne devrait point être altérée et tombée en désuétude, car on doit sentir le préjudice que causent dans les campagnes les pigeons trop multipliés dans le temps des semailles et des récoltes. Il y a, à la vérité, un règlement qui donne le même droit aux particuliers qui possèdent la quantité d'arpents de terres labourables sur un seul et même terroir ; mais aujourd'hui on n'a plus d'égard à cette loi et chaque habitant qui veut dresser un colombier ou faire un volet a des pigeons ; pour supprimer ces abus régnants, il serait donc nécessaire de renouveler la publication des derniers règlements en prononçant une amende contre ceux qui les violeraient dorénavant ou imposant sur eux un droit qui leur tienne lieu de permission légale, et que cette volaille soit renfermée dans le temps de semaille du chanvre et autres semailles et surtout [pendant] la moisson (2).

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