‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 19 sur 262 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

baron de Cernon» fils aîné, seigneur de VésigneuI-sur-Coole, fut élu député par 65 voix, au troisième tour de scrutin, sans suppléant (1) ;

3© Pour le Tiers état, dans la grande salle d'audience du bailliage, sous la présidence du lieutenant général Brémont, les 13, 23, 24, 25 mars, et que Pierre-Louis Prieur, avocat à Châlons, fut élu le 24, par 257 voix, au troisième tour de scrutin ; Jean-Baptiste Choizy, marchand et laboureur à la ferme d'Arcefays, près Riaucourt, le 25, par 230 voix ; et qu'à cette même séance, Regnault-Nicolas-Georges Thomas, avocat et échevin à Châlons, fut désigné comme suppléant (2).

(1) Arch, de la Marne^ ibid,. A, 96^20 et 2i. — Jean-Baptiste de Pinteoille, baron de Cernon, écuyer, seigneur de VcsigneuI-sur-Coole, naquit à Coudraysur-Seine ]c 15 Juillet 1756; il était fils de François-Antoine de Pinteville, baron et châtelain de Cernon, maréchal héréditaire de la comté-pairie de Châlons-sur-Marne, et de Marie- Louise-(]onstancc Marquelct de Lanoue. Il fut reçu avocat au Parlement le 12 Janvier 1782 et devint avocat général au siège de la table de marbre du palais de Paris. Son père François-Antoine et son frère François, officier au régiment royal-comtois, firent, comme lui, partie de l'assemblée de la noblesse du bailliage de Châlons. Gentilhomme intelligent et éclairé, plus libéral que la majorité de ses commettants, le baron de Pinteville de Cernon, ami et partisan de Lafayette, se rallia au Tiers état, et pendant tout le cours de l'Assemblée constituante, fit partie de la majorité royaliste constitutionnelle. 11 se fit d'ailleurs remarquer par d'importants travaux : membre du comité des finances, il proposa, à ce titre, le 9 avril 1790, un « plan de libération générale des finances » comprenant la liquidation de la dette publique, la création d'assignats Jusqu'à concurrence de cette dette, avec cours forcé et privilège pour l'acquisition des biens nationaux. Secrétaire de l'Assemblée le 31 Juillet 1790, il présenta un tableau d'ensemble pour connaître les dépenses des départements par districts et cantons, et un dictionnaire géographique, travail dont l'Assemblée ordonna l'impression (28 août 1791). Il s'était d'ailleurs occupé activement de la nouvelle division territoriale de la France et avait, un des premiers, pris le titre de « député de la Marne ». — Après la session, il se retira à Châlons ; il Ait élu, le 3 novembre 1791, maire de cette ville ; mais, ne « pouvant concilier ses affaires avec ses fonctions municipales )», il donna sa démission le 3 avril 1792; pendant la Convention, il se tint à l'écart de la politique ; le représentant Albert, en mission dans la Marne, le nomma, le 7 germinal an lîl. Juge de paix de la partie ouest de Châlons et membre de la municipalité de cette commune. Sous le Consulat, il siégea au Tribunat (6 germinal an X) ; il eu sortit en 1807 pour entrer à la Cour des Comptes, fut nommé membre de la légion d'honneur le 25 prairial an XII et chevalier de l'Empire le 5 octobre 1808. Il mourut à Toul, où il s'était retiré, le 22 Juillet 1837.

(2) Arch. de la Marne, ibid,, A, 5, 6 et 8.

— La biographie de l'avocat Pierre-Louiê Prieur, né â Sommesous le !«' aoiît 1756, mort à Bruxelles, en exil, le 31 mai 1827, qui devint administrateur et substitut du procureur général-syndic de la Marne en 1792, député à la Convention et membre du Comité de Salut public de l'an II, est asbez

XXIV INTKODUCTION

La collection des cahiers et procès-verbaux des communautés d'habitants du bailliage de Châlons- sur- Marne est presque

complète : elle existe, nous l'avons déjà dit, non inventoriée, aux Archives départementales de la Marne, où elle a été apportée, il y a une trentaine d'années, venant des Archives judiciaires de Reims. Mais, à cette époque, Tarchivisle a malheureusement cru devoir, peut-être en vertu d'ordres, diviser ces cahiers et procès-verbaux par départements actuels, et envoyer aux Archives de la Meuse, de la Haute-Marne et de l'Aube les documents concernant les quelques villages aujourd'hui compris dans ces circonscriptions territoriales. — Du reste, cette répartition a été très mal faite, car :

i° Pour les 11 communautés d'habitants aujourd'hui dans la Meuse, les 11 cahiers ont été effectivement transmis aux Archives de ce département à Bar-le-Duc ; mais 8 procès-verbaux seulement ont accompagné cet envoi ; ceux de Beaulieu-en-Argonne, Fleury-en-Argonne et Sommaisne sont restés à Châlons-sur- Marne ;

2o Les 2 cahiers des communautés de Suzannecourt et Thonnance-lès-Joinville, aujourd'hui dans la Haute-Marne, ont été

connu pour nous dispenser de donner sur ce personnage de plus ample^ détails.

— Son collègue Jean-Baptiste Choizy était originaire des environs de Rethel. Il serait né le 19 avril 1742, à Sery, d'une famille d'ouvriers sergiers. De bonne heure, il quitta son pays natal et vint s'établir au sud de TArgonne, à la limite du « Barrois » et de la « Champagne », dans ce pays accidenté et fertile où la rivière d'Aisne prend sa source. Il devint fermier de l'importante métairie d'Arcefays, de la communauté de Riaucourt ; il cultivait lui-même la terre et en vendait les produits. A l'Assemblée constituante, Choizy siégea à la gauche. Rentré en 1791 à sa ferme d'Arcefays, qu'il parait avoir achetée, il y vécut dans l'obscurité et mourut le 21 mai 1820.

— Le suppléant Regnauld-Nicolas-Georges Thomas n'eut pas l'occasion de siéger. Il naquit à Châlons-sur-Marne (paroisse Notre-Dame), le 12 novembre 1746 ; nommé le 14 février 1769 notaire royal, il était, en 1789, avocat au Parlement, premier échevin de la ville, lieutenant du bailliage de la comtépairie et membre de l'Académie des Belles-Lettres. En 1790, il tut nommé juge au tribunal du disirict de Châlons, fonction qu'il abandonna en l'an II et qu'il reprit le 7 germinal an III (arrêté du représentant Albert) ; le 20 vendémiaire an IV, il fut élu Juge au tribunal civil de la Marne, séant à Reims, puis, le 21 germinal an VI, député du département au Conseil des Cinq-Cents. Après le coup d'état du 18 brumaire an VIII, il fut nommé juge au tribunal d'appel de Paris. Élu le 8 frimaire an XII, par le Sénat conservateur, député de la Marne au Corps législatif, il en ^^ortit en 1809 et mourut à Pans le 26 avril 1824.

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