SOUDÉ-NOTRE-DAME
ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. [La communauté de Soudé- Notre-Dame (1) était composée de 30 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le 1er mars 1789. — Le même jour, les habitants se réunirent sous la présidence de Pierre-Joseph Légé, syndic, assisté de E. Lupin, greffier. — Le procès-verbal ne donne pas les noms des « officiers municipaux et autres habitants » qui assistèrent à la réunion ; mais au bas on lit les signatures de Thomas Royer, P. Renaudin,
(1) Arch, de la Marne, ibid, (procès-verbal, douter b, pièce 354).
SoDRGBs DOC. ACG. — Arch. de la Marne, C, 7i0 : Administration de la communauté.— C,9i2 : Impositions.- C,i025 : Capitation.— C,i907: Église et presbytère. — C, 2995 : Bois d'usages. — G, 109, iiO, 150 et 1915 : Visite et biens de la cure. — G, 712 et 681 : IMmes au chapitre ; — etc.
— Soudé-Notre-Dame (qu'on appelait aussi Soudé-le- Petit), appartenait à l'élection de Châlons; aujourd'hui la commune fait partie du canton de Sompuis, arrondissement de Châlons-sur-Marne.
— Dénombrement de 1773 : 33 feux roturiers. — Population : 60 hommes, 63 femmes, 18 garçons et 12 filles, soit 153 habitante.
Antoine Nicaise, David Légé, Jacques Regnard, J. Bernard, L. Doret. — Les députés furent Antoine Nicaise et Thomas Royer, tous deux habitants la commmunauté.
Mais après avoir rédigé ce procès-verbal, suivant la formule habituelle, les habitants chargèrent, le l^r mars, le président Légé, leur syndic, de dresser leur cahier. — Or, Légé était en même temps lieutenant de la justice de la communauté voisine de Soudé- Sainte-Croix et présida à ce titre, le dimanche suivant 8 mars, l'assemblée de cette communauté ; il prit part à la rédaction du cahier de Soudé-Sainte-Croix et, de retour à Soudé-Notre-Dame, il proposa aux habitants d'adopter le même cahier : ce qui fut décidé, car le procès-verbal du l«r mars ne fut clos que le 10, par cette phrase : « Il « a été délibéré que les sieurs députés ne présenteront d'autres cahiers « de doléances, plaintes et remontrances que celui qui a été rédigé « dans l'assemblée de la communauté de Soudé-Sainte-Croix dont « nous avons eu communication et que nous approuvons dans tous « ces contenus et dispositions .. . » — Puis, sur l'original du cahier de Soudé-Sainte -Croix, que Légé soumit aux habitants de Soudé- Notre-Dame, ceux-ci inscrivirent et signèrent la mention suivante :]
Lu, approuvé dans notre assemblée de Soudé-Notre-Dame et délibéré d'adhérer au présent cahier de doléances, plaintes et remontrances de la communauté de Soudé-Sainte-Croix, et que nos députés se joindront à ceux de ladite communauté pour le présenter et demander que le contenu en soit inséré au cahier général du Tiers état.
Fait et arrêté audit Soudé-Notre-Dame, dans l'assemblée, ce 10 mars 1789.
Jacques Regnard, E. Lupin, P.-Joseph Légé, Thomas RoYER, député, J. Bernard, David Légé, Antoine Nicaise, député, G. Gautier, L. Doret, P. Renaudin.
(10 signatures.)
SOUDRON
ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. [La communauté de Soudron (1) était composée de 107 feux, « dans lesquels il s'y en trouve 27 demis ». — L'avis pour la convocation fut lu et publié le 8 mars 1789. — Le
(1) Arch, de la Marne, ibid. (procès-verbal, dossier &, pièce 255. Cahier, dossier c, pièce ^ : 5 pages, les 4 premières numérotées, mais non paraphées ;
visa de Prieur).
Sources doc. acc— Arch. de la Marne, C, 7iO : Administration de la com-
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même jour, les habitants se réunirent sous la présidence de Jean- Claude DE Sallengrb, syndic. — Le procès-verbal ne donne pas les noms des habitants qui assistèrent à la réunion. Mais au bas du document on lit les signatures de Pierre Titon, Pierre Titon, C. Lallement, L. Chailliaut, Pierre Fleuriet, Louis Prcvol, Pierre Renard, Joseph de Sallengre, Pierre Hubert, Alexis Quin, Gabriel Hubert, C. Brisson, Jean Chailliaut, Nicolas Renard, Titon, greffier, Louis Jeanson, Pierre Gallois, Simon Clément, Jean-Charles Hubert, André Petit, Louis Legry, Jean Champion, Brisson. et encore, d'après celles du cahier, J. Hémard, Pierre Jacquemin, F. I^Ucment, J.-B. Celliez et Jacques Remy. — Les députés furent Pierre Titon et Pierre Brisson (1).]
CAHIEU
Cahier de plaintes, doléances et remontrances de la communauté de Soudron, pour [être] présenter ù rassemblée générale du bailliage de Chàlons-sur-Marne, le 12 mars du présent mois.
Soudron, village situé sur la petite rivière nommée la Soude, distant de quatre lieues de Chàlons, sept de Vitry-le-François, huit de Sézanne, est dans le centre de la véritable Champagne dite pouilleuse (2).
munauté ; école ; usages ; pont ; comptes des syndics. — C, 9Î2, 93S et 945 : Impositions. — C, 1040 : Vingtièmes. — C, Î594 : Corvées. — C, 1833 et 1907 : Église et presbytère. - C, 2108 : Incendie de 1764. - C, 2111 : Démêlés d'un habitant avec les commis des aides (1786). — E, 1010 : Vente de terres d'usages. — G, 106, 107, 1915 : Visite de la cure; église. — G, 680 : Dîmes ; cure au chapitre de Saint-Étiennc de Chàlons. — G, 1^90 : Redevance a la collégiale de Saint-Jean de Vertus ; — etc.
-*- Soudron appartenait à l'élection de Châlons ; aujourd'hui la commune fait partie du canton d*Écury-sur-Coole, arrondissement de Châlons-sur- Marne.
— Dénombrement de 1773 : 104 feux roturiers et 1 ecclésiastique. — Population : 165 hommes, 183 femmes, 31 garçons et 45 «lies, soit 424 habitants.
(1) Pierre Brisson, né à Lenharrée le 1" octobre 1728. fut longtemps maître d'école à Soudron. En 1790 il fat élu administrateur du district de Châlons. Il mourut le 28 janvier 1791 .
(2) « Soudron. dit M. Gallois, curé du village (i4/i/iiiairc de la Marne, 1823, page 38), est la troisième commune que la Soude arrose encore de ses eaux bienfaisantes avant de se jeter dans la Sor^nc à la ferme de Conflans. Ce village, depuis 140 ans, a diminué de prés tté moitié et tout prouve qu'il formait autrefois une bourgade assez forte : des marchés s'j' tenaient chaque semaine ainsi que des foires à différentes époques de l'année. Il faut convenir que sa position était avantageuse. . . 11 se trouve placé au centre de beaucoup de communes, également éloignées de Châlons, de Vertus et de Fère-Chamoenoise... »
Entre deux côtes assez serrées, coule le petit ruisseau où il y a quelque peu de prés, en partie marécageux, dont une partie appartient aux seigneurs.
Notre communauté n*a aucun usage commun (1).
Le terroir est vaste et étendu, les terres sont divisées en deux classes : en terres hautes et en basses.
Les hautes ou mauvaises sont au nombre de 2,500 journées qui, par la tradition, étaient terres communes ; nos ancêtres les ont divisées entre eux par égale portion, moyennant un sol par journée de censives par an, envers les seigneurs, ce qui fait un objet de 125'* que nous payons tous les ans auxdits seigneurs. Le tiers de cette classe ne peut être empouillé qu'une fois, en avoine seulement, en six ans ; l'autre tiers tous les quinze ou vingt ans; l'autre tiers n'est point susceptible d'être cultivé à cause du défaut de terre et des ravins ; dans toute cette classe de mauvaises terres, souvent le cultivateur ne retire pas sa semence (2).
La seconde classe, que nous appelons basses [terres], au nombre de 2,000 [journées] dont il y en a encore un tiers pareil à la classe ci-dessus, est chargée, envers les seigneurs, de 36 grands setiers d'avoine, mesure de Vertus, le setier composé de 16 boisseaux, savoir : à M. de Nazelle, seigneur du lieu (3), 30 setiers ; aux chanoines de Saint- Jean de Vertus, six, et neuf livres d'ar-
(1) La communauté de Soudron en avait cependant possédé. Mais elle les avait aliénés : en 1741, les habitants ac^ugérent, par-devant le subdélégué Papillon de La Ferté, deux pièces d'usage pour payer la refonte des cloches (Arc/i. de la Marne, E, ÎOiO). En 1749, on trouve encore la trace d'une vente de douze denrées de prés et terres d'usage (en deux pièces) de la communauté de Soudron, adjugées à Cl. Chailliaut moyennant la somme de 590 livres (Ibid,, C, 110), Le dénombrement de 1773 constate qu'il n'existait plus, dès cette époque, aucune terre d'usage {ibid., C, kSO).
(2) Le dénombrement de 1773 indique que le territoire de Soudron comprenait 2,500 arpents de terres labourables et 4,500 de terres incultes, sans usage; 42 laboureurs cultivaient à une charrue et possédaient 75 chevaux, 175 bétes à cornes et 450 moutons. Les récoltes ne rapportaient guère que la semence : 425 boisseaux de froment (1 p. 1), 4,560 de seigle (1 p. 1), 476 d'orge (2 p. 1), 9,180 d'avoine (1 p. 1), et 680 de sarrasin (1 p. 1). {Arch, de la Marne, C, 430.)
(3) Louis-Charles- Victor, marquis du Causé de Nazelle, chevalier, vicomte de Prouvais, seigneur de Menneville, Guignicourt, L'Épine, Pignicourt, Provisieux, Polignac, du ban de Bussy, Soudron, fief de Saint-Quentin, chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine aux dragons de Caraman, lieutenant des maréchaux de France, gouverneur pour le Roi de la ville de Chftlons du 6 Janvier 1787 à 1789, mort dans cette ville le 2 novembre 1791.
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gent (1); trois livres au chapitre de Saint-Élienne de Troyes, et trois deniers par journée. Ce qui prouve que notre terroir est mauvais, c'est que soixante-six chevaux qui se trouvent dans la paroisse suffisent pour cultiver tout ce qui est susceptible de rêtre.
Dans ces terres hautes et basses nous y laissons, pour dîme, la quatorzième partout et en toutes espèces de grains.
La plus forte partie de ces dimes, dîmes inféodées, appartient à M. de Boncourt ; le tiers de l'autre partie aux chanoines de la cathédrale de Châlons; pareille quantité à M. l'abbé de Toussaints de Chàlons; un sixième aux religieux de la Charmoye ; l'autre sixième à M. de Boncourt (2).
La communauté paie à Sa Majesté : (|uatre mille quatrevingt-neuf livres douze sols de taille, capitation et accessoires (3).
Huit cent vingt-neuf livres quatorze sols de vingtièmes (4).
Six cent quatre-vingt-dix livres douze sols de corvée (5).
Cent livres au maître d'école.
Cinquante livres pour aider la pension de la sœur d'école (6).
(1) Deux transacUons passées entre les habitants de Soudron et le chapitre de Sain t-Jean-de- Vert us, aux dates des 27 octobre 1438 et 19 octobre 1501, avaient modéré à 9 livres, pour des durées de 9 et 30 années, la redevance due aux chanoines. — Un arrêt du parlement du 6 septembre 1664, condamna plus tard les habitants de Soudron à payer au chapitre la somme de 821 livres 8 sols pour les arrérages des avoines, et celle de 31 livres 15 sols pour les dépens ; d'autres arrêts furent encore rendus en cette matière de 1665 à 1729. Le 14 novembre 1729, une sentence du bailliage de Vertus fixa définitivement les droits du chapitre de Saint- Jean sur les habitants de Soudron. (Arch. de la Marne, G, ià90.)
(2) Dîmes de Soudron : sentences des requêtes du Palais de 1663 ; déclarations des novales (1710) ; accords du 7 Juin 1752 entre les décimateurs et le curé an si^et des novales, et du 4 Juin 1769 entre le curé et le chapitre ; baux des dîmes, etc. (Arch. de la Marne, G, 680.)
(3) Arch. de la Marne, C, 9i2. — Le rôle de 1790 portait 1,119 livres 5 sols d'imposition principale et frais de collecte; 1,897 livres 2 sols d'accessoires et capitation.
(4) Ibid., C, iOM.
(5) 514 livres 11 sols au rôle de 1790. (Arch. de la Marne, C, 912.)
(6) Avant 1776, le village de Soudron n'avait qu'une école mixte ; par délibération du 22 décembre de cette année, les habitants demandèrent à l'évêque « l'établissement d'une sœur maîtresse d'école de charité audit lieu, pour instruire les Jeunes filles, attendu que le village étant considérable (320 communiants), il était impossible au maître d'école de pouvoir étendre ses soins sur un aussi grand nombre d'enfants, garçons et filles... » Les habitants demandaient par la même délibération à l'intendant « d'autoriser ladite
Soixante livres pour les gardes empouilles.
Nous avons à entretenir une nef et collatéraux de notre église qui est très vaste.
Nous venons de finir un presbytère qui nous coûte six mille livres, qui n'est pas encore payé, ce qui surcharge singulièrement la communauté, n'ayant aucuns biens communaux pour la soulager (1).
Nous avons quatre ponts et chaussées à entretenir dans notre village, qui est très long à cause de la distance des maisons (2).
Il y a environ quatre cents habitants, tant petits que grands, cent sept feux.
Une grande partie de ces habitants sont chargés de rentes. Nous regardons comme un impôt le sel, parce que nous pouvons prouver qu'il va au-dessus de nos tailles, capitations et accessoires.
D'après cet exposé, juste et véritable, il est facile de voir que la communauté de Soudron est trop imposée et trop chargée pour pouvoir subvenir aux besoins de l'État ;
Que Sa Majesté jette les yeux sur tous les biens des seigneurs et gros bénéficiers, qui possèdent presque les deux tiers et tout ce qu'il y a de meilleur de tous les biens-fonds de la France, elle trouvera toutes les ressources qu'elle nous demande en leur imposant une pareille taille qu'à nous et leur ôtant tous les privilèges.
Le présent cahier a été fait à l'assemblée convoquée au son de la cloche, à la sortie des vêpres et à la place ordinaire, le 8 mars 1789, et ont, partie des habitants, signé, et autres ont déclaré ne le savoir taire.
Brisson, Pierre Titon, Nicolas Renard, Joseph de Sallengre,
Louis JeansGxX, Pierre Fleuriet, etc
DE Sallengre, syndic. (26 signatures.)
communauté à faire ledit établissement et à ordonner une imposition de 50 livres sur tous les habitants au marc la livre de ce que chacun paie de taille tous les ans, pour faire subsister ladite sœur d'école. . . » (Arch, de la Marne : fonds des dames régentes de Châlons,) — Une ordonnance fut rendue dans ce sens par l'intendant. (Jbid.y C, 710.)
(1) Malgré une transaction passée en 1677 entre la communauté de Soudron et les décimateurs pour les réparations de l'église (Arch. de la Marne, G, Î9i5), les habitants supportèrent dans la suite les autres travaux de ce genre :
Le presbytère, déjà restauré en 1751 (adjudication : 558 livres), fût reconstruit entièrement de 1786 à 1789 par l'architecte Poterlet ; le devis s'était élevé à 5,281 livres 8 sols 10 deniers, et l'adjudication à 4,740 livres, somme qui ftit dépassée. Un arrêt du Conseil confirma en 1788 Tadjudication passée pour cette reconstruction. {Ibid., C, 1833 et 1907,)
(2) Arch, de la Marne, C, 710,
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Les mêmes habitants représentent que, vu les droits seigneuriaux et autres charges et redevances, si l'impôt territorial avait lieu, il leur serait impossible de subvenir à tous les frais, ladite communauté n'ayant aucuns biens communaux pour acquitter leurs charges, tandis que d'autres paroisses, par des prés, bois, paient leurs corvées, impositions même de la taille ; que ce sort leur serait commun avec tous les habitants de la haute Champagne aussi malheureux qu'eux ;
Que cette contrée malheureuse mérite de la part du gouvernement les plus grandes considérations.
La Champagne dite pouilleuse, de sa nature est stérile, au moins le tiers et presque la moitié des terres restent continuellement incultes ; le moyen unique de fertiliser ces terres serait de les planter en bois ; les habitants, par eux-mêmes, incapables et manquant de ressources pour en faire les frais de plantation, s'y détermineraient volontiers si le gouvernement leur fournissait les bois nécessaires. Sa Majesté pourrait d'ailleurs, en lui faisant fournir les bois propres à ce sol, ordonner que chaque habitant, à proportion de ses possessions, planterait dans l'espace de dix ans, le tiers de ses biens-fonds, moyen immanquable de fertiliser ce sol naturellement ingrat, cependant susceptible, malgré son aridité, de produire certaines espèces de bois (1).
Ils demandent 1 abolition des droits de lods et ventes, la liberté des chasses et de tuer et détruire tous les gibiers à charge à tous les cultivateurs ;
Que les presbytères, églises, soient bâtis et entretenus aux frais des décimateurs;
Que les portions congrues des curés soient portées au moins à i,200* dans les villages, et à 1,5001* dans les villes, pour que les pasteurs puissent plus facilement satisfaire le désir qu'ils ont de soulager les malheureux; prendre celte augmentation sur les décimateurs si les dîmes sont suffisantes ou sur d'autres bénéfices simples réunis à ces cures.
(1) Au début du xix« siècle, la famille de PIntcville de Cernon, héritière des du Causé de Nazelle, fit faire des plantations de pins sylvestres sur le territoire de Soudron. D'autres propriétaires suivirent cet exemple et, en 1823, on en comptait déjà 550 hectares. (Notice du curé Gallois, art. cit.). Sur « les plantations de pins sylvestres dans les plaines stériles et craNcuscs de la Champagne », voir les rapports, imprimés et brochures de 1855, de M. le docteur Leuchsenring et de MM. Delbet et de Vibraye. (Diblioth. de Beimsy <:. B. 2' vol, 494 et 495.)
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SOULIÈRES
ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. [La communauté de Soulières (1) était composée de 70 feux.— L'avis pour la convocation fut lu et publié le 1er mars 1789.— Le 8, les habitants se réunirent « en la chambre où se tiennent les assemblées ordinaires du lieu », sous la présidence de Claude Lalire, prévôt, juge civil, criminel et de police de la justice et prévôté de Soulières. — Le procès-verbal constate la présence de Laurent Bauchet, garde-étalons, Claude Crochet, Louis Oyance Taîné, Louis Oyance le jeune, Nicolas Mélinet, syndic, Antoine JofTre, Louis Lécrivain, Pierre Pudoux, Jacques Mélinet, Jean-Louis Cornu, Hubert Godart, Louis Chosefol, Joseph Oyance, Amand Lécrivain, Jean-Baptiste Legendre, Antoine Godart, Pierre Jacquin, Martin Lebeaux, Louis Labarre le jeune, Jean-Louis Mathieu, Nicolas Lécrivain, Louis Henry, Charles Oyance Faîne, Pierre Houyaux, Charles-Joseph Fleury, Pierre Crochet, Jean-Baptiste Lécrivain, Jean-Baptiste Prévost, Pierre Henry, Etienne Lécrivain, Jean Fleuriot, Grégoire Cornu, Louis Jacquin, Pierre Soudron, et encore, d'après les signatures, C. Laurent -Cornu, J.-B. Oyance, Claude Roux et Lhermitte.— Les députés furent Laurent Bauchet, garde-étalons, et Pierre Pudoux.]
CAHIER
Doléances et supplications pour les habitants composant
la communauté de Soulières.
Demandent lesdits habitants :
Art. P*". — Le retour périodique des États généraux, après une révolution de 5, 10 ou 20 ans, et qu'il soit réservé à rassemblée seule desdits États, d'accorder les impôts nécessaires pour
(1) Arch. de la Marne, ibid, (procès- verbal, dossier b, pièce 256. Cahier, dossier c, pièce 20 : 7 pages cotées et « paraphées ne varietur » au bas par Lalire, plus une page de signatures ; visa de Prieur).
Sources doc. acc. — Arch, de la Marne, C, 710 ; Administratiou de la communauté ; usages ; comptes des syndics. — C, 9i2 : Impositions. — C, 159^ : Cor\'ées. — C, 1907 : Église et presbytère. — G, Ï24, 397, Î9Î5 : Visite de la cure ; biens de l'église, incendiée en 1729.— G, Îh5t : Censîves du chapitre Saint-Jean de Vertus; ~ etc.
— Soulières appartenait à rélection de Châlons ; aujourd'hui la commune fait partie du canton de Vertus, arrondissement de Châlons-sur-Marne.
— Dénombrement de 1773 : 68 feux roturiers, 1 ecclésiastique et 1 noble. - Population : 101 hommes, 137 femmes, 25 garçons et 23 filles, soit 2SB habitants.
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subvenir aux besoins d'État, et auxquels impôts tous les sujets du Roi seront assujettis indistinctement, nonobstant tous privilèges et exemptions ci-devant accordés à la Noblesse et au Clergé et à Texercice de toutes charges, tous lesquels privilèges et exemptions seront supprimés ;
2. — Que la province de Champagne soit administrée par des États provinciaux comme de celle du Dauphiné, lesquels régleront le modèle de la perception dudit impôt et du versement de son produit au trésor royal ;
3. — Que l'impôt qui sera établi soit d'une perception juste et simple et facile.
4. — La suppression des droits d'aides sous telles dénominations qu'ils soient perçus, comme contraires à la liberté et propres à exposer chaque jour la fortune des concitoyens.
5. — La suppression de tous les droits d'entrée, qui mettent pareillement des entraves à tout le commerce.
6. — La suppression des droits sur les cuirs, qui ne tendent qu'à augmenter le prix d'une des parties très nécessaires pour l'usage de l'homme.
7. — De nouvelles lois dans la partie du contrôle, qui fixent d'une manière précise les droits de contrôle et d'insinuation, afin que les contractants ne puissent plus être inquiétés une fois que leurs actes auront été soumis aux personnes chargées de cette perception.
8. — La suppression totale des maîtrises, juridiction dans laquelle il se commet les plus grands abus d'où il en dérive le plus grand dommage pour les communautés propriétaires des bois.
9. — Attribuer la police des bois aux juges ordinaires des lieux.
10. — L'affranchissement au profit des communautés lors de la vente de leurs bois en réserve (1), du dixième du prix de l'adjudication de leurs bois au profit des pauvres communautés religieuses.