‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 213 sur 262 · AIDES · texte numérisé non relu

AIDES

6^ Que les cultivateurs de vignes qui, depuis trop longtemps, gémissent de laisser dans les bureaux de la régie générale des aides la meilleure partie du prix de leurs sueurs, pour l'acquit d'une multitude de droits compliqués, avec les noms desquels ils né peuvent se familiariser, soient enfin affranchis du joug accablant de tous ces droits d'aides, aussi injustes dans leurs principes que désastreux dans leurs conséquences : injustes, en ce qu'ils ne sont établis que sur une faible partie des sujets du royaume et que, dans les provinces où ils se perçoivent, ils ne portent que sur la classe la plus pauvre, le Clergé, la Noblesse et les privilégiés de toutes espèces en étant affranchis ; désastreux, en ce qu'ils mettent des gènes continuelles et des entraves au commerce des vins, exposent incessamment les redevables à des recherches, même à des vexations inouïes de la part d'une

multitude de commis intéressés aux découvertes des fraudes et contraventions, et donnent lieu à une perception, sur les tributaires de cette régie, de plus de quatre-vingt-dix millions effectifs» dont il n'entre pas la moitié au trésor royal, le surplus servant à entretenir Topulence et le luxe des régisseurs généraux et de leurs adhérents, et à stipendier largement une armée de commis sans cesse en activité pour livrer la guerre à ceux mêmes des sujets du Roi qui les paient et nourrissent ;

Page 1