L.-C. Tabouret, etc
Joseph Fagnier, syndic.
' (18 signatures.)
CHALTRAIT
ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. [La communauté de Chaltrait (2) était composée de 29 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le 1er mars 1789. — Le 8, les habitants se réunirent en l'église Notre-Dame de Chaltrait sous la présidence de Jean-Baptiste Jeanne, procureur fiscal de la paroisse. — Le procès-verbal constate la pré-
(1) Il s'agit peut-être de l'ordonnance de Louis XIV de Juin 1680 qui, dans certaines de ses dispositions (titre VI, art. 14 ; titre XI, art. l^** ; titre XXI, art. 5 ; titre XXIV, art. 8), exemptait de tous droits les vins provenant des biens ecclésiastiques, ou de Tédit du 12 novembre 1680 déchargeant les hôpitaux de tous décimes, dons gratuits, etc. (Recueil de jurisprudence canonique et bénéflciale,.. par M* Guy du Rousseaud dr La Combe, 2« partie, pages 152 et 153 : Paris, Nyon, 1755, in-folio. — Bibliot, de Reims : Jurisprudence, M, 3719) ; — ou bien encore et plutôt de la déclaration de mars 1666 qui, sur les remontrances du clergé, consacrait à nouveau les immunités, franchises, libertés, droits et prérogatives appartenant aux ecclésiastiques.
(2) Arch. de la Marne, ibid, (procès- verbal, dossier b, pièce 147. Cahier, dossier c, pièce 21 : 3 pages non cotées, mais paraphées en bas des deux pre-
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sence de (Uaude Bourdclat, Louis Regnauld, greffier municipal Jacques Lecamp, syndic, Simon Lelièvre, Antoine Varlet, Antoine Pelle, Claude Bruant, Jacques Leherle, Joseph Forastier, Nicolas Valentin, Louis-Amand Leherle et Claude Bérat. — Les députés furent Louis Regnauld et Antoine Varlet.]
CAHIER
Cahier des représentations et doléances que la communauté
de Chaltrait fait à Sa Majesté.
Ladite communauté ose représenter que, malgré leur petit nombre et leur misère, ils ont toujours été surchargés d'impositions qu'ils ont payées jusqu'à présent au préjudice même de leur nécessaire (1).
Que cette paroisse qui n'est composée que de vingt- neuf feux
mières par celvj qui a écrit le cahier et qui ne parait être aucun des habitants signataires présents ; même attestation de Prieur sur le cahier).
Sources accessoirbs documentaires. — Arch. de la Marne, C, 55S : Administration de la communauté. — C, 94^ : Impositions. — C, /047 ; Vingtièmes. — C, i589 : Corvées. — C, 1S2A : Église et presbytère. — E, 9i3 : Dîmes ; — etc.
Arch, de la comm^* de Chaltrait : l'i* reg. des délibérations du 7 septembre 1788 au 9 décembre 1792. — Pièces diverses relatives aux bois et propriétés communaux et aux procès avec les seigneurs (1514 a 1784).
— Chaltrait appartenait à l'élection de Chàlons. Aujourd'hui la commune fait partie du canton de Montmort, arrondissement d*Épernay.
— Dénombrement de 1773 : 21 feux roturiers, 2 noble et ecclésiastique. — Popalation : 46 hommes, 37 femmes, 9 garçons et 9 filles, soit iOi habitante.
(1) Malgré son petit nombre d'habitants la communauté de Chaltrait était très divisée ; la jouissance des bois usagers fut surtout la cause de ces différents :
Un arrêt de 1741 l'avait obligée à engager des dépenses considérables pour la reconstruction du presbytère ; au rôle de cette année 1741, 885 livres furent réparties sur les quelques familles de la localité; en 1749, une nouvelle somme de 856 livres fut imposée. -- Ces charges devinrent de plus en plus lourdes ; et les habitants demandèrent l'autorisation de disposer du quart en réserve de leurs bois communaux pour en employer le produit aux dettes contractées par suite des réparations à l'église et au presbytère. (Correspondance : 1778- 1779;.
On verra dans une note ci-après que les rapports de la communauté et du seigneur contribuèrent aussi à jeter le désaccord dans cette petite localité.
Vers cette époque fut étudié un projet de chemin mettant Chaltrait en communication directe avec la ville d'Épemay et le marché d'Ablols-Saint- Martin, en passant par les communaux de Chaltrait. (Arch, de la Marne C, 553
et im.)
et dont les maisons mettent à peine les habitants à Tabri de l'injure du temps faute d'entretien.
Cette paroisse est cependant chargée, cette année, tant en taille que capitation, corvée et vingtième à la somme de douze cents et quelques livres, malgré que depuis huit ans, les malheureux qui la composent ont été attaqués de difTérentes maladies qui ont enlevé des pères et mères de famille et laissé des veuves et des orphelins dans la plus grande misère, par conséquent à la charge des autres habitants ; que dans ce moment il s'y trouve encore seize à dix- huit personnes tant malades qu'infirmes (1) ;
Que la récolte a été de moitié moins forte qu'à l'ordinaire (2) et l'on craint beaucoup pour la prochaine à cause du grand froid de cet hiver, froid qui en aurait fait périr plusieurs de faim, si la dame du lieu (3) ne les eût occupés chez elle et secourus dans leurs besoins, ainsi que M. le Curé ; que cette communauté n'est composée que de manouvriers dont les journées ne pourront jamais suffire pour nourrir eux et leur famille, à la cherté où est le blé et toutes les denrées de première nécessité ;
Qu'ils voient avec douleur qu'il leur sera impossible de remplir leurs charges envers le Roi cette année, mais qu'ils espèrent leur soulagement de sa bonté paternelle pour le peuple ;
Qu'ils supplient humblement Sa Majesté de venir à leur secours en diminuant les impositions des tailles, capitations.
(1) Arch. de la Marne, C, 333 et suivantes : Épidémies.
(2) État des biens des propriétaires forains du terroir de Chaltrait. {Ibid,, C. 553.)
(3) La c dame du iieu » était la veuve de Maurice Testu, écuyer, ancien contrôleur ordinaire des guerres, seigneur de Chaltrait, décédé en ce viUage le 9 mars 1785.
Une contestation s'était élevée, de son vivant, entre lui et les habitants de Chaltrait, au sujet de la présidence des assemblées de communauté et de la garde des archives que le seigneur réclamait pour les officiers de sa Justice ; il avait aussi cherché à s'emparer d'une pièce de pré revendiquée par les habitants. Ces querelles Jetèrent le trouble dans cette petite localité ; les uns étaient d'avis de se soumettre aux exigences du seigneur ; les autres étaient pour la résistance. A la mort de Maurice Testu, ses partisans, dont le syndic, s'empressèrent de transiger avec sa veuve et de lui remettre les titres et papiers de la communauté. L'affaire fut portée devant l'intendant de la province qui refusa d'homologuer la transaction, destitua le syndic qui l'avait
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conées et vingtièmes, les droits sur le di4)it du vin dans leur paroisse, le prix du sel, du tabac et tous ol)jets dabsolue nécessité.
Un pareil bienfait leur rendra la vie ainsi qu'à tout le peuple français, mais il ne pourra jamais augmenter leur amour pour la personne sacrée de Sa Majesté et de toute la famille royale pour lesquelles les habitants de cette pnroisse adressent leurs vœux à l'Éternel.
Fait et rédigé à l'assemblée tenue dans Féglise paroissiale, le 8 mars 1789.
BorRDELAT, Regnault, greffier municipal, Jean-Bnptisto
Jeanne, Lecamp, syndic, ctc
(11 signatures.)