Intidiari, et par suite broyer, écraser
hommes (Genèse)^ sous David, les Juges, Josué, couleur des guerres. Supplices des captifs. Peintures égyptiennes, gouvernement des monarques d'Assyrie, etc. {Dan.^ II). En général, ton des Orientaux qui a passé en leurs contes. Les cinquante Barmécides. — Indiens d'Amérique; on se tue en cérémonie. On y va froidement. Le moyen âge. Plus la civilisation avance, plus on tient à la vie. Philosophie de ce fait. C'est qu'alors le sentiment de l'individualité est peu développé, la conscience est faible ; la personnabilité est d'autant plus aiguisée que la civilisation progresse. De là l'égoîsme, le soin du moi, la concentration. Suivez l'induction de cette progression, et vous arriverez au commencement, au spontané de MM. Cousin et Bautain. — D'abord la conscience humaine dormait; puis peu à peu elle s'éveille. En un mot la loi du développement de l'humanité a été celle du développement de l'enfance; il y a un temps où nulle conscience, ou du moins si vague que nul souvenir ; on ne peut les ressaisir qu'a priori et par déduction. Aussi l'homme ne se souvient de lui-môme que depuis trois mille ans au plus. Avant, c'était un enfant sans connaissance, presque animal. qui mihi det ut dicam quod de nostrâ origine sentio!
qu'un. De même Dicere pacem (V. Gesenius), parler bénévolement.
L'idée de charité tendre pour les coreligionnaires et de répulsion pour les dissidents, si importante dans le monde moderne, nous est venue des Juifs. Cf. saint Paul qui en est empreint, les livres des Juifs, la réponse de Salameh à M. de Sacy. Celui-ci lui avait dit : « Afin que notre manière de lire soit une comme notre cœur est un. » — Salameh répond : « Quant à ce que vous ajoutes en disant: Gomme nos cœurs et vos cœurs ne sont qu'un, sachez, mon frère, qu'un tel discours ne peut être tenu que par une personne qui observe notre loi, et qui ait la môme croyance que nous. » Gela est très caractéristique.
Hœc est virtus Dei quœ vocaiur magna. G'est le Metatron, le grand in'jd que, selon Reland, les Sadducéens et les Samaritains actuels entourent de certaines puissances de Dieu. Voir de Sacy, Mém, sur les Samaritains^ des anges, etc.
Voici mon interprétation du Schilo : Non recedet sceptrum de Juddy ne baculus legislatorius ex inter pedes ejus donec veniat popukUor ejuSy eux subjicieniur omnes gentes, — 1** Je soutiens que nh**vï doit être considéré comme composé de h'^p et de Taffixe ri. Ces terminaisons en h si fréquentes en ce morceau de Jacob et qui toutes sont des affixes, forment une induction suffisante. Cela posé, comment entendre b^pt Ce mot étant totalement inconnu, il faul en chercher l'explication dans les racines voisines ; or la racine de h*^p est h'^p ou V^c^ elle-même inusitée. La racine qui a le plus d'affinité avec hw est incontestablement hhp par l'affinité des quiescens et défectifs de la médiante (?bp a même cela de particulier qu'il se conjugue indifféremment comme venant de hip ou de bw) ; il y a aussi affinité avec hvi et nhiff (V. Gesenius). Enfin, on trouve en Michée, i, 8, le mot h^^ en ehethib pour h))t. Donc, je suis autorisé à identifier ces racines. D'après cela, h'^p signifierait «ostoi&r, popuUUor, un conquérant : « Jusqu'à ce que vienne son grand conquérant, le conquérant issu de sa race », et auquel )h] doit certainement s'en-
tendre aussi pour un relatif. — J'entendrais alors ce passage de Tattente du règne messianique qui préoccupait les esprits à l'époque probable de la rédaction de ce morceau (temps de David et de Salomon). Je ferai observer que cette interprétation est même indépendante du sens que je donne à b'^p. C'est, pour la suite du sens et le fond de l'idée, celle de Gesenius, sauf qu'il rapporte ^^1 à Juda, etc. Hais tranquillitas ne va pas aussi bien en son sens. Du reste il faut poser en principe que Schilo, de quelque manière que ce soit, désigne le roi-Messie. Seulement nos théologiens sont absurdes.
Oui, le sauvage nous représente l'état primitif de l'humanité, ses rêves, le sommeil de sa raison, ses idées de merveilleux. Comparez les croyances de l'Océanie à celles des peuples primitifs dans la Genèse, par exemple. De part et d'autre, c'est l'enfance. Oui, l'humanité est née et a été longtemps à l'état d'enfance, rêvant le miracle et la prophétie, voyant partout le surnaturel, sans raison. Puis la raison est née en Grèce, etc. Mais par une précieuse circonstance.
cet état primitif est demeuré encore dans certains lieux : car l'humanité ne marche pas tout d'une pièce; il y a des peuplades qui sont aujourd'hui ce qu'elles étaient au premier jour de l'apparition de l'homme. Cela disparaîtra; qu'on se hâte donc d'étudier ce précieux état primitif qui peut seul résoudre le problème de l'origine de l'homme. Il y a là une science à fonder, et certes ce ne sont pas les faits qui manquent.
Dans son enfance, l'homme et l'humanité ne conçoivent pas la loi de la nature. Il voit par- Note i. tout une action surnaturelle, Dieu partout. De là les religions, les croyances fabuleuses, les génies, les apparitions, le merveilleux en un mot. — Dans son second état, il remarque par l'observation et l'induction la loi, alors il chasse Dieu du monde; car il croit n'en avoir plus besoin. — De là la philosophie athée; ses formes sont : la nature substituée à Dieu, etc., néanmoins elle est plus avancée, quoiqu'elle se trompe plus. — Dans son troisième état, il conserve le résultat acquis dans le second, et qui est vrai; seulement il rattache les lois elles-mêmes à Dieu, cause
universdle, véritable effecteur. De là la vraie science, complète. Ses formes sont : L*ètre agissant suivant les lois ies plus parfaites, et par conséquent suivant des lois constantes. — De bons esprits, quand Tesprit humain est parvenu au second état, consentent bien à rattacher aux lois ce qu'ils voient assez clairement s'en déduire, mais les différents phénomènes qui, vu Timperfection de la science, ne s'expliquent pas encore parfaitement de cette manière, ces bons esprits, par un secret attachement, qui en un sens leur fait honneur, pour le premier concept, s'obsti- Note2. nent à les soustraire aux lois, et à les appeler 6umaturekj parce qu'ils sont naturellement encore inexplicables. Ainsi l'origine du langage, la création de l'homme, certains faits historiques singuliers, le christianisme, la conservation du peuple juif; M. de Donald, M. de Maistre. — Cela est faux et petit : car enfin, si tout le reste s'explique bien par les lois, si à mesure que nous avançons, nous voyons se ranger sous les lois les faits qui auparavant y semblaient rebelles, c'est une invincible induction que les faits qui y échappent encore s'y soumettront, et que leur inexplicabilité n'est que subjective et un simple effet de notre ignorance. Cela est si vrai qu'on
entrevoit de pins en plus la lueur de T^xplication l^ale.
Ce sont ces vieilles tles merveilleuses, sur lesquelles le lointain conservait le brouillard d'un beau mystérieux, qui se dissipe en s'en approchant, et ne laisse plus qu'un réel semblable à tout autre réel. — Oui, il faut bannir du monde le Dieu à fantaisies qu'avaient rêvé nos pères. Pardonnons-leur leur simplicité. Dieu, depuis qu'il a créé les êtres et leurs lois, n'a pas révoqué une seule fois le cours de ces lois, n'a pas mis une seule fois la main à son œuvre :
c'a été assez pour lui d'en avoir préalablement calculé le mécanisme; et c'est par là qu'il y fait tout ce qu'il veut, puisque ce qu'il veut est ce qu'il a voulu, et que ce qu'il a voulu a été la donnée qui a servi à résoudre le prcAlème du monde. — Oui, le monde semble au premier coup d'œil, n'obéir qu'à des lois aveugles et l'observation avec 1 a plus fine induction ne peut arriver à la notion d'un être qui le gouverne intentionnellement, tel que le donnait l'instinct premier. Il est remarquable que cet instinct n'est pas faux; ce qui cadre bien avec nos idées sur le spontané et le réflexe. Aussi les philosophes qui n'ont fait qu'observer et induire, tels qu'il faut qu'il y en
ait au second état de Thumanité, lequel est exclusif, ont nié Dieu. Pardonnons-leur, comme Dieu leur pardonne. Dieu ne peut sortir de l'expérience; il est une conclusion métaphysique tirée de la vraie notion de cause efficiente : aussi bien est-ce une conclusion de prime abord. Les bons esprits dont je parlais s'effraient et voudraient replacer Dieu sur son vieux trône anthropomorphique. Non, non; nous autres aussi, nous avons notre Dieu, raison, faisant tout par des lois qui sont la raison. C'est nous qui sommes les vrais théistes, et vous êtes encore anthropomorphistes, par une crainte peu fondée d'être athées. Malebranche avait déjà vu cela. — L'instinct voit Dieu partout et la loi nulle part; l'observation voit la loi partout (de là son ton moqueur et fier) et Dieu nulle part. La vraie philosophie voit Dieu partout, agissant librement partout par des lois invariables, parce qu'elles sont parfaites. — Voilà la vraie providence, plus belle, plus vraie, moins poétique peut-être que celle de nos pères, mais plus rationnelle, et plus digne de Dieu; je dirai même plus agissante et plus vaste. — Les anciens, occupant Dieu de l'homme et de certaines grandes choses, l'éliminaient au moins dans le concept grossier des petits faits, qui semblaient pouvoir
bien se faire sans lui. Nous, nous le mettons partout. Il faut qu'il agisse dans le mouvement d'un atome. ÂgirI mot tout relatif.
1. — Ce premier état a duré jusqu'au xvi' siècle, le second a commencé /à, et n'a acquis sa plénitude qu'au xvui\ Nous y sommes; des individus peuvent avoir atteint le troisiètnc, mais les musses sont plongées dans le second et peut-être pour des siècles. Mais qui soutiendra Vhumanité pendant ce temps? UitUérèt et la force. — Mais nos publidstes catholiques disent : Cela ne se peut, ces moyens ne sont pas moraux, logiques. Idiots/ qu'importe? et ceux qu'elle avait auparavant, Vétaient-ils? Uhumanité est condamnée dans sa marche à se nourrir d'illogicités, de contradictions, de misérables superficialilés . — Mais elle se déchirera! Qu'importe? elle marchera tout de même. Qu'importe Vindividu qui en est victime? oh! qu'il est peu de chose quand on voit l'ensemble des choses! — Il faut, dit-on, une doctrine qui donne un solide fonxlement à la vie humaine. Non. L'humanité peut être condamnée à vaciller, à être sans logique et sans principes durant des siècles, car rien ne peut avancer une idée qui n'est pas encore mûre. Cela est dur, mais c'est une nécessité de fer. L'homme n'est rien, l'humanité est tout. Elle se trompe nécessairement à certaines époques.