‹ Cahiers de jeunesse, 1845-1846Chapitre 29 sur 42 · La crédulité de saint Augustin · texte numérisé non relu

La crédulité de saint Augustin

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à établir dans le christianisme une chaîne de traditions philosophiques, bien supérieure aux conciles. Ceux-ci adoptent toujours le dogme le plus superstitieux. Malheureusement, en en venant aux faits, il ne trouve que saint Justin et est obligé de sauter à Boèce et Cassiodore. Néanmoins il pense qu'on trouverait I M. Havet est bien plus sage. Il aime les Pères et saint Augustin, sauf sa superstition ; pour M. Garnier, c'est un exalté, rempli de contradictions, sur la grâce, etc. — Je ne suis pas dupe, dit-il, de la foi de Bossuet. Il croyait que c'était utile, et puis il y était engagé par l'extérieur. Mais nulle foi aux superstitions chrétiennes. Saint Ghrysostôme de même. — Dieu 1 quelle sottise ! Je ne crois plus, mais bonté du ciel ! s'il faut, pour être incrédule au christianisme, dire des sottises* comme celleslà, ah ! je n'en suis plus. Il est clair qu'il a voulu faire la bravaded'incrédulité devant moi, montrant qu'il était bien ferré sur ce point. — Par exemple, si j'étais évoque [dit M. 6.], je ne saurais pas gré à ceux qui croient pour la morale. Car cette morale était faite avant le christianisme, elle ne lui appartient pas. Son propre, c'est le surnaturel, la grâce, etc.

Ah ! mon Dieu I qui me donnera de pouvoir

faire un livre du christianisme, qui dira définitivement comment il est temps de le prendre I Je le louerai, Texalterai, le baiserai, mais l'humaniserai. L'homme ou Dieu, c'est tout un, même sans panthéisme. Je réagirai contre tous ces hommes quand il en sera temps. J'aime bien mieux Ozanam, quoique je ne sois pas orthodoxe. Lui au moins sent le poétique. Cette âme au contraire est prosaïque, toute moderne,, aimant la civilisation, ne voyant rien de plus beau. Il n'y a pas d'élévation ; joignez une superficialité extrême d'érudition et une fanfaronnade qui n'est pas le vrai. — M. Havet m'a plu davantage, encore je n'ai pas vu une possession intellectuelle notable ; il vit encore, je crois, dans le monde. Cette vie laïque (car j'en suis encore à cette distinction) m'est apparue froide et pâle.

On parle aussi de M. Jouffroy. Renseignements que M. Garnier a dû prendre auprès de sa veuve pour sa biographie, dont il est chargé pour le Dictionnaire des Sciences philosophiques de M. Franck. — Peu de renseignements qu'il a recueillis. A l'âge de cinq ou six ans, M. Jouffroy lisait l'histoire ancienne de Rollin avec si grand intérêt que, quand le jour tombait, et qu'il n'y avait pas encore de lumière, il s'appro-

chait et lisait à la flamme du feu. Puis il sortait et, avec des tas de pierres, faisait les armées des Romains et des Carthaginois. Cela présageait son esprit d'observation. Articles de géographie de M. JoufTroy, dans le Globe. Le Chili; le dépeint à merveille, comme s'il y avait été. Une langue de terre entre montagnes et mer, fleuves descendant des montagnes, vallées, villes agglomérées sur leurs bords. Le reste, sables et déserts. — Aussi une description de l'Algérie, avant qu'elle fût occupée par les Français. Trouvée très exacte. Morceau lu à l'Académie des Sciences morales et politiques sur la lutte de l'indépendance de la Grèce, si exact, que des Grecs présents vinrent lui demander s'il n'avait pas été en Grèce, et ne pouvaient croire que non. Environs de Tripolizza, armées turques, etc., d'après les récits. — M. Dubois va publier une sorte de biographie de M. Jouffroy, en y insérant ces divers morceaux.

Il est aussi question du docteur de l'autre [jour], de l'originalité de M. Ozanam, qui a osé seul tenir tête contre tous, de M. Cousin venant patauger dans la thèse sans l'avoir lue.

Longue dissertation sur l'Exposition^. Idées

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