‹ Cahiers de jeunesse, 1845-1846Chapitre 28 sur 42 · Famille de Tréguier · texte numérisé non relu

Famille de Tréguier

Quand je suis ma logique, je serais porté à un concept dur et tranché pour le christianisme; mais un instinct supérieur me relient; je sens que [si] je suivais cela, Tavenir me dépasserait et on m'accuserait de n'avoir pas tout vu. Je fais donc comme si j'avais tout vu, je me dis chrétien, j admets et j'explique le christianisme, bien que loj;iquement, je le répèle, je dusse l'envisager en faux et élimination. Je chasse le vrai point de vue.

J'éprouve un singulier sentiment pénible devant une existence incomplète, j'entends une existence qui semble manquer d'un illisible. Par exemple, en face du Talmud. C'est un monstre, la nature humaine tronquée, il y a de l'homme et pas de l'homme, un cyclope, vue fantastique. Cela effraie. Les vieux docteurs du moyen âge encore. Descartes même. Bacon plus encore. L'homme qui n'a pas conçu un grain de pratique effraie. On dirait qu'il y a quelque chose chez nous qui [n'est] pas chez eux. Un vide dans l'humanité.

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Remarquez que nos rhéteurs et érudils, M. Le Clerc, etc. (vrai (/ramma*Wcn d'autrefois), s'attachent surtout à ce qui dans l'antiquité a le moins de prix et de valeur. Les auteurs qu'ils étudient le plus sont les auteurs de la littérature artificielle (rhéteurs, orateurs-rhéteurs, écrivains de la décadence, etc.), et non les primitifs (rappelez-vous ma distinction), Homère, etc. Une dissertation sur les sophistes, les rhéteurs, les plus creux des hommes, aura plus de prix à leurs yeux, fera plus fortune qu'un [travail] sur Homère, ou quelque grande chose. Par exemple, thèses de MM. Meyer, Benoît. Ce qu'il y a de plus puéril dans l'histoire littéraire de l'antiquité. Savoir pour savoir, et briller par ce qu'on sait, et consacrer sa vie à cela, sans autre espérance : M. Le Clerc, par exemple ; il me préoccupe, cet homme; où est son mobile?

M. Villemain, je le comprends. L'érudition pourtant, l'érudition. Ah I M. Villemain avait touché le point. Non que tout cela n'ait sa valeur comme érudition.

Nous nous moquons de la subtilité des grammairiens d'autrefois, qui ne s'occupaient que

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d'anciens auteurs, et cela impbilosophiquemcnt : a fortiori, combien ridicules ceux qui ne s'occupent que des sophistes.

Grammairiens y sophistes devenus à leur tour thème de dissertation, eux qui aidaient pour propre de poser ces tlièmes sur les autres. Développer ceci en gradation : le présent efface le ridicule de cela. Si c'était d'autrefois, on en rirait comme on lit des sophistes. Et pourtant cela a du prix,

Il y a une certaine contradiction entre la manière dont les trouvères du cycle carlovingten représentent les rapports de Gharlemagne et de ses vassaux, et celle dont les représentent les chroniqueurs. Voyez les passages de ceux-ci que rapporte M. Guizot (Civilis, en France), Ils semblent supposer dans les vassaux un silence profond sous Charles, un respect qui eût étouffé l'idée seule de révoUe. Les trouvères, au contraire, nous représentent sans cesse une aristocratie fière, contre laquelle Charles est en lutte perpétuelle, auxquels il peut à peine tenir tète, poussant la liberté jusqu'à l'insolence, et triomphant souvent de Tempereur, comme dans Ogier.

C'est probablement un tour que les trouvères

donnèrent aux faits pour plaire aux seigneurs féodaux, dont ils recevaient les faveurs ; outre que cela représentait la royauté d'alors. Ils durent mettre du temps de Gharlemagne ce qu'ils voyaient sans cesse de leur temps. Aussi de tous les poèmes relatifs à Gharlemagne n'y a-t-il que Roland et Emery de Narbonne qui n'aient pas pour objet des révoltes de vassaux. Gérard de Vienne^ les Quatre fils d*Aymony Ogier, sont tous bâtis sur ce thème. Et encore dans. les deux premiers, le roi n*est pas offensé, mais il est effacé. (Cf. Gerusez, leçon finale, récapitulation sur les chansons de gestes.)

Que le mot de gi^and homme renferme une variété infinie, et c'est justice. Le but étant l'avancement des choses, les rôles ont dû êlre partagés, et les grandeurs diverses. Par exemple, les fondateurs de sociétés, Minos, Zalmoxîs, Moïse, etc., quels types à part I Et faut-il donc, pour être grand, ressembler à nous? Et ceux-là étaient-ils moins grands? Je les trouve plus grands. Bizarre communauté de but qui placera le type Orphée à côté de Laplace ou de Kant.

Saint Gall, dans son discours au peuple de Constance pour refuser Tépiscopat, fait absolument comme Etienne dans son discours aux Juifs : il leur reprend chronologiquement toute Thistoire de la religion. J'ai fait observer ailleurs, à propos de plusieurs autres discours des Actes des apôtres, que c'était là une sorte de discours typique, une sorte de lieu commun chrétien, comme ceux des Grecs. II paraît que cette habitude se prolongea beaucoup. Cela était en effet naturel, à une époque de peu d'érudition, d'encyclopédiser ainsi ce qu'on savait, et de le coller comme une décoration, ou un sceau de science (rappelez-vous les sceaux pendants du moyen âge) à ce qu'on voulait dire, quoique cela n'y eût aucun rapport.

Nous plaçons toujours le bonheur où nous ne sommes pas, parce que nous ne l'avons pas où nous sommes. C'est une perpétuelle piperie que nous entretenons avec nous-mêmes. Paris, Bretagne, Bretagne, Paris. Car on oublie le passé

et on sent le présent. (Cf. le même fait dans les portraits de Léonard et Bernardin de Saint-Pierre dans M. Sainte-Beuve.) En Europe, leur bonheur là-bas ; là-bas, leur bonheur en Europe.

C'est une fausse manière d'envisager l'histoire que de la croire composée d'états stables et de transitions. En suivant cette façon de voir on est amené à tout appeler transition. Par exemple, la Fronde, transition à Louis XIV, et Louis XIV, est-ce stable? Non, certes : il n'y a pas dans l'hisloire d'état ^-«/^""^B

^^*^* stable : la courbe n'est pas ainsi

mais bien ainsi C'est une marche continue, tout faisant transition. Mais pourtant l'humanité demeure longtemps sur certaines idées, comme pour les couver. Oui, mais c'est un oiseau de paradis, qui couve en volant.

C'est, dit-il, traitsitUm à la royauté absolue; mais royauté absolue est-elle donc stable? Il est sot de délimiter ainsi des buts partiels à Vhumanité. Elle a un but génërai, mais elle ne s'arrête à aucun but partiel.

Celui qui veut aller de Panama à Garthagène par mer est plus près de Garthagène au cap Horn qu'à Panama, et pourtant il n'a fait qu'y tourner le dos à pleines voiles. De même pour l'humanité. Reculer est pour elle avancer.

On étend trop facilement aux développements [des] nations modernes les inductions tirées des nations anciennes (grecque et romaine). Sans doute, il y a des lois générales du développement de tous les peuples. Mais deux exemples ne suffisent pas pour éliminer ce qu'il y a de particulier dans leur développement, et n'en conclure que le fonds commun. L'Allemagne, par exemple, échappe à la plupart de ces lois. La France aussi.

Le sauvage n'a pas l'idée de la stabilité des lois de la nature. Cf. le récit des sauvages sur La Pérouse dans l'expédition de Dillon. Us leur sup*

posent sans plus de difficulté un nez de deux ou trois palmes, c'était le bout de leur chapeau, etc. Les Barbares de même; voyez leurs poèmes, celui de Beowulf, des Saxons, par exemple; tout est surnaturel, incroyable : ils ne vivent pas dans le naturel : ils n'en ont pas Tidée. (Cf. leçon de M. Ozanam sur ce sujet : deuxième sur les Saxons, c'est frappant.) Les nations orientales en sont là aussi, mais c'est le religieux qui les élève au surnaturel, et chez les peuples du Nord, c'est l'imagination, le tour d'esprit; car tout cela ne se rapporte pas à Dieu, mais à des êtres fantastiques, devant lesquels Dieu s'efface. On ne pense que fées, serpents, dragons, etc. De grand Dieu, d'Allah ou de Jéhova, il n'y en a pas.

Quand on voit la nature soigner raccroissement de l'être vivant, puis l'abandonner à sa période décroissante, on dirait que son but est le centre plein de sa vie. Mais ce n'est là qu'un point. Le but est donc toute la vie, et il faut la prendre toute tout de bon.

Il y a, à mon sens, trois grandes époques dans l'histoire de la critique littéraire. Dans la première époque, elle n'est qu'un répertoire de lieux communs (Rhét. de Corax, Protagoras, Gorgias ; Cf. Thèse de M. Benoît). Gorgias a pourtant déjà un traité sur l'opportunité, xaipcJ;; 2" Aristote introduit par sa Poétique et sa Rhétorique la théorie philosophique de l'art : mais elle est encore chez lui dans des formes barbares, peu esthétiques, quelquefois mesquines; 3° L'Allemagne fonde proprement l'esthétique.

La quantité a évidemment pour élément Tinfiniment petit, l'élément infinitésimal. Gela est capital. Comment alors distinguer le plus du moins? c'est un mystère. — En ce sens, je trouve l'appellation de quantités continues et discontinues peu juste : car le nombre a aussi bien pour expression l'élément infinitésimal que l'étendue. Par exemple, de six à sept je marche par l'infini des fractions intermédiaires, entre lesquelles il n'y a

pas plus de distance discontinue qu'entre les points infiniment petits d'une ligne. Étendue et quantité sont absolument parallèles.

Platon et Aristote admettaient-ils la spiritualité de l'âme, la création, etc. ? Questions mal posées. Car le problème ne se présentait pas à eux sous cette face. Laissez-les dans leurs moules, et ne les déformez pas en les passant aux nôtres. Il y a là une réforme à faire à l'histoire de la philosophie. Voici ce qu'on fait : on a là les moules, les casiers modernes, certains nombres de questions posées pour nous; puis on coule les anciens dans ces [moules], et on voit ce qu'ils donnent. C'est mal, car cela altère leur couleur. Et puis cela ne met en jour souvent que leur accessoire. Car souvent notre capital était leur accessoire. Alors on juge mal ; car on n'a pas la proportion où tout cela était chez eux. Laissez-leur leur moule ; ce qu'ils n'ont pas dit, ne cherchez pas ce qu'ils en ont pensé. Par exemple, la spiritualité, la création, si grands problèmes pour nous, ne se posaient pas pour eux, au moins sous cette forme; aussi* il faut

pécher çà et là les bouts de phrases qu'ils en ont dits. Jugez comme cela les présente mal, quand même on citerait et comprendrait bien. Les variations de la philosophie ont été bien moins dans les solutions que dans le posé des problèmes.

Ces cahiers sont mes vomitoires. J'y vomis ma pensée. C'est pénible I Par brouées; aussi je viens et reviens par saccades, croyant n'avoir jamais bien récuré le fond. Je cherche à retourner le sac, pour voir s'il ne reste rien, et cela est très pénible. Plût à Dieu qu'on pût voir la pensée de chacun I qu'alors on s'entendrait bien I plus de disputes I

Mon Dieu ! comme je prends la vie sérieusement, vivement, naïvement, à plein I C'est merveilleux. Aussi je suis heureux. Ma pauvre mère seule me fend le cœur. Ah I maman I maman I Ce qu'il y a de curieux, c'est mon affreuse position; souliers percés, sous comptés, et mon affreuse vie extérieure en cette maison * avec des bambins et un ogre.

t. Chez M. Croaiet.

On n'est jamais sûr de ce qui aura valeur un jour. Avant nos goûts de livres, d'antiquité, au moyen âge, on ne le comprenait pas. Là-bas on ne le comprend pas. Le comprendra-t-on ? Peut-être ee que nous méprisons aura valeur. Le siècle de Louis XIV ne pouvait comprendre que les vieilles cathédrales redevinssent intéressantes. Les barbares en brûlant les livres ne savaient pas qu'on regretterait.

Je viens d'éprouver une impatience indiciblement pénible. Je ne connais rien qui fasse plus souffrir.

Pouqueville rapporte (à propos de Marc Botzaris) que les Grecs sont encore aujourd'hui comme autrefois dans l'usage de peigner leur chevelure avant le combat. Rapporte., aux conjectures de M. Le Hir sur niviD vnM*-

Aussi bien, mon ami, prends garde que l'éru-

1. Traduction ooarante de ce verset : < Bénissez TÉternel de ce que les chefs orU pris le commandement en Israël. » Juges, V, 2.

dition ne te dissipe. Car enfin, c'est se promener, Note, c'est courir le monde, c'est se distraire; on en revient comme d'une promenade, et si dans tes idées, le commerce du monde est peu pour le philosophe, l'érudition n'est-elle pas un commerce du vieux monde? Du reste, je ne dis pas absolument que le salon n'apprend rien pour la philosophie. On lui attribue deux choses, dont une seule à mon sens a valeur : 1"* polir le caractère et le style; 2* apprendre l'homme et le monde. Ceci est précieux. Le premier est pâle et fade. Ne me parlez pas de ces hommes lettrés de salon, à la phrase mate et régulière, comme les a faits le siècle de Louis XIV. Kant, Herder, Gœthe, étaient-ils des hommes de salon ?

Cf. Sainte-Beuve, Bayle, Portr. LiU., /, p. 360.

Il est maintenant évident pour moi que la vraie explication de ri^KSS n]n) est dans le rab halamina des Arabes : halamina en effet est ici pris pour désigner les ordres des créatures, les anges, l'homme et les génies, etc. Voir n* 96. (Cf. not. Caussin, ad Cor., III, v. 90.) mK3X est pris évidemment dans le même sens : l'armée des êtres

existants. Or l'expression susdite est perpétuelle chez les musulmans comme Tautre chez les Hé-> breux. C'est donc un même [sens]. Audran avait déjà donné cette explication. {Gramm. ar. en tabl., fin du 5» tableau.)

L'état religieux du monde sous le polythéisme gréco- romain nous représente réellement l'état de religion naturelle, au moins dans les tètes un peu réfléchies. D'abord, dès le commencement de la philosophie, tous les philosophes n'envisagent le polythéisme et ses fables que comme des mythes. De plus, vers l'époque d'Auguste, tous s'en étaient à peu près délachés, et ces cultes, qui sous Tibère et les empereurs postérieurs firent fortune à Rome, étaient précisément des cultes étrangers, plus mystiques, plus profonds, plus dogmatiques que ces imaginations poétiques et évidemment fictives. Aussi quand Julien voulut dogmatiser ces fables, il les orientalisa. — Re* marquez en outre un trait tout à fait unique de ce polythéisme; c'est qu'elles ne se donnent aucun caractère de révélation ; c^est peut-^tre la seule religion qui n'ait pas son livre sacré. Et quand ils

voulurent en avoir, ou plutôt quand ils suivirent le penchant de Tesprit humain qui lui rend nécessaire un fétiche qu'il adore, les grammairiens se donnèrent Homère et les anciens poètes. Donc la majeure partie du genre humain a vécu des siècles sans religion positive,

Visite à M. Damiron.

Un homme grave et bon, réfléchi et peu attentif à l'extérieur. — Réserve extrême sur le point délicat de l'orthodoxie, sur lequel roulait ma lettre. Il élude toujours de toucher aucun des points que j'y traitais, en la couvrant d'éloges généraux. Il m'engage à concourir pour le prix de l'Institut. — Nous nous contactons peu, mais nous nous comprenons fort bien ; car nous sommes tous deux pénétrables au contact lent. Bonté franche et sans apparat. Couleur haute et ferme, capitalité de la question de la foi. Je suis très content et j'en sors moralisé. Parole remarquable et très fine sur la manière de faire la philosophie par l'histoire de la philosophie. Note. « L'histoire de la philosophie est un texte^ non

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un prétexte. » Ceci peint très bien une idée délicate : prendre occasion de là.

L'idée dominante sur Vhistoire de la philosophie aurait peu de valeur si n'était qu'érudition.

Visite à M. Garmer.

Diverses discussions psychologiques. — Il m'explique comment l'imagination poétique et oratoire se fondent dans l'imagination coloriste. Je lui objecte M. Cousin. C'est un poète, dit-il. Il fuit l'analyse exacte, et croit que c'est dégrader la philosophie. — Conception de la figure géométrique : je lui expose mes idées par généralisation éliminative (V. alibi j not. ad Cousin, Cours de 1818.) Il objecte la conception de la ligne droite, qu'on ne peut reconnaître droite, à moins d'un concept spécial. Instinct des sauvages, des enfants, qui en traçant droit, ne copient rien.

Mes objections sur le devoir, le droit, la sanction, etc. — Cf. notes de sa leçon sur l'Idéal moral, où il trace la démarcation du devoir et du surérogatoire par la sanction extérieure, et pense que la répression extérieure peut s'appliquer à la tempérance, etc. Il répond à mes objections en

élargissant le sens de son mot de répression extérieure. Il l'applique non seulement à la répression légale, mais à la répression paternelle et à la répression divine. Cela est mal que la société, le père ou Dieu au moins peut punir, ou en d'autres termes: cela est mal qui est punissable. Mais comment ensuite ajoute-t-il : ce qui est punissable, c'est le mal, ce qui est méritoire, c'est le dévouement? — Voici donc sa théorie : le mal est ce qui est punissable. — Qu'est-ce qui est punissable, c'est le mal. C'est aller de B en A et de A en B. — M. Havet arrive, tandis que nous discutions la question des figures géométriques. — M. Havet se trouve fort embarrassé, et cherche aussi à mêler son mot, et à improviser toute une théorie avec une bonhomie novice toute curieuse ; mais en se posant modestement comme non compétent, et traitant la chose de son haut sans y tenir, en se plaignant finement d'être dans la maîeutique. Il y aurait eu là une sorte de mépris de notre question, si M. Garnier n'eût relevé sa valeur, en y témoignant de l'intérêt, et regrettant qu'il n'y ait pas de ces discussions établies sur des sujets philosophiques. 11 nous fait part à ce propos d'un projet qu'il avait eu de réunir les professeurs de philosophie de Paris et établir unité d'ensei-

gnement. Mais ce sont des gens qui font de la philosophie pour leur compte.

La conversation s'engage ensuite en histoire. M. Garnier ne conçoit pas comment une nation tombe en décadence, et s'imagine que si venait invasion de Cosaques, Paris resterait toujours l'Athènes... Choses insignifiantes... On aborde le christianisme, car il en faut venir là. Il y a décadence pour ces messieurs de Cicéron à saint Augustin, mais progrès dans la morale de Platon à Cicéron, parce que ce n'est qu'à celui-ci qu'on voit des traités complets. Oh I l'homme aux traités complets 1 On sent le psychologue à traités classiques. M. Havet surtout est scandalisé de sa crédulité superstitieuse pour les devins*. M. Garnier trouve dans la société romaine, même sous l'empire, un progrès scientifique. Il veut à force le progrès continu, sans songer au progrès en spirale, idée pourtant si simple. Il cherche à établir la tradition, mais ne peut ; car il convient que ce n'est pas par les Alexandrins. Lui tient pour le progrès, idées qu'il a prises dans Condorcet, Turgot, Saint-Simon, etc.. Que les chrétiens de cette époque sont inférieurs, que la superstition nouvelle s'insinuera par ignorance, qu'il y aurait

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