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La voix des cloches. — J’entendais l’autre jour ces enfants se disputer sur ce que disaient les cloches, et chacun y adaptait merveilleusement la phrase de son goût. .\h! mon Dieu! que c’est beau, et que voilà réellement la voix du ciel ! On croit qu’elle vient de bien haut, et elle vient du fond de nous. C’est le cœur qui fournit le fond, mais la forme, le rythme est tout céleste. C'est l’inspiration, produit de l’homme coulé dans une forme céleste. Ohl qu’elle est douce, cette voix qui dit à chacun ce qu’il veut, qui balance le cœur triste dans sa tristesse, bondit avec l’allègre, parle du ciel à celui qui s’y promène, et semble tomber toute d’en haut, tandis que le plus important monte de nous-mêmes! C’est comme dans la foudre, où tantôt le nuage foudroie l’homme, mais aussi l’homme foudroie souvent le nuage.
UTILE A BEAUCOUP DE CHOSES
Bizarre philosophie que celte philosophie écossaise, qui semhle n’avoir tl’aulre but que de donner sur chaque {Miiiit de la psycholof^ie la phrase la plus exacte possible, et qui se croirait parfaite, quand celle phrase serait définitivement arrêtée. La philosophie qui se dit à elle-même : Alors, je serai définie, ]H‘iit-elle être la véritable philosophie? Non, puisque la face devra toujours changer, tant (lue nous serons dans le partiel. L’unité commencera à s’établir d’abord dans les philosophies, qu’on a déjà commenct'; à reconnaître pour identiques, et de là passera à tout le reste de l’esprit humain. On reconnaîtra alors que tous disent la même chose en des langues différentes.
Il y a dans la poésie, dans toute œuvre intellectuelle, comme dans la peinture, la sculpture, etc., un peu de métier. Je veux dire la partie mécanique et matérielle de l’art, qui pour la poésie est la manipulation des mots, du mécanisme. Mais il y a outre cela et au-dessus l’idéal
CAHIKRS DE JEUNESSE.
divin. Or les choses prennent les noms de leur partie supérieure. — Mais le pur serait la contemplation pure et sans œncrétion de forme extérieure. (Cf. Cousin, Cours de 18IS.)
M. Garnier a parfaitement raison (Crit. de Thomas Reid, pp. 99 et 100, et Not. {)ercepl. du nécess.) de dire (pie les deux principes de cause et de substance renferment une concrétion, et qu’il faut encore les purifier: par cette purification, on arrive, comme il le montre fort bien, à leur identité dans raffirmation d’un être éternel. Ainsi se trouve vérifiée la réduction de toutes les idées pures à l’idée de l’être par MM. Rosmini, Bautain et Cousin.
En vérité, toute cette philosophie psychologoécossaise-éclectique n’est qu’une table de chapitres ; toutes les discussions roulent sur d(^s coupes de chapitres, sur des intitulés. On n’est pas à la vie. La critique pensante historico-littéraire, la philosophie scientifique et littéraire me paraît plus près de la vie. Ainsi M. Ozanam me
UTILE A BEAUCOUI' DE CHOSES
paraît bien plus près de la philosophie par l'ordre des questions qu’il traite (quoique je récuse plusieurs solutions) que M. Garnier. La première sera ma manière, outre qu’elle est plus universelle, et renferme dans ses accolades la seconde. Il semble que cet te ph i losoph ie psychologiq ue, que M. Garnier me représente fort bien, prétende arriver définitivement à fixer le nombre, les titres des chapitres et articles dont se composera la philosophie parfaite, .l’aime la psychologie, mais dilatée. Et puis, il faut aussi bien chercher la vérité par en dehors que par en dedans. L’origine du monde, la .«érie de la nature, sa loi, son terme, l’origine de l'homme, voilà questions qui me semblent sûrement [)lus philosophiques que de savoir si l’abstraction dilTère de la conception et s’il faut en faire une faculté à part. Ceci a son utilité, mais comme tout le reste, et pas plus. Ce n’est donc pas la philosophie, ou du moins toute la philosophie. Jean-Jacques Rousseau, Herder, etc., voilà encore des hommes qui, au mètre actuel, ne seraient pas des philosophes, et assurément ils le sont plus que tel ou tel psychologue. Conception de l’homme, de la morale, du beau, diverses proportions de tous les éléments, n’est-ce pas là qu’ est l’âme?
Les difficultés contre la spiritualité de l’âme ne sont plus pour moi dans l’intérieur, mais dans les sciences de l’extérieur. Car il semble résulter des sciences cosmologiques et physiologiques que l’homme est un corps d’abord, qu’il passe par tous les degrés de la création, que l’âme arrive; cet empirisme détruit mon système de riiomme-monade, et du corps-appendice ; car il semble induire que l’âme se surajoute. (V. Rép. de M. Garnier à l’archevêque'.)
Qu’est-ce à dire qu’une circonférence ne peut être déployée exactement en ligne droite? Cela veut-il dire qu’il n’y a pas une ligne droite possible, qui soit égale au cercle? Non sans doute, mais cela veut dire que cette égalité ne peut avoir lieu qu’en prenant l’élément infinitésimal pour unité. Or ceci n'a jamais lieu dans le calcul ordinaire. — Rapprochez de ceci cette assertion : qu’il n’est pas prouvé que graphiquement le côté