‹ Cahiers de jeunesse 18451846 Ernest RenanChapitre 57 sur 60 · G CAHIERS DE JEUNESSE · texte numérisé non relu

G CAHIERS DE JEUNESSE

Note, simplicité était singulièremnt louchant. Ajoutez (]ue par son association vague à mademoiselle Ulliac, etc., je lui supposais des antécédents moraux et beaux.

Voici pourquoi j’ai tant de difficulté à exprimer mes pensées intimes. C’e.st que j’entreprends d’exprimer ce qui n’est guère exprimable, l'image intérieure qui accompagne toute pensée et tout sentiment. Car, remarquez-le, ce qui fait la facilité ou la difficulté des styles, ce n’est pas une qualité subjective de l’écrivain, mais bien la qualité objective de ce qu’il essaie d’exprimer; tentative d’exprimer le mystérieux, confus, obscur de l’âme, voilà ce qui rend difficile et obscur.

[Ajouté e«] /<y4<V. J’ai éprouvé de nouveau un sentiment tout analogue, une nuit que je venais de finir le livre Jocelyn, le mariage céleste de la fin.

On se dit disciple de Platon, de Descartes, etc., sans les adorer, pourquoi ne se dirait-on pas disciple de Jésus, sans l’adorer, le regardant comme le plus grand des hommes, le moraliste par excellence, et s’attachant à lui? En ce sens, tout homme doit être chrétien.

HOI-MÉME

Les idées constitutionnelles en gouvernement ne me semblent que l’application de la méthode scientifique inductive à la politique. Le roi est le représentant de Dieu, voilà l’a pi-iori; le roi est le premier fonctionnaire de l’État : voilà le point de vue expérimental, et les deux sont pourtant vrais.

Je me convaincs toujours de plus en plus que le roman est la forme la plus apte pour faire jouer la fine psychologie, et peindre un caractère. — J’en ferai un, comme Woldemar, où je peindrai un caractère que je saisis merveilleusement, et qui sera d’une frappante originalité. Ce ne sera pas un type général, mais une nature exceptionnelle, d’où ressortiront de grands enseignements. Je prendrai probablement la forme de lettres comme la plus psychologique, entremêlée de pièces, fragments, etc., comme si c’étaient seulement des matériaux rassemblés. Par exemple, à propos de telle circonstance, il y aura des pages

du cahier vital de mon Woldemar, des fragments de ses confessions... Je témoignerai aussi un grand dédain pour toutes les circonstances extérieures ; je n’en ferai presque pas entrer dans la fable. Ce sera un roman tout psychique : on y verra l’âme dans ses phases, à peu près comme les personnages [de] Cœthe : le Hoi, le Père, etc. Ainsi par exemple, je ne m’embarrasserai pas que Woldemar, ou tel autre personnage, soit banquier ou châtelain, n’importe. C’est tel caractère. Soin de ménage que tout cela ! — Savez-vous que le roman est bien plus jisychologique que le drame même, et qu’il prête bien plus à la peinture de l’intérieur?

Veine froide, inanimée, imphilosophique que toute cette littérature universitaire : histoire de telle chose, fragments de critique et d'histoire littéraire, livres élémentaires, manuels de philosophie ou d’histoire, voilà tout. Décidément ces hommes n’ont-ils d’autre but par leurs exercices littéraires que de former de bons professeurs? Ah ! c’est qu’alors je n’en suis pas. Je serai professeur pour avoir du pain, mais je passe acte par devant notaire que je m’en moque. — Où

MOI-MÈME

trouver des ouvrages dans la veine de ceux-ci : Des religions... De l’homme... Morale... De la direction et du but de la vie? — Ah ! mon Dieu ! je vois bien que je ne ferai pas fortune extérieure, n’importe, je tiendrai ferme, je jurerais qu’on reviendra à moi.

Il ne faut pas du tout que nous nous figurions l’état actuel du monde plus stable que celui qui a précédé. Au contraire, ces changements sont une induction de plus pour que ce qui a eu lieu se représente, et se représente avec une accélération nouvelle. — Par exemple, est-il impossible que, de même que l’univers tend vers l’unité, et le commerce mutuel, de même relation s’établisse entre les dili'érents mondes du système solaire, etc.? qu’on juge ce que deviendrait alors l’univers. Notre imagination peut-elle se le représenter? Comparons la .société moderne à la société troglodyte et déclarons hardiment que la distance qui sépare l’une de l’autre se retrouvera bien plus grande encore entre l’actuel et l’état d’alors. Oh! que ce sera beau, brillant! (Non que j’imagine que les misères n’y soient aussi en proportion.) — Il faudra prendre garde seule-

CAHIEBS IIE JEUNESSE.

ment que les astronomes qui feront le voyage ne se métamorphosent en satellites ou plutôt en comètes. — Ce serait quelque chose de fort gentil et de très conforme au goût antique, que M. Arago ainsi transformé en astre errant.

La France s’ennuie, a-t-on dit. Oui, c’est très vrai. Mais pourquoi? Je [ne] m’ennuie jamais, moi, je souffre souvent, mais rn’ennuyer, jamais.

Serait-il possible que nos universitaires se fussent dit à eux-mémes : Restreignons-nous à notre rôle négatif; ce n'est rien, mais il faut que le modérateur soit modeste? Comme les sulpiciens, (|ui par système se circonscrivent en un cercle étroit; car la jeunesse est folle, il faut la corriger par l’excès contraire. Mais qu’il faut être bon pour en agir ainsi! Oh! pour moi, jamais; je serai strictement et rigoureusement vrai ; or cela n’est pas vrai : on ne se laisse pas pousser à vrai, on se coupe dans un but préimposé. Ces vues ultérieures faussent l’homme.

moi-hk'me.

11 est temps décidément de ne plus envisager une langue comme une loi faite et immuable qui s’impose à l’écrivain, de telle sorte qu’il soit obligé de s’y mouler. Il faut l’envisager comme un ensemble de moyens à lui ofl'erts pour se faire entendre, et qu’il peut tripoter et manier à son gré. La langue n’est (|u’nn instrument et non une loi, une limite; par exemple je n’ai pas de mot qui rende ma pensée; il devrait être permis à chacun de faire son mot, mais de le faire intelligible. Ainsi la langue deviendrait à la lettre infinie en richesse; ce serait par un tout limité, ce serait un procédé comme la numération, donnant des moyens pour tout cjrprimer, mais n’exprimant pas tout otliciellement. Et de quel droit vient-on attenter à ma liberté? Où sont les lettres patentes des grammairiens? Le grec et l’allemand par leur comjwsition de mots me retracent quelques traits de cet idéal.

Ces caractères austères, probes, sévères, mais sans fleur de beau, d’intelligence ou d’idéal moral

tels que ceux dont notre ancienne magistrature présente tant de types, me déplaisent. Car ils ne sont que négatifs. Deux choses imposées à l’homme ; 1“ être probe, condition aine qua non, mais qui seule n’est rien; 2° être beau, pur, idéal, refléter Dieu par tous les côtés. Or ces Gâtons froids et mats n’ont rien de beau ni d’élevé. Il aura pu se faire qu’à une époque cela ait suffi ; mais absolument parlant, cela ne peut suffire. Il faut, pour être vraiment homme, de la poésie, du vivant, du flexible, du céleste, de l’amour.

Les lignes tranchées ne valent rien. Par exemple, nos apriorisles disent nettement : Homme, animal ; l’homme a ceci, l’animal cela; ce qui est à l’homme n’est pas à l’animal; ce qui est à l’animal n’est pas à l’homme. — Pauvreté! Le sentiment moral, par exemple, est en trace dans l’animal. Ah! cet œil triste et morne, ce front obscurci et pensif cache quelque chose de confus, dans les nuages duquel il y a bien sùr quelques étincelles. C’està-dire que la nature est composée de grandes masses de couleur, formant des placards; sur ces grandes masses s’étend comme un réseau d’autres

UOI-MÊHE.

divisions, qui ne correspondent pas aux premières. Ces secondes marquent les facultés qui régnent également par masses sur certaines régions des espèces. Par exempte, les affections sympathiques, etc., s'étendent évidemment sur l'homme et l’animal, etc. Ce sont comme deux filets à mailles inégales, qu’on étendrait l’un sur l’autre, ou deux cartes de géographie qu’on superposerait.

Rien de plus bète que les arguments d’autorité dont les absolutistes prétendent appuyer leur thèse, jiar exemple Homère qui a ei;xo!favoç,etc., la Bible, tous les jieuples primitifs, les animaux, les aljeilles, etc. Pauvres sots, belle autorité ! C’était bon alors! Mais dommage qu’Homère n’ait pas ajoute au vers suivant : je sais bien qu’un jour on en viendra au système constitutionnel. — Ah ! que je déteste ces médiocres cjui découpent les génies pour s’en faire des parements à leur mode! — Qu’ils disent aussi : Homère, la Bible, l’antiquité, les animaux aussi (les fourmis par exemple) ont usité et approuvé ou du moins supposé légitime l’esclavage. Donc il faut le rétablir, et notre système ne vaut rien.

CAillEnS UE iEUKESSE.

Il est .souvent utile dans renseignement de ne pas donner le bon et le beau lout à fait purs, mais de le mêler à du son et à du foin pour le bien de la digestion. Par exemple dans nos rhétoriques, les exemples seuls à peu près sont elTi- .Noie. caces, et pourtant s’il n’y avait qu’eux, ils feraient peu d’effet. Cela s’applique dans une foule de cas : il faut tempérer le nutritif par du non nutritif pour donner aux facultés excrémentielles l’occasion de rejeter quelque chose.

Sol exemple.

Quand on entreprend de légitimer la cause finale de tous les penchiuits de l’homme, il ne faut [«s essayer de le faire dans l’individu, mais bien dans l’ensemble de l’humanité comme progressive. Il y a des facultés qui ne s’expliquent qu’à ce point de vue. Par exemple, le désir de domination considéré isolément serait mauvais et très maux’ais, puisque enfin sa tendance serait de détruire les libertés qui sont le droit de chacun. .\u con-

moi-hh'he.

traire, dans l’ensemble de l’humanité, cela a été nécessaire, vu que cela a été cause des guerres et des conquêtes, leviers si puissants de progrès, toutes choses qui elles-mêmes sont horribles au point de vue de l’individu, mais si profitables à l’humanité. Au fait, si de toutes les facultés naturelles à l'homme, il en est une qu'il soit difficile de légitimer, c’est bien celle que je disais, et, je répète, cela est impossible dans l’homme considéré isolément.

Deux manières de juger : absolument, éclectiquement : je prends tantôt l’une, tantôt l’autre, et j’aurais [»eine à me restreindre à l’une.

iOi.

Rien ne m’est plus antipathique que tout ce système d’éducation antique, de Lj'curgue, etc., absorbant la liberté individuelle, considérant l’homme comme une plante, un sujet qu’il faut dresser ; l’expérience de Lycurgue sur les deux jeunes chiens qu’il monlra aux Spartiates est fort caractéristique de œ système. L’homme est un

CAHIEHS DK JEUM-SSE.

èlre composé d’instincts qu'il s’agit de développer en tel sens ; mais pourquoi plutôt en tel qu’en tel autre, s’il n’y a là-haut tlevant lui uu idéal sublime? De ces deux chiens, l'un courut à la chasse après un lièvre qui était là, l’autre sauta sur un plat de viandes; le premier était pour Lycurgue le vertueux. C'est absurde, et pourquoi, je vous prie, y a-t-il plus de vertu à l’im qu’à l'autre ? Tous ces peuples à l’éducation austère (joignez-y notre ancienne magistrature, etc.) |iartaicnt d’un concept éminemment faux de la vertu. Ils ont trouvé, les Spartiates surtout, le moyen d’ètre vertueux sans profonde moralité. Iaî Spartiate était vertueux on ne sait trop pourquoi. Pour sa patrie? mais quelle sottise ! Liberté, beauté, vérité, idéal, voilà la morale. — Je porte ici un jugement absolu : on ne l'acceptera pas, et on reviendra au sens éclectique.

lO'i

Ces vieilles moeurs des Calons, etc., me sont tout à fait odieuses. C’est pour moi le t^'pe de la fausse vertu. Voyez ces maximes par exemple sur les esclaves : c’est affreux. 11 n’y a rien de plus I lacune] que l’enthousiasme dont on s’éprend

MOI-MÉME

j)our ces durs hommes, ces vieilles mœurs romaines, qu’on regarde comme type de la liberté : c’était au contraire la servitude sous une oligarchie dure et méprisante. Si nos républicains de 93 avaient bien vu l'histoire romaine, assurément ils auraient eu moins d’enthousiasme pour J3rutus, quand ils l’auraient vu ne détruire un tyran que pour satisfaire une superbe aristocratie : la cause du peuple était bien plus dans César que dans Brutus et les conjurés. Mais on s’én tient aux aspects des choses, et d’ailleurs l’esprit de parti n’est pas si difficile pour choisir ses types et ses objets d’enthousiasme. Les libéraux s’enthousiasment encore pour la Pologne, sans songer que leurs secours ne feraient qu’aller en aide d’une aristocratie insupportable. Évidemment tout ce vieux parti romain était odieux, gothicpic, absurde, ridicule môme dans sa décrépite et opiniâtre vieillesse.

Quand je vois des esprits que je suppose peu étendus s’occuper de philosophie avec une certaine prise de tête, cela me fait peine et m’inspire du dégoût. Par exemple, ces bonnes gens que je vois

CAHIEIIS DE JEUNESSE.

discuter en Sorbonne. Cela sc revêt alors pour moi d’une couleur sénile, et comme c’est mon bien, mon alTaire propre, jugez de l’horreur. Mon Dieu ! il est sûr que dans l’homme médiocre la contention spéculative a une couleur très misérable ; on est tenté d’en hausser les épaules et de dire ; Pauvres gens, qui s’échauffent ! qu’importe au monde! Dans l’homme supérieur, même qui fait fi de l’action extérieure, il n’en est pas ainsi, et d’ailleurs laissez le ridicule, il ne prouve rien. Le rôle de fmisl est en tout le plus commode et le plus à couvert dit ridicule : aussi tant de gens aiment-ils à s’y réfugier. En vérité, là est ma tentation : car ce Faust sc pose nécessairement en supérieur à ceux dont il rit : or qu’il est affreux de soupçonner quelque chose de supérieur à soi ! du moment où on en a l’idée, on est invinciblement entraîné à s'y mouler. Il faut du sérieux et de la bonne foi pour ne pas prendre ce rôle. Et remarquez que les hommes d’aclion tombent bien moins sous le coup de ce rire que les hommes de spéculation : plusieurs croient s’échapper par là, et font fi du savant pour s'imaginer qu’en agissant, en cherchant à être ministre par e.\cmple, ou mieux encore en jouant un grand rôle d’opposition, il échappera

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aux étreintes de Faust. En effet, les rieurs mesquins ne rient que des savants, mais [non] des flambards du monde; mais les rieurs fermes et supérieurs rient de tout cela de la même manière : un ministre est pour eux tout aussi dupi> de luimême (|u’un savant. Ainsi donc tout est risible, et c’est par ici qu’expulsé de mon type j’y rentre par une hardiesse remarquable, et qui dans mille circonstances m’a servi de principe de solution : car si tout est risible, le penseur ferme et froid, le Gœthe olympien qui rit de tout ne saurait l’être : donc le penseur est au-dessus de tout et ne peut être ri. Ainsi je rattrape mon idéal j)ar son sommet, après l’avoir lAcbé un moment par sa base (la .science) ; or, comme en cet idéal tout SC tient, et que la base est condition nécessaire du sommet, en reconquérant le sommet, je reconquiers par là-même la base, au lieu qu’en tenant la base seule et abstraitement, je ne serais pas sûr d’avoir le sommet.

Loi des transitions insensibles se retrouvant dans les nuances des sectes religieuses et philosopbiques. Par exemple, le christianisme a un centre

ferme, fort et très individuel, puis sur les bords il expire par teintes mourantes, et il y a telle secte qui touche soit au naturalisme, soit même à des doctrines fatalistes et funestes, par exemple le socinianisme. Ckî dernier trait est remarquable: car c’est tout l’analogue de l’histoire naturelle où les fonctions se font souvent par des parties assez infimes et par plusieurs points : aussi le christianisme se joint et au plus haut spiritualisme et au dernier fatalisme par des nuances délicates. — Réunir ceci à tant d’antres analogues.

lOH.

Nous avons besoin qu’il y ail un être, de qui nous puissions porter l’affirmation de tout ce qui est beau, dans sa fermeté, et sans restriction, dont nous puissions dire, par exemple, cela est beau, donc il l’est; cela est plus beau, donc il l’est; cela est bon, item. Cet être est Dieu. De là la nécessité de Dieu pour l’homme, au moins comme idée.

Non, ces feuilles ne contiennent pas la plus belle partie de moi-même, celle qui s’enflamme.

HOI-MÉME

s’idéalise, à la pensée de certaines choses, de ma douce, faible, et pensive enfance par exemple. Oh I alors j’éprouve des sentiments qui dépassent toute expression, et je n’essaie même pas de leur en donner.

Bizarre privilège accordé aux anciens de tout dire, sans qu’on s’en scandalise. Si un moderne était ordurier comme Catulle ou Properce, on vous le balaierait de la bonne sorte, et on a vu de bons moines, de respectables ecclésiastiques, etc., consacrer leur vie à l’élude de ces dégoûtantes priapées. C’est fort bizarre, et encore aujourd’hui, on voit nos Rollins-singes les prendre pour leurs auteurs de goût. Cet élève de l’École Normale qui s’en va leur dicter de mémoire, par fanfaronnade de goût antique, une élégie de Properce.

Supposé que nous n’eussions que la vue, nous percevrions par la vue éduquée, les trois dimensions ; mais nous ne percevrions proprement que

deux dimensions, et conclurions la troisième. — Les deux premières seraient naturelles, la troisième perception acquise. (Cf. Reid.)

Trois phases de la science : syncrétisme, analyse, synthèse. Dans la première, on est en un sens plus près de la perfection que dans la deuxième, car on proclame l’unité, et on est

complet

A est le point de départ, C

le point de perfection, B l’analyse, et A est plus près de C que B quoique relativement au chemin à faire, B .soit plus près. — Du reste, l’analyste peut aussi se rapprocher du vrai ; il n’est pas lié à l’erreur, et voici comment. Prenons l’exemple de l’école écossaise, sur laquelle voici mon éclectisme : l’Écossais dit : Ceci, cela, ceci, cela, donc il y a quatre ou cinq dans l’esprit humain ; Vapriorisle dit du premier coup : Non, il y a un. L'(iprinri.<ite est en un sens plus près du vrai, mais l’Écossais est plus près du vrai si en s’en tenant à ses ceci, cela, il ne les présente que comme des uenVes de méthode ; dans l’état actuel de la science, il y a ceci, cela, mais je déclare par

MOI-MÉME

une vue a primi et qu’il me serait impossible de léfîilimer actuellement, que tout cela est un. Ce [illisible] sauve tout; car si l’Écossais distût: l’esprit humain est comme cela, ce serait affreux et l’fipnon.s/eaurait beau jeu. Mais qu’il dise au sens du chimiste: pour moi, il en est ainsi, et atlendon.'y que nous arrivions là. Ainsi les uns ont raison comme principe, les autres comme méthode.

L’écleclismc règne dans tout cela, et voit que tous ont raison et que tous ont tort.

De la mauvaise science étymologique des rabbins, etc., rapprochez le Cratyle de Platon, par exemple celle de hIt/çI; et surtout dans les lois de Manou, livre V, o'i, une curieuse étymologie du mol qui signilie chair, en sanscrit.

Les hommes ne dilTèrent réellcmeul ou supérieurement que par l’idéal qu’ils ont posé à la vie. Ainsi l’un, la pâle science, l’autre, la science vitale ou philo-sophique, etc. — Là sont les degrés hiérarchiques des hommes. J’ai éprouvé

ceci en lisant Galien-Arnoull qui comprend les choses bien plus paiement et moins viUilement que moi. Quand ma pensée est obscure, j’aime à ajouter à la suite l’endroit de ma lecture qui l’a suscitée, afin de la ressusciter en relisant ou en me ressouvenant.

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