‹ Calas, mélodrame en trois actes et en proseChapitre 27 sur 54 · CALA · texte numérisé non relu

CALA

Grand dieu ! d'où vient ce tumulte?

wad. calas , courant vers Pauline. Ma fille !

Edouard , se précipitant vers Calas qui parait vouloir sortir. 0»» Arrêtez, ne vous montrez pas.

m. et Mad. calas Edouard !

EDOUARD et PAULINE

. Silence!

JACOB

Ah ! mon cher maître, nous sommes perdus !

wad. CALAS.

Juste ciel! [à son mari. ) Ah ! mon ami, ne livre point mou fils.

calas.

Livrer mon fils I jamais , jamais.

( Des coups violens retentissent tout au dehors. jeankette, entrant.

Ah! Monsieur, on veut enfoncer les portes , on veut briser le* fenêtres.

( On entend les clameurs , les vocéférations de la populace. L'effroi de la famille Calas est au comble • on marche , chacun semble chercher un mqr^r- de salut. Tout- à-coup un bruit affreux de fenêtres enfoncées , de vitres brisées , se fait entendre. Tous les personnages poussent un cri d'effroi. Madame Calas se j'ète dans les bras de son époux , Pauline se presse près d' Edouard , Jeannette tombe sur un siège } Jacob est au fond. Moment de silence. On écoute avec inquiétude : le bruit diminue. )

JACOB

Il me semble que Ton s'éloigne.

( On entend le briùt des armes des soldats qui sont censés arriver devant la porte , et dissiper la foule. Jeannette se lève et se rapproche de son père. )

JEANNETTE , CCOUhlllt.

Oui, oui, rassurez-vous , M. Calas. J'entends mareher comme si cJe'tait des soldats.

tous.

Des soldats !

JEANNETTE

Et puis une voix a cric. . . retirez-vous ( elle ccoule) oui, retirez-vous.

CALAS

C'en est fait, notre malheur est connu. Edouard, avez-vous vu le pasteur? nous reste-l-il eucor quelque espoir?

EDOUARD

Non, mon ami, votre infortune est au comble, elle surpasse tout ce que votre imagination elîrayée peut créer de plus épouvantable. Je ne sais quelle voix , quel démon acharné à votre perte, a réve'lé la mort de votre fils.^La haine, l'ignorance, la fureur, aussitôt Tout entourée des plus atroces circonstances. Les Çapijfpuls sont instruits, on s'assemble à lhôtel-de-ville, et l'on s'apprête à vous porter les plus terribles coups.

CALAS

Les Capitouls sont instruits ! Edouard , c'en est assez , notre pert« est certaine^ Oui , tout ce que les hommes peuvent éprouver d'opprobre , va tomber sur un vieillard, sur une mère, sur une fille innocente. Ils attacheront à t'échafaud le corps de mon (ils, ils abreuveront d'ignominie sa famille expirante] Amis, païens, patrie, il faudra tout abandpjmerj il faudra fuir et nous tramer jusque dans ua désert , pour y mourir de honte , de douleur et de misère 1

edouvhd.

Ah ! vous ne prévoyez pas encore. . .

PAULINE

Edouard. . .

EDOUARD

Oui, mes amis, il faut fuir; c'est votre seule, votre dernière ressource. Fuyez: ma famille vous ouvrira un asile à Bordeaux* moi même je vous conduirai dans ses bras, je ne vous quitterai jamais, J^l, suis votre iils , l'époux de Pauline; notre sort est inséparable. Venez , venez, mon ami. . . mon père; à la faveur de la nuit, voua pouvez encore traverser la foule, ou bien par le rempart. . . D'ailleurs, aucun ordre ne peut êire donné... Venez, nous tenterons

tOUt. • PAULINE.

Oui, mon père, venez.

CALAS

Que faites-vous, grand dieu ! et mon épouse?

EDOUAKD.

Elle ne vous quittera point.

Mad. CALAS.

Et pourquoi donc sortir de cette maison? Qm veillera près dn torps de mon fils? qui suppliera les magistrats d'avoir pitié de lui?

JACOB et JEANNETTI.

Nous, madame.

EDOUARD

— -Songez qu'on peut vous pri\er de votre liberté, tous le'oarer ci* votre époux. (^

Mad. CALAS.

De mon époux !

calas.

Mai», Edouard. . .

EDOU » RD.

„*» Au nom du ciel, ee'dez à ma prièie.

PAtJJNE.

Mon père , si vous m'aimez, si vous avez pitié de mon sort, Iaissegvous guider par Edouard.

CALAS

Vous voulez. . .

tau; ijnk , edotjard , jacob et jeantvltte, avec la plus grande

chaleur.

Nous vous en supplions.

Biad. calas, avec surprise.

Quoi! tous !

CALAS

Quel mystère!

EDOLARD.

^ Un seul instant de plus petit ;>clie\er votre perte.

Mad c\las.

Sa perte! ( A Pauline. ) Ton père court-ii d'autres dangers?

PAULIINE.

Oui , ma mère ,• il y va de sa vie.

Mad. calas.

De sa vie! partons, (se retournant.) Mais mon fils?. . Ah! partons. (Des pas précipités fe font entendre»]

EDOUARD

Silence!

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