VILLE D SEL
yVrchives - Archief
LAURENT
Si fait !. . ouvrez-moi donc. . . j' vous apporte de bonnes nouvelles!
JACOB
De bonnes nouvelles!., attends je vais prendre la clef de la grille. (Il entre clans la maison et ressort de suite, )
LACHENT.
De'péchez-vous papa Jacob: j' brûle d' vous embrasser, et manv zelle particulièrement.
jacob, tenant une grvsse clef.
Ce pauvre gaaçon !.. et Jeannette qui ne se cloute pas. . . ( Il rit tout en allant ouvrir. ) Ah ! ah ! ah ! elle va être d'une joie ! oh ! oh ! oh! ( Il ramène Laurent en riant.)
LAURENT
Serviteur, papa Jacob -? permettez que je vous accolade-
JACOB
Volontiers, mon garçon . volontiers. ( Ils s'embrassent.)
~ LAURENT
Comment que s'porte mamzelle Jeannette, votre fille, ma future?
JACOB
Comme toutes les jeunes filles qui n'attendent que le jour des noces,
Laurent, consterné.
Àh i mon dieu ! est-ce qu'ail' aurait attrapé la fièvre?
jxcob.
La fièvre ! point du tout, elle se porte à merveille; elle rit, chante, et babille toute la journée.
LAURENT
C'est-y possible?. . Eh ben, moi, M. Jacob, l'amour me fait un effet tout contraire. Voyez... j1 desséche sur pied... dame! aussi, d' puis trois mois que j' n'ai vu mamzelle Jeannette. .. c'est boa . long, pour un jeune homme naturellement sensible!
jacob. m ï-
Ah ! que veux-tu, mon ami ! avant tout, le devoir J Tu as quitté ton pete pour aller soigner un vieux parent malade: c est une actipn méritoire, ei ton absence ne t'a rien fait perdre dans le cœur : de ma fille. D'ailleurs, tu es un honnête garçon, un fort bon jardinier. M. Edouard, ton jeune maître, m'a dit encore beaucoup! de bien de toi avant son départ pour Bordeaux, ^pq tu sais qu'il est i ailé chercher le consentement de sa famille, pour épouser nojre ieune et charmante demoiselle. Eh bien! prends patience, et compte • sur ma parole, i es noces avec Jeannette se ieront le même jour • que celles de M. Edouard avec Mademoiselle Pauline.
LAURENT
Fli ben, pour lors, papa Jacob, v'iù que je cosnmence à voir l'aurore d' mon bonheur !
i JACOB.
Oh! ça, dis-moi maintenant quelles sont les bonnes nouvelles que tu as à m'apprendre ?
laurest, fort tristement.
D'abord, M.Jacob, la première, c'est que mon encle est mort.
Ah!. . ce pauvre homme !
Laurent, s' 'essuyant les jeux.
Ah ! mon Dieu oui... ce cher homme!.. Grâtcs au ciel, nous avons eu 1' malheur de l' perdre il y a irois jours.
JACOB
Ce que c'est que nous !
; LAURENT
C'est c' que j'ai dit. . .clame ! aussi , y n' pouvait pas aller ben loiii£, d' puis qu'y s'euit mis su' 1' pied d'avoir une attaque d'apoplexie tou' s les s' maines.
JACOB
D'apoplexie ?
LAURENT
Oui, d'ap... d'apoplexie... les médecins l'ont tant saigné, pour l'empêcher d* mourir, qu'y n'a pus eu la force d* vivre. C n'est pas l'embarras, il faut et' juste : c'est une belle cure qui s'ont faite là ! Aussi y s'ont ben dit tous: qu' si y n'en était pat; mort de c'te fois là , il aurait p' t' et' pu vivre encore comme ça qucuqu' leras î
JACOC.
Comme c'est malheureux ! . à fleur de son âge !
L UKE.M' .
Soixante sept ans. . . moi-, vous pensez ben, j' suis ben vite rev'nn à Toulouse . Dam ! mou jardin , -mamzelle Jeannette , et vous, c'était ben faw pour m' donner des jambes. .. mais c' n'est pas tout, et v'ià l>en un a<u' bonheur su' quoiqu' je \V comptais pas sitôt. Comm« j'arrivais d' mon coté ù la maison , M. Edouard arrivait du sien.
Comment ! monsieur Edouard e*t arrivé?