SCENE IX
LE CAl'ITOUL , CM AS , Madame CALAS , PAULINE, JACOB Jfc-W NETTE , Juges , Assesseurs, Gens de justice-, liuissii/rs et Soldais , Peuple.
iwad. e\L\s, h part.
O ciel ! que signifient et. s ordn s?. . ces apprêts?
L CAPITOUL
Madame , je vous invite, au nom du conseil à vous reiirer niusi cpie mndemois' lie. ( Toutt y deux se rapprochent de Calas et le regardent avec effroi.) Vous m'av^.cniemlju, veuillez vous éloignes.
tu ad. cahs.
Non, monsieur, ma fille et moi nous resterons. Je vous déclare nue je n'abandonnerai piurl^mori éuosa. comme lui je suis innoeen e. Jean Calas, \i
coupable ! no* senti mens, nos actions sont les mêmes! nous ne devons rien séparer dans notre sort ! si vous le condamnez, toute la famille marchera au supplice ! . . viens, ma fille , entourons deuos bras le corps de ton pçrc ! [ Elles l'embrasant. ) Monsieur le Capitoul me voira : prononcez! le même coup va nous frapper tous les trois! ( Le Capitoul parait ému; tous les Juges Jont un mouvement qui
marque la compassion. ) calas , avec chaleur» i Et bien , monsieur?
LE CAPITOUL
Persistez-vous à«nierle crime dont vousète6 coupable?
CALAS. „ H>l ^ -
Je n'ai puim comtnîs de crime, ^ion cœur et mes mains sont purs, mais . hélas! vous allez peut-être en commettre un bien grand !
LE CAPITOUL
Persistez-vous également à taire le nom de vos complices?
CALAS
Eh ! s'il nV\istc point de crime, comment se pourrait-il qu'il y eût dcà complices?
LE CAPITOUL
Ainsi, vous repoussez, par un silence coupable, la clémence du ciel tt l'indulgence des hommes.
Je les implore, au contraire: le plus juste en a besoin. Mais vous, Monsieur , bougez ainsi que moi que Dieu vous voit, et qu'il va vous entendre.
LE CAPITOUL
Ecoulez votre jugement.
( Un Jupe s'approche > et remet le jugement au Capitoul, qui le déploie lentement et comme avec effroi. Calas attend , les jeux élevés ras le ciel y sa femme et sa jille , pressées contre lui, l'implorint avec ferveur. Jacob et Jeannette semblent aussi prier de Vautre côté de la salle. )
m ad. calas . d'une voix affaiblie,
O mon Dieu! tu sais qu'il est innocent; détourne de lui la mort.
{Le Capitoul avance quelques pas , et semble hésiter un moment,
puis il lit. ) »
le capitoul , lisant.
or Le tribunal assemblé, ayant reconnu qu'un meurtre a été comi, mis sur la personne d'Antoine Calas ; que la cause et les circons- » tances de ce meurtre lui ont été révélées par le témoin Ambroise, » sous la garantie du serment, et qu'il résulte des dépositions qu'au- » cun antre que Jean Calas n'a pu exécuter ce crime ; le tribunal, » à la majorité de sept voix contre cinq , condamne Jean Calas à » la j eine capitale. »
( Il rend le papier au /âge ; 3lad. Calas, Pauline , Jeannette et Jacob jetunt un cri de douleur y les deux premières tombent aux genoux de Calas, baisant, ses mains qu 'elles tiennent . et suffoquées j)i.r les sanglots, )
îuad. c\as ci pauline, ne pouvant s'exprimer. Cher époux I . . mon père ! . .
le capitpul , plus rapidement.
« Et attendu les menaces de quelque.1 factieux , dont le parlement » est instruit j ordonnons que le. condamné j^era conduit à l'instant » au supplice [!\I d. Calas et Pauline se relèvent, a mesure qu'il h parle, au comble du désespoir et de t effroi. ) et que les ma- » gistrats resteront assemblés jusqu'au moment où la cloche du » beffroi annoncera la mort du coupable. » ( A deux Officiers. ) Exécutez les ordres du tribunal. ( Mouvement général. )
wad. CALAS* Il est donc vrai î. . ah ! je te suis à la mort . . rien au monde ne t'arrachera de mes bras! . . lebourrea i n'osera pas le 'frapper sur mou sein.
CALAS
Grand Dieu ! . . O chère épot^e , que fais-tu ?.. où donc est ton courage ? ta noble résignation ?. . I/m»t*n4 est verui pour nous tt'accourplir les plus grand? , fr* plrrs suWimes devoirs que l'éternel -prescrive aux hottuuaa! • . ■4&têpiBfpm trépas il iwyiy tiwjo \v serviront d'exemple, que cette idée noire remplisse de tonte la force de Dteu niowto.! M pour supporter les dernières douleurs de ce monde , regardons dans l'éternité!. . je vais avec mon liis y préparer ta place.
LE CAPITOUL
C'est assez différer; qu'on le mène au supplice.
CALAS
Ah • laissez-moi les embrasser pour la dernière fois. (Jacob et Jeannette se précipitent vers lui, et baisent ses mains cpiil tend avoc affection.) Adieu... adieu, mes amis... ma fille... mon épouse. . . mon Dieu , protège ma famille. . . je défends à Edouard de chercher à venger ma mort. Je pardonne à mes ennemis. . * je pardonne à mes juges... puisse le ciel leur pardonner aussi. . . allons... Pauline , soutiens la mère... adieu... adieu. ( // veut sortir pendant que sa femme est presque évanouie dan*
les bras de Pauline. ) PAlU 1*12.
Ma mère! . on l'entraîne! . . ah !..
Mad. calas, rappelée à elle , courant à son époux. Arrête!., arrête! ..
Grand Dieu !. ..
PAULIN T
Mon père!..
CALAS
Au nom du ciel, ahregez mon supplice!
{On sépare de, forcé Calas et sa famille, et on Venir aine: ilvasst sur la place derrière les fencir s de la salle J u! ce terni,
le Capitoul et les juges rentrent dans la chambré du CqhsvH, et les soldats se retirent. Jacob a suivi son maître. Pauline et Jeannette ont place dans unj.auteuil'Mad. Calas, qui est saut
connaissance. Pauline est a ses pieds , la tient appuyée sur ses genoux; et Jeannette, derrière elle , tient son mouchoir ou son tablier sur ses yeux. C'est alors qu Ambroise , agité par une terre r secrète , paraît au fond de la salle , entre et s'avance en regardant le groupe des trois femmes, dont il nJest point aperçu ; lorsqu'en m*m° tems un commissionnaire tenant une lettre, parai' sur la place et regarde dans la salle au travers des jenêtres.)