‹ Calas, mélodrame en trois actes et en proseChapitre 7 sur 54 · LAURENT, JEANNETTE · texte numérisé non relu

LAURENT, JEANNETTE

lâchent , à part , tan Us que Jeannette reconduit son père. Tant besoin tV consolât ïôn.. .* ( Courant prendre Jeannette par la main. ) magn'zelle Jeannette.

JEANT.ETTE.

Heim?

LAUREI.T.

Qu'est-c* que Monsieur vot* papo veut donc dire, avec ces consolations. . . est-ce qu'il serait arrivé queuqu' malheur à c'bon monsieur Calas, ou ben à queuqu'un d' chez lui?

JEANNETTE

Âhî mon dieu* , mon pauvre Laurent, nous n'avons eu que du chagrin d' puis qit* t es parti. .I1 n'ai quasi pu ri , et j" crois en vérité qu'on a jeté queuq \ sort su' nol* maison. C'est pour t' conter tout ça , que j'ai laisse aller mon pète.

LACHENT.

Vous avezben fait, rham'ieUe Jeart nelie : quoiqu'y a donc d'arrivé?

JEANNETTE

Dam ! y a. . v a ben des choses, vois-tu, d'abord . monsieur Cala» a d's'enneinis dans Toulouse.

LAURENT

Ah î j' sais ben ça , comme mon maît'. Dam ! y s'ont leux croyance, leux manière d' penser. . . cl j'ai entendu dire que çà n* plaisait pa# au Capitoul.

JEANNETTE

,L'Capitoiîl! . . . Sais-tu c' que monsieur Calas dit d' tout çà ?. . y dit que 1: Capitoul , au lieu de s'mèier d' chose qui ne r "gardent qu' la conscience d' chacun , fiait ben mieux d* rendre la justice comme T roi veut qufbn Sa rend-; égale pour tout 1' monde, sans distinguer ni qui , ni q i'eM-ce, ni c' que p-.nsc celui-ci , ni c' pense celui là; que Dieu seul a c' droit là , et que c* n'est pas h un magiï»tratd* persécuter ceux qu'i n'aime pas, pour favoriser les uns au détriment «le» autres.

VILLE L-:i ; j3S2L

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LACHENT

Y dit ça ?. . il a p* têtr' bon raison.

JEANNETTE

Tiens , Laurent} j* nons pas, ni toi ni moi, la même croyance <ju' nos niait's , cl j' prie tous les jours L* bon Dieu d' les ramener dans la vraie foi. . . Mais si tons ceux i|ui les calomnient, voyaient comme moi leur borné, leur douceur, Jeux tendresse pour leux enfans , et puis c'te probité dans leux négoce , c/te ebarité pour tous les pauvres, et la piété qui s'ont dans leux r'ligion. . . Va, c'te famille-l.\ Trait ben putot un exemple de vertus, qu'un objet de scandale , comme ils crient tous.

LAURENT

Eh ben ! eh ben ! fath les laisser crier ; les médians y sT font queuqu' fois pu d' mal à eux qu'aux aut's.

JEAN NETTE

Queuqu' fois, mais pas toutours. El puis , mes pauv's maîl's ont un aut? chagrin pu terrible que tout ça. Tu sais ben not' jeune homme, monsieur Antoine, 1' frerc d' mam'zelle Pauline.

L \UHENT*

Pardi ! Y fils d1 monsieur Calas.

JEANNETTE

L'y même. . . un beau garçon.

LAlRENT.

Et qu'est savant comme un docteur.

JEANNETTE

Enfin, 1' pus bel espoir d' la famille.

lacrept.

Eh ben ! quoiqu'il a aussi , lui? . ♦

JEANNETTE

On n'en sait rien.

LAURENT

Ah!

JEANNETTE

Tu t' rappelé qu'il était déjà un brin sauvage. . . comme qui dirait mélancolique?. . mais c' n'était rien , et ça n' l'empêchait pas d'ët' aimable comme toute sa famille . . • Eh ben, mon pauv' Laurent, monsieur Antoine^i'est pus r'connaissabe. . .

LAURENT

Bah)..'.

JEANNETTE

D'puis qu'il a fait la connaissance d'un certain monsieur Ambroise, un grand ami du Capitoul , un méchant homme , j'en siiis sûre : car il le porte sur sa mine. . il est changé du tout au tout} et j' croira» presque, dieu m' pardonne , qu'il a été ensorcelé.

LAURENT

Ensorcelé!. .

JEANNETTE

Dam ! . . .

LACHENT.

Ça s' pourrait ben ; ça c'est déjà vu.

JEANNE l Ta.

Figures-toi qui nJ mange, ni n' boit pus.

LAURENT

Ali .' mon dieu ., qui doit être maigre.

j w \ETTE.

Dèsl' jour y sort, et quandy rentre, c'est pour s'enfermer tout seul, [lest triste, sombre... ça fait trembler. Tu pense ben qu' la famille est dans la désolation. . . On donnerait tout au monde pour savoir ce qu'il a.

LAURENT

Pardi ! . . . s'il est ensorcelé . . .

JEANNETTE

Pour moi , ) suis sûre qu' c'est queuqu' malin tour, qnouq'!' machinations d' la part de c' méchant Ambroise j et la preuve d* ça, c'est qu'il a l'air de s' cacher pour v'nir voir not' jeune homme; qu'il a toujours peur d' rencontrer queuqu' aut' personne d' la famille; et qu'à son air en d'ssous, on voit q»'y a là-d'dans du mystère, du mie-mac I

( Ambroise descend la montagne , et voyant la grille ouverte, il entre et s'avance lentement en regardant d'un air d'inquiétude. ) 's*

'SCEJfE IV. /

Les Précédens , AMBROISE-

jeannette, continuant de 'parler , sans voir Ambroise. Tiens, j' voudrais pour queuqu' chose qu' tu visses c7 vilain caffard , avec son regard faux , sa bouche qui fait semblant d' rire , se» révérences jusqu'à terre, et sa ligure d' reprouvé, malgré son air patelin. . . ""■-

ambroise, s' arrêtant h quelques pas de Jeannette, et saluant bien

bien bas avec un air doucereux.

, Bonjour, ma chère enfant.

jeannette . se retournant.

Ha !

AMBROISE

Comment , Jeannette , est-ce que je vous fais peur? je n'ai jamais que des desseins honnêtes, des inteutionspures.

JEAJNAETTE.

Ça s' peut ben , Monsieur.

LAt/BENT , qiiil'examin Mam'zelle Jeannette, c'est-y pas 15 vol' monsieur Ambroise ?

JEANNETTE

Oui : rgarde-le ben.

Jean Calas. U

LAURENT

J' l'ai r'connu, rien qu'à sa façon.

AUBtiQlSBi j

Votre jeune maître est-iï visible?

JEANJNETTE.

Ma fin ! monsieur, je n' sais pas. Si vous voulez entrer dans la maison. . .

AMBEOISE.

Moi , moi. . je pre'fère l'attendre ici. Veuillez seulement lui dire qu'Ambroise, son ami, s'est rendu à son de'sir.

JEANNETTE

Ah ! c'est noi' jeune maître qui vous d'mande ! j' vons tout d' suite ]y dire qu1 vous êtes là.

Laurent, a part.

A-t-y ben la mine fausse.

jeannette 9à Laurent.

Viens, \iens, Laurent j je n' veux pas qu' ti* restes avec c't homm*-là.

Laurent.

Pardi ! j' n'ai garde ! ( Il reprend son paquet , son bâton et entre avec Jea nette, dans la maison. )

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