‹ Calas, melodrame en trois actes et en proseChapitre 10 sur 65 · LAURENT, JEANNETTE · texte numérisé non relu

LAURENT, JEANNETTE

LAonn^'T , à part , tandis que Jeannette reconduit son ptre. Tant besoin d' consolation ... ( Courant prendre Jeannette par la main. ) raara'zelle Jeannette.

jean::ette.

Heim?

LALT.ENT.

Qu'est-c' que Monsieur vot' papa veut donc dire, avec ces consolations. . . est-ce qi il s» rait arrivé quenqn' malheur à c'bon monsieur Calas, ou ben à queuqu'un d' chez lui?

JEA^ NETTE.

Ahî mon dieu, mon pauvre Laurent, nous n'avons eu que du chagrin d' puis qu' tes parti. J' n'ai quas: pu ri, et j' crois en vérité qu'on a jeté quevjqu' sort su' nol' maison. C'est pour t' conter tout ça , que j'ai laissé aller mon père.

LACHENT.

Vous ave? ben fait , mam'zelle Jeannette : quoiqu'y a donc d'arrivé?

JEA>NETTE,

Dam ! y a. . y a ben des choses, vois-iu, d'abord^ monsieur Calas a d' s'ennemis dans Toulouse.

LAURENT

Ah ' j' sais ben ça , comme mon mail'. Dam ! y s'ont leux crovance, Jeux manière à.' penser. . . et j'ai entendu dire que çà n' plaisait pas au Capitoul.

JEANNETTE

L" Capitoul ! . . . Sais-tu c" que monsieur Calas dit d' tout çà ?. . y dit que i' Capitoul , au lieu de s'mèler d' chose qu ne rgardent qu' la conscience d' chacun , Trait ben mieux d' rendre la justice comme 1' roi veut qu'on la rende; égale pour tout 1' monde; sans distinguer ni qui , ni quest-ce, ni c' que pense celui-ci ^ ni c' pense celui-là; que Dieu seul a c' droit là , et que c' n'est pas à un magistrat d' persée uer ceux qu'i n'aime p8>s, pour favoriser les uns au détriment cUi autrgs.

Y (iii Cil ?. . i! a p' lètr hen raison.

JEANNETTE

Tiens , Laurent, j' nons pus, ni loi ni moi, la même ciovanre qu" nos niaU's , tl j' prie tous los jours i' bon Dieu d' les raniener dans la vraie foi. . . Maïs si tous ceux qr.i 1. s calomnient, voyaient coKime moi leur bonté, leur douceur, leux tendi esse pour leux enfans , et puis c'te probité dans leux négoce , c'ie charité pour tous les p;.uvres, et la piété qui s'ont dans leux l'iigion. . . Va , c'ie fair»illc-ri Trait ben puiôl un exemple de vertus, qu'un objet de scandale , comme ils crient tous.

LAUr.ENT.

Eli ben ! eh beni faut les laisser crier j les méchans y s' font qiletiqu' fois pu d' mal à eux qu'aux aut's.

JEANNETTE

Çnenqu' fois ; mais pas toulours. Et puis , mes paav*s maîi's ont un a;u' chagrin pu terrible que tout ça. Tu sais ben noi' jeune homme, monsieur Antoine, 1' frère d' mam'zclle Pauline.

LAUr.ENT.

Pardi ! 1' fils d' monsieur Calas.

JEANNETTE

L'y même. . . un beau garçon.

LAURENT

El qu'est savant comme un docteur.

JEA^^ETTE.

Enfin, 1' pus bel espoir d' la famille.

LACRENT.

Eh ben ! quoiqu'il a aussi , lui?

JEANNETTE

On n"'en sait rien.

Ahî

LAURENT

JEANNETTE

Tu t' rappelé qu'il était déjà un brin sauvage.-. . comme qui dirait mélancolique?. . mais c' n'était rien , et ça n' l'empêchait pas d'êt' aimable comme toute sa famille . . • Eh ben, mon pauv' Laurent, monsieur Antoine n'est pus r'connaissabe. . . •

LAURENT

Bah I . . .

JEANNETTE

D'puis qu'il a fait la connaissance d'un certain monsieur Ambroise , un grand ami du Capiioul , un méchant homme , j'en suis sûre : car il !e porte sur sa mine. - . il est changé du tout au loutj cl j' croirai» presque , dieu m' pardonne , qu'il a été ensorcelé.

LAURENT

Ensorcelé!. .

JE^KKEITE,

Dam ! . . ..

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