‹ Calas, melodrame en trois actes et en proseChapitre 3 sur 54 · JACOB, LAURENT · texte numérisé non relu

JACOB, LAURENT

Au lever du rideau, Laurent portant' un petitil paquet au bout cC un bâton , arrive par le rempart et s’arrête devant la grille.

Laurent , voulant ouvrir la grille Tiens ! P loquet n’ va pas. . . on dirait quasi qii’ la grille est fer rnée. . . Ah ! pardi ! y vois c’ que c'est, . . c'est qn’all 1 n’est pas ouverte. . . j’ Vas sonner. ( Il sonne et appelle en même lents. ) M. Jacob ! . . papa Jacob !

. jacob, dans ht maison. ’ '

Me voilà ! me voilà ! ( il sort du vestibule en ajustant son habit. ) Un moment, je suis à ma toilette. ( il se boutonne tranquillement..) Qui diable vient donc sonner cheux nous ? il me semble que M. Calas n'attend personne , et ... {il se retourne pour aller voir. ) Ab ! eh ! mais, c'est Laurent, je crois?

LAURENT

Oui, c’est moi que j’ suis là.

JACOB

Comment , c’est toi, mon garçon?

L4UCKNT.

En personne propre, papa Jacob.

JACOB

Ça n’est pas possible ! i

LArnKvr.

?i fai i ! ■ . ouvrez-moi donc . . . j’ vous apporte de !>onne» nouvelles ]

De bonnes nouvelles ! . . attends je vais prendre la clef de la grille. CH entre dans ta maison et ressort Je suite. |

LACHENT.

Dépêchez-vous papa Jacob.- )’ brûle d’ vous embrasser, et manivelle particulièrement.

jacob, tenant une grosse clef.

Ce pauvre gaaçon !. . et Jeannette qui ne se doute pas. . . ( // rit tout en allant ouvrir . ) Ah ! ah ! ah ! eile va Jlre d’une joie ! oh ! «h ! oh! ( Il rumine Laurent en rin ni.)

LACHENT.

Serviteur, papa Jacob; permettez que je vous accolade.

JACOB

Volontiers, mon garçon, volontiers. {Ils s’embrassent.)

t AUt ent.

Comment que s’porte mamzelle Jeannette, votre fille, ma future?

- - JACOB

Comme toutes les jeunes fitles qui «‘attendent que le jour des noces. lauren r , consterné.

Ah ! mon dieu ! est-ce qu’ali’ aurait attrapé la fièvre ?

J \COB

I.a fièvre ! point du tout , elle se porte à merveille ; elle rit , chante, et habille toute 1a journée.

LAURENT

C'est-y possible?.. Eli ben, moi, M. Jacob, l’amour me fait un effet tout contraire. Voyez... j’ desséche sur pied... dame! aussi, d’ puis trois mois que j’ n’ai vu mamzelle Jeannette... c'est ben < long, pour un jeune' homme naturellement sensible!

JACOB

Ah !que veux-tu, mon amiê avant tout, le devoir. Tu as quitté ton père pour aller soigner un vieux parent malade : c'est une action méritoire, et ton absence ne t’a rien fait perdre dans le cœür de ma iille. D'ailleurs, tu es un honnête garçon , un fort bon jardinier.. M. F.domud, Ion jeune maître, m’a dit encore beaucoup de bien de toi avant son départ pour B idéaux, Où tu sa ; s qu’il e»t alic chercher le consentement de sa f; mille , pour épouser notre jeune et ch rmnnte demoiselle. Eh bien! prends patience, et compte sur ma parole. Tes noces avec Jeannette se feront le même jour que celles de M. Edouard avec Mademoiselle Pauline.

LÀDI-ENT.

F.h b>-n, pour lors, pnpa Jacob, v’ià que je commence à voir Bjnrore d’ nton bonheur !

JACOB

Oh! en, dit-moi maintenant quelles sent les bonnes nouvelles q "• tt. as à m’apprendre?

lâchent, fort tristement.

D»bord, M. Jacob, la première, c’est que mou oncle est mort.

JACOB

Ah!.. ce pauvre homme ! •

lâchent , s'essuyant les yeux. 4

Ali! mon Dieu oui... ce cher homme!.. Grâces au ciel, non* avons eu l’ malheur de 1’ perdre il y a trois jours.

Ce que c'est que nous!

, . LACHENT. .

C’est c’ que j’ai dit . . . dame ! aussi , y n pouvait pas aller^ ben loing , d’ puis qu’y s’était mis su’ 1’ pied d’avoir une attaque d apoplexie tou’ s les s’ inaines.

JACOB

D'apoplexie? t» t

LACHENT.

Oui, d’ap... d’apoplexie... les médecins l’ont tant saigne, pour l’empêcher d’ mourir, qu’y n’a pua eu la force d’ vivre. C’ n’est pas l’embarras, il faut ét* juste ; c’est une. belle cure qui sont faite là . Aussi y s’ont ben dit tous: qu’ si y u’en était pas mort de c te fois là, il aurait p’ t’ êt’ pu .vivre encore comme ça queuqu’ teins !

■ JACOB

Comme c’est malheureux I . à tleur de son âge !

LACHENT. ^

Soixante sept an* . . . moi , vous pensez ben , j’ suis ben vue rev nu à Toulouse . Dam ! mon jardiu , manuelle Jeannette, et vous, c était ben fait pour m’ donner des jambes. ..mais c' n’est pas tout, et v’ià ben un aut’ bonheur su’ quoiqu’ je n' comptai* pas sitôt. Comme j’arrivais d’ mon côté à la maison , M. Edouard arrivait du sieu.

, JACOB

Comment ! monsieur Edouar J eu arrivé?

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