‹ Calas, melodrame en trois actes et en proseChapitre 37 sur 54 · EDOUARD , AMBROISE · texte numérisé non relu

EDOUARD , AMBROISE

( Ambroise sort précipitamment de la chambre de justice , et . * semble vouloir fuir: Edouard le suit.) i •'

Edouard.

Arrêtez , Monsieur, arrêtez vous dis-je.

k MBRQtSE. «

De quel droit suivez-vous mes pas ?

EDOUARD

Vous m’entendrez malgré vous. . . . ici, partout , seul , en présence de mille témoins.. . vous n 'échapperez nulle part à la vérité. . nulle part vous n’éviterez la malédiction d’une famille innocente que vous allez trainer à l’échafaud !

AMBROISE

Monsieur , est-ce une accusation que vous prétendez porter contre moi ?.. Ignorez-vous qu’en m’adressant de pareils outrages, vous les dirigez également contre la majesté du tribunal, dont la sentence va tout-i-l’heure justifier ina conduite , et condamner vos etnporte-

ntens ?

edouard.

Et sur quelles preuves le tribunal pourrait-il jamais rendre celte horrible sentence, si, par la plus exécrable accusation ... si , par votre serment sacrilège , vous ne forciez les juges a condamner sans

pouvoir, sansoser consulter leur conscience ? Les lois les plus sages deviendraient-elles jamais des armes homicides , si l’on ne voyait point des monstres tels que vous , égarer , tromper , flétrir la justice même. Avec un front d’airain , vous avez juré devqnt, Dieu de dire la vérité: j’ai vu pâlir les magistrats ! et vous , malheureux , vous avez pu sans horreur , attester qu’un père avait égorgé sous vos yeux uu fils qu'il adorait!.. Ah ! si votre parjure u» point allumé la foudre ; si la terre épouvante'e d’être foulée par vous , n’a point tremble' sous vos pas , reconnaissez' la clemence infinie de Dieu, qui laisse pneore à votre repentir .le tems de réparer le plus horrible des forfaits.

AMBROISE

C’en est trop.

' edouard. . v

Eh ! suis-je donc le maître de mou désespoir? ( primant le ton de la pribre. ) Ecoutez-moi , Monsieur , nous sommes ici sans témoins . .'C, Vous pouvez m’entendre sans rougir. . . Calas est innocent , vous le

savez Je lis sur Votre front que voit» n’eu doutez point. Lh bien !

confiez-moi la cause de votre haine ; quelles injures avez-vous, reçues de ces informés?. . Je lesréparerBi. VonS ont-ils fait quelques torts dans l’honneur , dans la fortune ? Je vous engage tous mes biens, je vous livre tout ce que je possède , et je vous jure secret éternel . . . Vous vous troublez!. . ah ! suivez sans hésiter la voix de voue conscience; venez , venez , rétracter votre coupable déposition : vous arrêterez la mort prête à frapptr un vieillard ... Le sang innocent ne retombera point sur votre tête , ne demandera pas le s être au jour du jugement terrible. . . Et moi je vous comblerai de richesses, je vous épargnerai hri horreurs d’un crime , des remords, et peut-être bientôt de la vengeance des homme*. . . Venez . venez , que la justice , que l’humanité triomphent !.. ( // veut F entrainer. )

ambroise , s’arrachant de ses mains. , ■

Qu’osez- vous me proposer?. . moi, paraître au tribunal, pour justifier Calas!., si j’y retourne, tremblez pour youR-mèinc., car ce sera pour ajouter à toutes les preuves , les offres criminelles que vous avez l’audace de me faire. ,

EDOUARD. . , • « -. .1

Ton âme est donc inaccessible aux remords , à la terreur qu’éprouvent les plus grands coupables?

AMBROISE

Je n’ai rien à redouter, le Capttoul est convaincu.

EDOUARD

Ah ! monstre.. . tu savais trop qu’il n’aurait pas manqué* de l’être.

AMBROISE

Vous accusez le premier magistrat ! . .

Edouard. ,.

Je n’accuse que toi , et c’est devant Dieu! puisque rien ne petit t’arrêter dans le crime, puisque dans ta rage aveugle tu ne^vois pas que l’ abîme où tu vas plonger Galas ne sc refermera qu’aprèst’aveit

•nglouti. Vas donc , malheureux ! cours t’y précipiter ! Mais écoute le serment que je fais. . Si le pere de mon épouse moule sur l’échafaud , les entrailles même de la terre ne pourront te soustraire à ma vengeance, et tou sang, tout ton sang me répondra du sien!

ambroise

Je cours vous dénoncer.

Edouard , l’ entraînant vers la salle de justice.

Viens , viens donc , misérable!. . . ( Les portes s’ouvrent avec irait , deux huissiers paraissent. ) Dieu !...

( Edouard et Ambroise s'arrêtent : an juge sort du tribun :/. )

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