LAURENT, JEANNETTE
Laurent , à part , tandis que Jeannette reconduit son père.
Tant besoin d' consolation. . . ( Courant prendre Jeannette par la main. ) mara'zelle Jeannette.
JEANNETTE
Heimî
LAURENT
Qu’est-c’ qne Monsieur vot' paça veut donc dire , avec ces consolations.. . est-ce quil serait arrivé queuqu’ malheur à c’ bon monsieur Calas, ou ben à queuqu’un d’ chez lui ?
jeannette.
Ah! mon dieu , mon pauvre Laurent, nous n’avons eu que du chagrin d' puis qu’ t es parti. J’ n’ai quasi pu ri , et j’ crois en vérité qu'on a jeté queuqu’ sort su* not* maison. C’est pour t’ conter tout ça , que j'ai laissé aller mon père.
t LACHENT.
Vous avez ben fait, mam’zelle Jeannette : quoiqu’ya donc d’arrivé?
JEANftBTTE, x
Dam ! y a. . y a ben des choses, vois-tu, d’abord., monsieur Calai a d’ s’enuemis daus Toulouse.
LACRBNT.
Àh ! j’ sais ben ça , comme mon maît’. Dam ! y s’ont leu* croyance, leux manière d' penser. . . et j’ai entendu dire que çà n’ plaisait pas au Capitoui.
JEANNETTE
L’ Capitoui !... Sais-tu c’ que monsieur Calas dit d’ tout çà ?. . y dit que l’ Capitoui , au lieu de s’mêler d’ chose qui ne r’gardent qu’ la conscience d’ chacun , Trait ben mieux d’ rendre la justice comme 1’ roi veut qn’on la rende; égale pour tout l’ inonde , sans distinguer ni qui, ni qu‘est-ce, ni c’ que pense celui-ci , nie’ pense celui-là; que Dieu seul a c’ droit là , et que c’ n’est nas à un magistrat d' • persécuter ceux qu’i n’aime pas, pour favoriser les tins au détriment des autres.
LAURENT
Y dit oa ?. . il a p* têtr’ ben raison.
* JEANNETTE
Tiens , Laurent , j’ nons pas , ni toi ni moi , la même croyance ou’ nos niait’* , et j’ prie tous les |Ours l bon Dieu d les ramener dans la vraie foi.. . Mais si tous ceux qui les calomnient, voyaient comme moi leur bonté , leur douceur, leux tend. esse pour leux enfans , et puis c' te probité dan» leux négoce c te chante pour tous les pauvres , et la piété qui s'ont dans leux rl.g.on. . . Va c le famille-là Trait ben putôt un exemple de vertus, qu un objet de scandale , comme ils crient tous.
LACHENT.
, Eh ben ! eh ben! faut les laisser crier ; les méchans y s’ font queu-
au’ fois pu d’ mal à eux qu’aux aufs.
1 jeannette.
OueuqtT fois, mais pas touiotrrs. Et puis , mes pativ’s nwit’s ont un aui’ chagrin pu terrif.le que tout ça. Tu sais ben not jeune homme, monsieur Antoine , f frere d’ mamelle Paulme. .
LACHENT.
Pardi ! P fils d’ monsieur Calas.
jeannette.
L’y même. . . un beau garçon. -
LACHENT.
Et qu’est savant comme uu docteur.
* jeannette.
Enfin, T pus bel espoir d’ la famille.
LACHENT.
El* ben ! quoiqu’il « aussi , lui?
■ JEANNETTE. ■
On n’en sait ritn.
LACHENT.
Alt! • '
' JEANNETTE
Tu t’ rnpnèle qu’il était déjà un brin sauvage. .\ comme qui dirait mélancolique? . - mai» c’ n’é.a.t rien, et ça n’ 1 empêctia.t pas d et aimable comme toute sa famille ... Eh ben, mon pauv Uurem, monsieur Antoine n’est pus r’connatssabe . . .
LACHENT. - ,
Bail!...
, jeannette. . .
D'puis qu’il a fait la counaissance d’un certain monsteur Ambro^e , un ifraiid anti du Capitoul , un méchant homme , j en suis sûre . c.< » ml .'..'a «. changé du a» .on. , « .
presque , dieu m’ pardonne , qu’il a ete ensorcele.
LACHENT.
* ■ Ensorcelé I .*>
jeannette.
Dam !...
i Gooale
Laurent.
Ça »’ pourrait ban ; ça c'est déjà vu.
JEANNETTE
Figures-lot qui a' mange, ni n’ boit pu».
LAURENT
Ah! mon dieu , qui doit être maigre.
jeannette.
Dès l’ jour y sort, et quand y rentre , c’est pour s'enfermer tout seul. Il est triste, sombre... ça fait trembler. Tu pensa ben qu' la famille est dans la désolation. • . On donnerait tout au monde pour savoir ce qu’il a.
LA un SNT.
Pardi !... s’il est ensorcelé. . .
JEANNETTE
Pour moi, j' suis sûre qu’ c’est queuqu’ malin tour, queuqu’ machinations d’ la part de c’ méchant Ambroise ; et la preuve d’ ça , c’est qu’il a l’air de s’ cacher pour v’nir voir not’ jeuue homme; qu’il a toujours peur d’ rencontrer queuqu’ aut’ personne d’ la famille; et qu’à son air en d’ssous , ou voit qu’y a lk-d’dans du mystère , du mio-mac !
( Ambroise descend la montagne, et voyant la grille ouverte, il entre et s'avance lentement en regardant d'un air d'inquiétude. )