‹ Calas, melodrame en trois actes et en proseChapitre 8 sur 54 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

< AMBROISE, seul.

I,e jeune Calas m’a fait demander, j’en augure assez bien... aurait-il enfin le courage, ou plutôt la faiblesse de céder aux larpies d’Ilortinsc , aux sollicitations de sa famille, que je fais agir plus qu’elle ne pense , et surtout à mon ascendant?... Oui, les combats qu’il se livre à lui-même durent depuis trop long-temps , pour ne pas toucher à leur terme : puisqu’ils n’ont pas étouffé l’amour, l’a mour saura triompher ; et pour obtenir Hortense , Calas abjurera ; j’y suis inoi-même trop fortement intéressé, pour abandonner la victoire. Je l’ai promis an Capitoul , cl j’ai vu la joie qu’il en éprouvait. Quel triomphe pour lui, si , par mes elTorts secrets , il paraissait aux yeux du peuple avoir séparé l’un des Cala» des prosélytes de Genève. Cette conquête , flatteuse pour l’orgueil du Capitoul , serait pour eux un coup mo-tel; et pour moi , la vengeance la plus «tire et la plus cruelle que je puisse exercer sur les Calas. Inflexible vieillard! tu es loin de soupçonner qu’en dénonçant ce marchand étranger aux syndics , et en le faisant indignement chasser de Toulouse, à cause de ses intelligences avec les pirates d’Alger, c'est sur moi que retomba l’effet de cet arrêt ! que cet homme n’était que mon agent secret, et que tu m’as fermé le chemin de la fortune la plu» rapide. Ton zèle te cotltcra cher. U n’est point d’ennemi qui ne soit redoutable. Je t’enlèverai ton fils, je ferai ton désespoir, et malheur à toi si je puis jamais t’accuser. . . Quelqu’un vient : c’est J« jeune Cala».

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