REMARQUES SUR LE POIDS DES OBSERVATIONS
assez bien avec les e correspondants. Faut-il, pour rétablir l'accord, diminuer le poids de cette observation douteuse, et faire ici, par exemple, p, = 1, au lieu de p^ = 3? Cette marche est condamnée par tous les bons observateurs, et on n'est autorisé à y avoir recours que si les notes inscrites sur le registre, pendant la durée même du travail, signalent l'observation comme ayant présenté quelque particularité qui soit de nature à la rendre douteuse. Encore vaut-il mieux dans ce cas rejeter complètement l'observation, que d'invoquer le secours équivoque d'un poids arbitraire, pour modifier à son gré les résultats discordants, et établir ainsi sur le papier un semblant d'harmonie qui, au fond, ne prouve rien pour l'exactitude réelle. Il est, d'ailleurs, très-dangereux pour un observateur d'entrer dans cette voie de transaction ; car on peut assurer qu'il ne tardera pas à s'y laisser entraîner trop loin.
Il ne faut pas conclure de ce qui précède qu'on doive, ni même qu'on puisse rejeter toute observation présentant une apparence d'anomalie : c'est une nécessité qu'on ne doit subir qu'à la dernière extrémité. Nous citerons à ce sujet l'opinion de deux savants distingués. ^ C'est toujours un procédé très- aventureux, dit Hagen « {G^^ndzûge, etc., p. 132), que d'exclure d'une série « d'observations celles qui paraissent oflBrir des discor- « dances. Dès qu'on admet cette manièite d'agir, il n'est « pas d'hypothèse, si insoutenable qu'elle soit, à l'appui « de laquelle on ne puisse invoquer l'observation, vu tf qu'on rejette les résultats qui seraient de nature à la « contredire. »
« Toute observation, dit GerlingS qui ne m'est pas « signalée comme suspecte par le registre des obser- « vations, est pour moi un témoin qui vient déposer de « la vérité. Je n'ai pas plus le droit de récuser son témoitf gnage, sous prétexte qu'il s'écarte des autres déposi- « tions, que je n'ai celui de le torturer jusqu'à ce qu'il « ait dit ce que je veux lui faire dire, n
* Die AusgUichungs-RechuHfigen der praclischeti Géométrie. Cet ouvrage élémcutairc, modèle d*ordre et de clarlé, nous a élc Irès-utile dans notre troisième section : plusieurs de nos paragraphes n'en sont qu*unc traduction littérale. Nous avons aussi puisé dans fouvrage consciencieux do Fischer^ Lehrbuch der hôheren Geodâsie, etc., et dans les recueils géodésiques de Bessel et de Baeyer.