DES CAUSES
résultat de la combinaison ordinaire de plusieurs causes non soupçonnées. En outre, ceUes qu'on parvient à mettre en évidence sont seulement les plus générales. II en résulte qu'elles ne s'appliquent qu'à un ensemble étendu de répétitions des mêmes phénomènes, ou de durée de leur observation. Ce nonobstant, la recherche des causes est d'une utilité incontestable pour Tétude des sciences physiques ou naturelles, ainsi que pour les calculs de prévisions dans les questions d'économie financière ou sociale.
§ 72. — L'énumération des phénomènes, qui sert de base aux recherches sur les causée, n'est pas toujours aussi simple qu'elle le parait au premier abord. Si, en effet, dans un grand nombre de cas, les distinctions d'après lesquelles on classe les phénomènes ont un caractère évident, il arrive aussi qu'on introduit des divisions d'ordre arbitraire dans des phénomènes de même espèce. Cette erreur est d'autant plus grave, qu'un classement non justifié revient à admettre àprio^i Texistence d'une cause correspondante, et cette cause étant traitée comme plus générale, puisqu'elle ^ert de première règle pour le groupement des phénomènes, les lois numériques qu'on met subsidiairement en évidence n'ont plus le caractère que nécessitent les conclusions sur l'existence des causes. Si, par exemple, on fait un relevé des températures, il est admissible à priori de considérer à part la période diurne, la période annuelle ou même celle des saisons, mais celles du mois et de la semaine, qui ne correspondent à aucune phase
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des mouvements astronomiques, ne sont pas suffisamment justifiées; la première, cependant, étant assez longue pour qu'un changement notable se produise pendant sa durée, dans réchauffement ou le refroidissement atmosphérique, on la distingue généralement.
Le travail de Ténumération des phénomènes, qui constitue la statistique, exige donc une indépendance complète de toute idée préconçue soit usuelle, soit empruntée à un ordre de choses qui ne.se rattache pas directement au sujet. On sait les grands progrès que cette science a faits de nos jours, aussi bien dans les méthodes que par l'étendue des recherches. Feu M. Adolphe Quetelet, directeur de l'Observatoire royal de Bruxelles, compte au nombre des savants qui ont le plus contribué à ces progrès. Il est le promoteur de plusieurs des grands travaux, suivis aujourd'hui dans les deux mondes avec une régularité qui est la première condition de leur autorité. M. Quetelet, dans sa Physiqice sociale et dans divers opuscules moins importants, a cru pouvoir, pour faciliter l'expression des résultats obtenus, diviser les causes en trois catégories, savoir :
Les causes constantes;
Les causes variables;
Les causes accidentelles.
Les causes constantes sont celles qui agissent d'une manière continue, avec la même intensité et dans le même sens.
Les causes variables agissent d'une manière continue, avec des énergies et des tendances qui changent.