LA MORTALITÉ BT DE LA POPULATION. LTIONS. — DES ASSURANCES SUR LA VIB
A durée naturelle de la vie d'un être est éterminée par les conditions intrinsèques isatioQ. Mais si, comme l'a dit Bichat,
qu'une résistance à la mort ", sa durée ï doit être inférieure à sa durée naturelle, impossible de soustraire un être animé à ses accidentelles de destruction qui l'enque instant. La mortalité aux diâTérents
reste varier pour deux motife, soit par auses destructives, soit par le degré de [ forces vitales.
!u du XVII* siècle, le célèbre Jean de Witt, . et géomètre, s'occupait de la recherche es de la vie humaine, pour le calcul des is; mais la première table de mortalité' Le par Halley', qui en a puisé les éléments
Qsi uDe liste qui, sur un nombre donné de naissances, i de survivants i la lin de chaque année, oos les yeux une table que John Graunl de Londres, é de déduire des listes mortuaires publiées depuis }rdres de la reine Elisabeth. Graunt donna aussi une Son ouvrage est ioUtuJé : Capl Natural and politkal upon the trillt of morUUity.
dans les registres de la ville de Breslau, en Silésie. Elle a été publiée dans les Transactions philosophiques de 1693. L*illustre savant anglais fit choix de cette ville, parce que le nombre des naissances et celui des morts y différaient très-peu : il en concluait que les pertes éprouvées par la population, aux différents âges, devaient être sensiblement proportionnelles à la mortalité pour chacun de ces âges ; que , par suite , on pouvait regarder les individus décédés chaque année comme s*ils fussent tous nés la môme année, et leurs âges respectifs comme indiquant la manière dont s'éteindraient successivement un pareil nombre d'individus ayant commencé leur vie simultanément.
Halley releva donc le nombre de morts, M, arrivées à Breslau depuis 1687 jusqu'à 1691, et distribua ce nombre suivant les âges. Soient Mi, M^, M3 .... le nombre d'individus morts dans la 1", la 2®, la 3® .... année de leur existence : M — Mj représentera le nombre des survivants à l'âge de 1 an; M — Mj — M, le nombre des survivants à l'âge de 2 ans, et ainsi de suite. Afin de faciliter les calculs, Halley réduisit ces divers nombres proportionnellement à 1,000.
Ce procédé est bien préférable, dans la pratique, au procédé théoriquement plus rigoureux qui consisterait à suivre un très-grand nombre d'individus un à un depuis leur naissance jusqu'à leur mort : celui-ci n'a pu être appliqué jusqu'aujourd'hui qu'à des catégories particulières, dont l'ordre de mortalité est très-différent de celui de l'universalité des hommes.
A défaut de la méthode rigoureuse, on pourrait
DES TABLES DE MORTALITÉ. ï
cependant opérer d'une façon satisfaisant mieux a conditioDS de la question, que le procédé généralemt suivi. H suffirait à cet effet de rechercher quel est pc un même nombre, N, d'individus des âges successi le nombre des survivants au bout d'une année. '
aurait ainsi une suite de rapports Çi, Çt^Çs ç„, p<
mettant de construire une table présentant le mê. degré d'exactitude dans toute son étendue ; ce qui n' évidemment pas le cas dans les tables actuelles.
Les tables de mortalité employées aujourd'hui en B gique ont été calculées par M. Quetelet, d'après lesdéi renseignés de 1841 à 1845 inclus. Elles présenten
1° La mortalité générale du royaume;
2° La mortalité , avec la distinction des sexes , celle des villes et des campagnes ;
3° Enfin la mortalité par province.
(Voyez Annuaire de T Observatoire royal de Bruœel pour 1851, p. 190 et suiv.}
Des tables analogues ont été calculées pour les c férents pays de l'Europe.
Pour déterminer, à l'aide de ces tables, la proba lité qu'un individu d'un certain âge, a, possède de p; venir à l'âge a-\-b, on peut appliquer la formule § 57. Soit Va le nombre de la table correspondani l'âge a, et Vo+j celui des survivants à l'âge a -J- è, aura, si as représente la chance de survie :
On a VU, § 59, que cette expression vaut :
Les nombres V^ et V^+t étant originairement trèsgrands (avant la réduction ordinaire au chiflEre 1 ,000 ou 10,000 pour Tan o de la table), cette fraction est sensiblement égale à
D*où il suit que la probabilité de parvenir à l'âge a-^-b, pour un individu de Tâge a, est égale au rapport des nombres correspondants à a -|- & et a dans la table. Cette conclusion ne serait évidemment rigoureuse que si le nombre des cas observés était infini.
A l'inspection des tables, on s'aperçoit que la vie probable, au moment de la naissance, est d'environ 23 ans ; c'est-à-dire qu à l'âge de 23 ans, le nombre des individus qui sont nés en même temps se trouve réduit de moitié. La vie probable des filles est plus longue que celle des garçons : elle est, d'une part, de 25 ans, et de l'autre, de 20 ans.
Pour savoir le nombre d'années qu'une personne de 30 ans vivra probablement, on cherchera, dans la table générale, le nombre 45,388 de personnes qui ont 30 ans; on en prendra la moitié qui est 22,694; cette moitié correspond à peu prés à l'âge de 64 ans : puisqu'à 64 ans, une moitié des individus qui existaient à 30 ans est morte et l'autre vivante, il y a également à parier pour ou contre qu'une personne de 30 ans