‹ Calcul des probabilitésChapitre 14 sur 119 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

échange de ses promesses, c'est la réponse rigoureuse, sinon acceptable, du calcul, lui offrir équitablement plus d'utt centime.

Ce centime pourrait lui coûter cher. Les minorités, même beaucoup moindres, obtiennent quelques représentants. Les électeurs n'étant pas associés par le sort, les influences locales triomphent des lois du hasard. C'est avec grande défiance qu'il faut, sur les traces de Condorcet, éclairer les Sciences morales et politiques par le /lambeau de T Algèbre.

Les étoiles, sur la voûte céleste, semblent semées sans ordre et sans loi ; 3ooo environ, pour qui a la vue bonne, brillent au-dessus de notre horizon. Ptolémée, dans son Catalogue, n'en inscrivait que 1020. Un astronome dont le nom est resté obscur sans injustice, l'archevêque Mitchell, a fait d'une idée ingénieuse et juste une application trop hardie. Si le hasard distribuait sur la voûte du ciel 3ooo points brillants; quelle serait la distance moyenne de chacun d'eux à son voisin le plus proche? Le problème est intéressant ; Mitchell ne le résout pas ; mais, remarquant dans la constellation du Dragon deux étoiles situées à 3' l'une de l'autre, il trouve que contre un tel rapprochement on pourrait, a priori, parier 80 contre i ; dirigeant ensuite ses calculs sur le groupe des Pléiades, Mitchell conclut à viiooooo chances contre i pour qu'une cause, en dehors du hasanl, ait rapproché les six étoiles.

En proposant la mesure précise d'assertions aussi vagues, on peut compromettre la Science. Si Mitchell, soupçonnant entre les étoiles un lien mécanique, avait tiré avantage de leur rappi'ochement singulier, s'il avait déclaré >Taisemblable. très vniisemblable, presque certain, qu'une cause piirticulière a troublé pour elles les lois générales, il serait sans reproche, mais la précision du chiffre ^^^^^ ne peut

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