‹ Calcul des probabilitésChapitre 25 sur 119 · L1V PRÉFACE · texte numérisé non relu

L1V PRÉFACE

La réunion, quelle qu'elle soit, qui peut juger bien ou mal, est remplacée dans leurs études par des urnes où Ton puise des boules blanches ou noires. « On peut, dans plusieurs cas, — a dit Laplace, le plus grand des trois, le moins imprudent, et incomparable aux deux autres, — résoudre des questions qui ont beaucoup d'analogie avec les questions qu'on se propose, et dont les solutions peuvent être regardées comme des approximations propres à nous guider et à nous garantir des erreurs et des dangers auxquels les mauvais raisonnements nous exposent. Une approximation bien conduite est toujours préférable aux raisonnements les plus spécieux. »

Rien n'est plus sage : les bonnes approximations valent mieux que les mauvais raisonnements ; mais il n'y a, malgré cela, moyen ni apparence de les réduire en acte pour rendre la justice meilleure que les juges. On peut assurément supposer le nombre des boules noires égal à celui des jugements mal rendus, les deux problèmes n'en restent pas moins fort dilTérenls et, pour tout dire, sans analogie.

Un juge, supposons-le, se trompe une fois sur dix. Condorcel et Poisson l'assimilent à une urne contenant 9 boules blanches el i noire. Le sort des accusés resterait-il le même?

Sur 1000 épreuves, la boule noire sortira 100 fois, tout comme, sur 1000 jugements, 100 seront mal rendus. Les nombres se ressemblent, tout le reste diffère. Quand un juge se trompe, c'est que le cas sans doute est complexe et ardu. On condamne à coup sûr le coupable qui avoue, on acquitte on hésitant celui que Ton n'a pu convaincre ; les 100 boules noires de Turne se montreront le même nombre de fois, mais tout autrement. Condorcet répondrait peut-être que [mur la société, cpii seule Tintéresse, le dommage et l'alarme resteraient les nu^mes et qu'ils dépendent du nombre des

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