‹ Caldéron (volume 2)Chapitre 11 sur 73 · Î^QN JUAN · texte numérisé non relu

Î^QN JUAN

Quelle peine !

LE ROI

Te voilà moû esclave.

DON FERNAND

Il est vrai ; mais queUe^faible vengeance prends! L'homme n'est sorti de la terre "que poi foire un court voyage sur sa surface; quel que s( le chemin qu'il prenne, il doit toujours rentrer dai son sein, Je te dois plus de reconnaissance que i haine, puisque tu m'indiques des chemins pli courts pour arriver au terme de ma route,

LE ROL

Tu es mou esclave; tu ne peux avoir rien à te Çeuta est aujourd'hui eu ton pouvoir; si tu es me

captif, si tu me reconnais pour maître , pourquoi ne pas me la donner?

DON FERPfAND.

Parce que c'est à Dieu , et non à moi qu'elle appartient.

^ LE ROI

La loi de Dieu n'ordonne-t-elle pas d'obëir à son maître? .en vertu de ce droit, je te commande de me remettre cette place.

DON FERNAND

Dieu ordonne au serviteur d'obéir à son seigneur en ce qui est juste; mais si le maître ordonne à son esclave de pécher, celui-ci ne lui doit point l'obéissance, parce que le péché commandé n'est pas moins criminel.

LE ROI

iSiedojaaeLai J^ mort.

DON FERNAND

Ce sera j>our moi le commencement de la vie.

LE ROI

Eh hïenl pour que. tu n'aies pas même cette espe'rance, ta vie sera une longue mort. J'aîr'cteîà'ri-

gueur.

DON FERNAND

J'ai de la patience.

LE ROL

Fernand, tu ne re couv reras point ta liberté.

DON FERNAND

Roi, tu ne recouvreras pas Ceuta.

LE ROI

Holà !

(Séliin entre. )

SÊLIM.

Qu'ordonnes-tu ?

LK ROJ.

Que sur-le-champ ce captif soit place au mêm ranc qùetoil$;tes autres;- Mcttez-lul* îêS* fersl^tf ' ct> et aux pieds ; qu'il serve dans mes écuries , dans m e bains , dans mes iardins : qu'il y soit sous ïe Ëaèni gouvernement que le reste des esclay es; qu'il n'ait plu seiS habits de soie ; qu'il soit vêtu de serge grossière qu'on lui donne du pain noir et de l'eau saumâtre qu'il l^îte descachois humides çt obscurs.Cet ordr est, pour lui^ et poui:* tous ses domestiques et se vassaux* Emmenez-les.

DON HENRI

Quel malheur !

DON JUAN

Quelle affliction !

LE ROI, i don Ferfiand.

Je verrai, barbare, je verrai si ta constanc pourri^ I^eo^^ter sur ni^ rigueur.

"• > i DON PERWAND.

Tu verras qu'elle durera autant que ma vie.

( On remmène avec don Juan. ) LE ROI.

Henri , tu es ici sous la sauvegarde de ma parole Tu peux retourner à Lisbonne , renâbarque-toi quitte les côtes d'Afrique , et va dire aux Portugai; que leur infant , que le grsuid-^maitre de leur ordrt

JOURNÉE n, SCÈNE II. 57

a Avis est occupe à panser mes chevaux , et qu'ils viennent à présent, s'ils l'osent, lui rendre ia liberté.

DON HENRI

Us le feront ; et si je le laisse dans cette misère , si je puis supporter ia douleur de ne pas partager ses chaînes, c'est paixue que j'espère revenir bientôt, avec plus de puissance , rompre ses fers à force

ouverte.

( Il tort. )

Tu fi^as)>îçn si tu le peux.

iltJLBY Mal.

Maintenant est arrivée l'occasion de montrer ma

ÏÏ[?5*«-^.^IS0îDa . Tïe^iXeCflaiîd fit jfi .yeuî.. acquitter ma dçtte.

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