SECOND PAYSAN
Celle qui était à Louis Ferez ?
PREMIER PAYSAN
Oui; la justice vend tout son bien pour payer les frais f et je porte l'argent au juge.
LOUIS, àlfanaeL
Celui-ci sait qui je suis^ mais je puis m'approcher en assurance^ parce que je connais son bon naturel. {Au paysan, ) Bonjour^ Anton; qu'y a-t-il de nouveau.
PREMIER PAYSAN
C'est VOUS I Louis? comment osez-vous rester ici , {uand un monde de gens de justice est à vos trousses?
LOUIS
A mes risques et périls ^ ne m'est-il pas permis le le faire? Mais parlons d'autre chose. Écoutez^ rous êtes mon ami^ j'ai des besoins ^ et je ne veux point faire une chose infâme. Vous portez là de l'argent avec lequel vous pouvez m'assister. Je ne dois pas me laisser mourir et je ne veux point vous offenser ; vous pouvez continuer votre route en sûreté; mais voyez, vous, ce que vous avez à faire, et sirrangeons cela de manière à être satisfaits tous les leux.
PREMIER PAYSAN
Il n'y a pas de meilleur moyen que de vous le donner. ( Il lui dorme la bourse. — A part. ) Ainsi le sauve ma vie , car sans cela il me tuerait.
Je prendrai cet argent, mais ce sera autant que vous me l'offrirez de bonne volonté.
igo LOUIS PÉREZ DE GALICE,
PREMIER PAYSAN
Assurément^ j'ai la meilleure volonté de vous être utile y mais cet argent ne laissera pas de me faire faute.
LOUIS
De sorte que si vous pouviez le de'fendre, vous ne le donneriez pas.
PREMIER PAYSAN
Non, certainement.
LOUIS
Alors, reprenez votre sac; il ne sera pas dit que Louis Pe'rez ait volé personne . Il m'importe peu qu'on sache que, dans la misère où je me trouve, j'aie accepté ce qu'on m'a donné, mais il m'importe qu'on ne prétende pas que je l'ai pris avec violence. Prenez votre argent, vous dis-je, et Dieu vous conduise!
PREMIER PAYSAN
Que dites-vous ?
LOUIS
Ce que vous entendez. Dieu vous conduise !
PREMIER PAYSAN
Que le ciel te délivre de tous tes ennemis ! ainsi soit-il! Louis Pérez, j'ai encore là six doublons que je porte sans que ma* femme en ait connaissance. Vous pouvez vous en servir.
LOUIS
Maintenant je ne prendrais pas de vous une obole. Allez, allez, il est tard, le soleil va se coucher.
(\]S SOltCDt.)