‹ Caldéron (volume 2)Chapitre 54 sur 73 · DE L'HISTOIRE DE GRENADE · texte numérisé non relu

DE L'HISTOIRE DE GRENADE

altesse le laisse libre et lui rend ses armes , je la prie de me le donner pour ma compagnie , car je jure Dieu , que, si quelqu'un me tuait ma maîtresse, je le tuerais et lui, et tous ceux de son lignage. » Le prince , pour satisfaire don Lope et tous les autres chefs, ordonna dedëlivrer leMoreet de lui rendre ses armes. <c Allez, mon ami , lui dit don Lope, allez à ma compagnie; j'aime à y voir de tels soldats , et pour que vous me serviez plus volontiers , je garde votre portrait , je veux dire celui de votre dame , et je le ferai encadrer pour qu'il ne se gâte pas. » Tuzani lui répondit : « Je sais bien , Mars de notre âge , que tu seras désormais le maître de ma fortune , bonne ou mauvaise , mais il me semble que je perds ma dame une seconde fois. Je te servirai en bon et loyal soldat , si la perte de cette vaine peinture ne précipite pas ma mort, i» Don Lope qui savait ce que c'est qu'avoir une folie en tête , craignit que la perte de ce por« trait ne causât à ee soldat une mélancolie qui le conduirait au désespoir et de là à la mort. « Tenez , ditp-il , à Tuzani , gardez votre consolation et restez près de moi , parce que je suis sûr d'avoir en vous un vaillant ami. On lui rendit aussi les bijoux de Maléha , et il sortit de l'appartement , laissant tout le monde dans l'admiration de son courage.

Depuis lors il prit le nom de Fernand de Figueroa, et

ne quitta plus don Lope. Il était avec lui à la bataille de Lépante et à l'assaut de Maestricht. Apres la mort de son général , à Monzon , Tuzani se retira à Villa-Nueva de Alcaudete , oii ^'étaient réfugiés les Morisques de Vélez-le-Rouge, et ou il avait des neveux , fils de ses frères. Je cherchai à l'y voir dans un voyage que je fis à Madrid ; je lui parlai , il me donna la re-* lation que j'ai insérée dans cette histoire. Je vis le portrait de la belle Maléha qui était encadré et qui me parut la plus belle chose que j'aie vue. Autour de ce cadre , quoique petit , étaient ces mots arabes : Dc^fati Maléha- qjrnia. Ce qui signifie, belle dame de mes yeux (i).

Telle est l'histoire de Tuzani, et c'est lui-même qui m'a in»^ formé de tout, de la même manière que je l'ai raconté.

(i) Ou Maléha, dame de mes yeux.

LE SIÈGE

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PERSONNAGES

DON ALVAR TUZANI (à) , cavalier morisqne de Grenade. DONNE ISABELLE TUZANI, sa sc^ar, portant dans l'Alpu-

jarra le nom de LIDORE.

DON JUAN MaLECH (6), cavalier morisque de Grenade et

XXIV de cette ville.

DONNE QiARA, sa fille, dans l'Alpujarra, MALÉHA. DON FERN AND MULEY (c) , seigneur de Valor , cavalier mo-

risque de Grenade , et XXIV ; depuis roi de l'Alpujarra , sous

le nom de MAHOMET ABEN HUMEYA.

DON JUAN DE MENDOCE , XXIV de Grenade.

DON ALONZE DE ZUGNIGA, corrégidor de la même ville. DON JUAN ITAUTRIŒE, génëral des armées espagnoles. DON LOPE DE FIGUEROA , mestre de camp du Urce C>) ,

ou régiment de Flandre.

ALœusœuscs), i -

CADI, 1 ^'''''

BÉATRIX , suivante de Clara.

INÈS, suivante d'Isabelle.'

GARGÉS , soldat.

MORISQUES C4), SOLDATS ESPAGNOLS, etc.

LE SIEGE

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JOURNEE PREMIERE

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