‹ Caldéron (volume 2)Chapitre 56 sur 73 · CHŒUR · texte numérisé non relu

CHŒUR

Vive sa loi !

ALGOUSCOUS.

Si prophète d'Arabie Défendre l'ivrognerie , Permettre fille jolie, Et ça valoir mieux pour moi.

CHOEUR

Vive sa loi !

(On frappe rudement à la porfe.) . CADI.

Qu'est ceci ?

UN MORISQUE:'

On brise les portes.

JOURKÉB I,.SCËiNE I. 369

CAt)I. "^ "

Sans doute on veut nou^. surprendre dans nos assemblées^ parce qu'eljies sont défendues par l'édit du roi; et, en voyant entrer .tant de Mprisques dans cette maison, la justice a dèviiié Fobjet de notre réunion, et chercher à s'assurer de nous.

4lc(;kuscous/

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hAa bien! aUtlarfiLO,

Comment n'ouvrez-vpjis pas, lorsqu'on frappe avec tant.de violence?

Qu'importe qu'on frappe à la porte , Quand on n'a pft» fir^ppié .t^iQCOur C^)?

Qu'allons-nous faîre ? -^

CADl.

Cachez vos mstruhiens, et ouvrez; vous direz que vous êtes venus me^Voîr.

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UN MORISQDE.

C'est parfaitement arrangé.

") filisÀimulli^Ds tôtfs; Mlo^v ÂhHi^tt&Qàil^/^'fttt^Mld-

tu?va owrrir faporte. ; ? » ,-^Uir » » »,».;.>

. , ALCOUSCOUS. 1

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Moi çr.ain4i:egu:^ l'<»vrjf , l'^alai^ii^e dopne ^çaq t coi;ps de plcddf^ns le ve»€r^^ et ne, ^p^ Xf^njpi^fi}^^

ToM. II. Caldéron. df\

370 LE SIÈGE DE L'ALPUJàRRA,

le ventre d'Alcouscous y ayoir coups de pied au '

lieu de couscous.

( n Mm «l doB Jnaa Valeelk Mira. ) MILECH.

N ayez aucune crainte.

CADI

Quoi! c'est vous, seigneur don Juan; vous dont Tiliustre naissance vous a élevë au poste de xxrr de Grenade , malgré votre origine africaine ; vous daignez visiter mon humble demeure !

MILECQ. ^

Ce n'est pas sans raison que j y viens ; il me suffit de vous dire que ce sont mes itoalheurs qui m y ont entraîne.

Il vient sans doute nous, reprendre.

ILCOUSCOUi, 4GaA.

A cela, rien à perdre; si lui venir nous prendre, chose fâcheuse; mais nous reprendi:e, qu'importe?

CADI

Qu'as-tu à nous ordonner ?

MALEGH.

Ne soyez pas troubles , mes amis, par mon arrivée dans cette assemblée. Aujourd'hui, en entrant dans le conseil, nous ayoos reçu une lettre du président de Castille, contenant des ordres du roi , que la ville est chargée de faire exécuter. Cette lettre a été ouverte , et lue par le secrétaire , à haute voix : toutes les instructions qu'elle renferme sont des dispositions contre vous. Oh ! avec combien de jus-

tesse on a compare la fortune au teitips! Fun et l'autre changent sans cesse ^ vont du bien au mal; et ne s'arrêtent jamais ! Ces ordonnances sont prises en partie de celles qui vous oppriment déjà , et les nouveaux articles qu'on y a joints aggraveroiït encore votre joug. Aucun de ceux qui ont appartenu à cette nation africaine , aujourd'hui cendre froide et inanimée de cet ancien bûcher qui mit toute l'Espagne en flammes , aucun.de nos compatriotes ne pourra célébrer nos fétés , vêtir de la soie , aller dans.les bains publics , ni faire entendre nulle part les doux accens de la langue maternelle; vous ne po urrez plus parler que lé castillan. < , .^

J'étais le plus ancien et le premier à opiner. Jedis' qu,e certes il était juate^ qu'il. était avantâ^geux pour la foi y d'abolir peu à peu lai mémoire de nos- cou-^ tûmes africaines ,. mais ipi'il fallait éviter de se; trop hâter, et surtout d'employer la- violence^ d'au-' tant plus que l'oubli de nos ancteas> rites, plus né-' gligés de jour en jour, la rendrait bientôt inu4ile. Don Juan, don Juan de Mendoce, allieà l'illustre famille du marquis de Mondejar y > me répondit 'Cj Don Juan Malech opine avec partialité, parce que la nature et le sang l'engagent à parler pour lesi sien s;, et c'est poun cela qu'il voudrait qu'on éloi-^ gqàt, qu'on différât le châtiment; ^des Morisquès^. de cette nation, vile ; et déshonorée. Seigneur doii> Juân ,. lui répliquai-je alors , lorsque. l'Espagne ^ enchaînée et captive sur son propre territoire , était> l'esclave des Mores, des ciirétifsns démeurrièent aU' milieu des vainqueurs. On les appelle Mozarabes; et ils ne s'pffensent point de ce nom, parce que là

grandeur di|k coiurage paraît encore plus à supper* ter la mauvsûse fortune qu'à profiter du sort prospère. Et quant à L'imputation d'être une race irUe et déshonorée , les chevaliers mores ne redevaicat rien aux cheTaliers chrétiens , et devinrent en tout leurs ^aux, le jour oîi, lav^ par l'eau sacrée du baptême , ils reçurent la sainte foi catholique ; stu^ tout ceux qui^ comme moi^ comptent tant de rois parjLii leurs ancêtres.-*- Des rois, soit; mais des rois mores. — Eh quof! repris-je, le sang des Valors, des Zégris , des Grenades , des Vén^as , esl-41 moins royal pour être more? D'un discours à l'autre , car il nous est défendu d'entrer en conseil avec nos épées, la dispute s'engagea vivement. Malheureuse prévoy^ance! point (}'tf mes et des par rôles I comme si une blessure ne se guérissait pas plus aisémeÀt que l'atteinte d'un< mot offensantwil m'en échappa -satis doute quelqu'un > qui- donna à don Jûan, riùsolieiiice ( je t):emble de le dire) de saisir ( quelle douleutr! ) le bâton que je portais à la main.... Mais, c'en est assez; il est des choses plus pénibles à répéter qu'à souffrir.

Cet outrage quie j'^i reçu pour vous défendre ^ mes amis^ mes enâuts^ cet affront que j'ai essuyé podr vous pnrtéger y vous sont communs à tous % Je n'ai pas un fils qui puisse laver l'insulte faite à mes cheveux bjancs.; je n.^i qu'une fiUe/ douce consolation de mes vieux jour^^ mais qui, dans ces cruelle circonstances^ augmente plus qu'elle ne soulage ma douleur. Allons/ vaillans Mores ^ noble reste des conquérans de l'jSspa^e ^ les chrétiens veulent riterles &r&46 notre eselffvage \ osons leur résister.

L'Alpujarra, cette superbe montagne qui élève jusqu'aux cieux ses cimes chenues ; l'Alpujarra , toute couverte de. villages, dont les noms rappellent la mémoire des vaisseaux qui y portèrent nos ancétrea^. ^^ , où les flots d'un peuple nombreux , le luxe d'une végétation abondante , semble avoir formé un océan dlio'mmes^ de troupeaux et de fleurs doiït les ricties babitans naviguent au milieu des ondes d'argent (?), VAlpiuarra nous appartient tout entière ; retirons-nous dans ses vallons avec des munitions et des armes. Choisissez un chef de l!antique race de nos Aben-Humeyas , et reprenez votre liberté ; d^esclaves redevenez maîtres ; quelques efforts qu'il doive m'en coûter , je parlerai , je rallierai à moi tous les cœurs , tous sentiront comme vous que ce serait une lâcheté , une infamie , que tous ne prissent pas part à ma vengeance , lorsque l'af&ont qui m'a été fait retombe sur tous (d).

CÂDI.

• Pour l'entreprise que tu oses tenter. . . .

HV M0RI8QUE.

9Mt tes httuts fkits que tu prépares. . .

,CADI

• • . J'offre toutes mes richesses.

UN MORISQUE

. . . J'offre mon sang et ma vie.

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