LE MORE
Qui ose se défendre ainsi contre un bras tel que le mien ?
DON HENM.
Moi, qui, dussë-je tomber et mourir sur les corps de ces chrétiens, ne cesserai pas de combattre. La force de mon bras doit te dire qui je suis. '
( Il poursuit 1« More. ) BRITO.
Le ciel le bénisse ! Comme il marche d'un pas
ferme !
( Muley et don Juan Comigno entrent» )
Je ne suis point fâché, vaillant Portugais, de voir ea toi tant de force et de courage. Je voudrais, s'il mêlait possible, vous donner la victoire.
(Il s'éloigne.) DON JUAN.
Que de malheurs ! Ei*rant au hazard , je ne marche que sur les corps de mes compatriotes.
(Il sort. } BRITO.
A la bonne heure , mais il devrait épargner le
mien.
(DonFernand entre, poursuivi par le roi et d*autres Mores.)
LE ROI
Rends ton épée , fier Portugais. Si je te vois en mon pouvoir, tu seras mon ami, je te le jure. Qui es-tu ?
4o LE PRINCE CONSTANT,
DON FERNâND.
Je suis un chevalier , n'espère pas en savoir vantage; doune-moi la mort.
(Doo Juan accourt.)
DON JDAN.
Mon sein, encore plein de force, te servira ai ravant de rempart, et conservera ta vie. Coun seigneur , mon cher Fernand ; montre à préseï valeur héréditaire.
LE ROI
Qu aî-je entendu? et que pouvais-je désirer de pi ( j4 ses soldats. ) Arrêtez; je ne veux point d'ai gloire; un tel prisonnier suffît à mon triomj Fernand , le sort a décidé que tu perdrais aujc d'hui la vie ou la liberté. Rends ton épée au ro Fez.
(Muley enlrft )
MULEY
Que vois-je?
DON FERNAND
Je ne pouvais la remettiie qu'à un roi. {Â pa JLa refuser aurait été un désespoir coupable.
(Don Henii entre.)
DON HENRI
Mon frère prisonnier !
DON FERNAND
Ne montre pas ta douleur, mon frère. Tels s les arrêts du destin , et telle est l'inconstance d< fortune.
LE ROI, à Henri.
Henri, ton frère est en mon pouvoir, et quoiq
JOURNÉE I, SCÈNE IV, en profitant de mes avantages , je puisse vous nerà tous un juste trépas, je n'oublie pas que je n'ai pris les armes que pour me défendre, et la générosité avec laquelle je vous laisse la vie , me fera plus d'honneur que ne m'en ferait votre mort. Pour que le rachat se fasse plus exactement, retourne en Portugal ;. f erjaa2t.4 attendra dans mon palais oue tu viennes le délivrer. Mais dis à Edouard que c est en îiîrqù'ff pf ef(^^ obtenir le retour de son îErère,
s'il ne me réncTCeut a . (J[ Fernand.) A présent, votre altesse, Il qui je dois une telle gloire, me suivra à Fez.
DON FERNAND
C'est au but où mes désirs tendent depuis longtenoips, que m'acheminent les pas que je fais vers ma
prison.
MULEY, àpart.
Et maintenant ll'amitié désespérée! va se joindre a la jalousie pour me tourmenter.
DON FERNAND
Henri , je suis prisonnier; je ne crains point l'in- ^ fortune^ Je suis au-dpssws de nncQns.tariç&. du sort. >
Di&^à monfrèreque, dans mon malheur, il se conduise comme un prince chrétien.
DON HENRI
Ne te fies-tu pas à sa générosité ?
Dis-lui , je te le répète , qu'il se conduise en roi cDrexien . ■ ■ »•' -~— — — — .— .*-.-«..^.»,,.**r.« .«.j«„.».j.»ato*u.«.»,v-. ■ ..■-.■i ■■. «■ ■■.■. w m ,.
DON HENRI
Et moi aussi je sais ce que m'impose ce titre.
DON FERNAND
Viens m embrasser.
DON HENRI
C est toi qui es prisonnier , et c'est toi qui m'en chaînes.
DON FERNAND
Adieu^ don Juan.
DON JUAN
Je ne prends pas congé ; je reste auprès do toi.
DON FERNAND
Loyal ami !
DON HENRL
Malheureuse expédition !
DON FERNAND
Tu diras au roi.... Mais non , ne lui dis rien
Le silence suffit. Adieu..... Porte ces larmes au roi mon frère ^"^K
(Ik sortent tons , excepte Brito et deux Mores. ) PREMIER MORE.
Voici un de ces chrétiens morts.