‹ Caldéron (volume 2)Chapitre 7 sur 73 · M MULE Y · texte numérisé non relu

M MULE Y

rj.) J'espère cpi'un jour je pourrai m acquitter de tant il défaveurs.

(.. DON FERNAKD.

I Que le ciel t'en fasse jouir ! .

MULEY

Un bienfait n'est jamais perdu. Qu'Allah te garde^.

Portugais! *

DON FERNAND

Si Allah est Dieu , qu'il t'accompagne ! ( On en^ tend un bndt de trompette. ) Mais quelles sont ces fanfares qui troublent les airs et étonnent la terre ; vers cette partie on entend battre des tambours; de tous côtés y ce sont des bruits de Mars.

(Henri entre.)

DON HENRI

Fernand ! mon frère ^ je viens en hâte te chercher.

DON FERNAND

Qu'as-tu à m'apprendre?

DON HENRI

Tu entends les armées de Fez et de Maroc. Taru^ dant a conduit ses- troupes au secours du roi de Fez, qui vient avec orgueil nous attaquer. Nous sommes au milieu des deux armées y de sorte qu'assiégeans et assiégés à la fois , de quelque côté que nous veuil* lions faire front, .nous sojn^mes exposés de l'autre; de toutes parts les éclairs de Mars nous menacent de la foudre ; que faire au milieu de tant de confusion et de malheurs ?

DON FERNàND.

Que faire? Mourir en gens de cœur avec une^ âme constante. Ne sommes-nous pas deux grandsmaîtres^ deux infans, et ne suffit-il pas que nous soyons deux Portugais pour ne point connaître la crainte? Re'pétons nos cris de guerre , Avis e« Christ, et mourons pour la foi, puisque nous sommes venus mourir pour elle. •

( Don Juan entre.)

DON JUAN

Notre débarquement a été mal disposé.

DON FERNAND

Il n'est plus question des moyens à prendre. Tout^ notre ressource est dans nos épées; puisque nous sommes entre deux armées, combattons dé toutes.parts : Avis et Christ !

DON JUAN

Guerre ! guerre !

(Ils sortent Vépée k la main Bataille.) (Brito entre. )

BRITO

Il n'est aucun moyen d'échapper ; les deux troupes nous enveloppent; plus de ressoui'ces. La sotte expression ! Ah ! si la clef éternelle des cieux voulait m'ouvrir une petite fente, pour que celui-là au moins pût se mettre en sûreté qui est venu ici sans avoir rien à démêlé dans ces querelles ! Je >ais faire un instant le mort; puisse ce temps m'être compté en déduction de la mort réelle !

(Use jette par terre. Un More entre se Kaltant avec Henri.)

JOURNÉE I, SCÈNE IV. 3c>

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