DON DIÈGUE DE CARDONE
Allons à ma maison de campagne par les Ata-
razanes.
DON JUAN
Vous avez raison : les dames pourront s'y amuser ivec moins de confusion.
^11 sort avec sa fcinnie et le reste de la mascarade. ) UN MUSICIEN.
Il n'y a plus personne; nous pouvons partir.
DON JUAN, revenant avec Jeannet.
Jeannet, sache qui est ce masque; suis-le.
( Il s(»rt. ) JEANNET.
Je le suivrai , allàt-il au bout du monde,
FABIO
Qu'est-ce qui vous afflige ainsi?
DON A^.VAR
Hëlas ! je le vois , toutes mes espérances sont vaines . Croya^t trouver quelque soulagement à mes maux , je frétai ce brigantin qui m'attend sur la côte ; et , sans prendre congé de ma famille , je vins voir Séraphine , cette ingrate , cette cruelle , cette trompeuse syrène.
JEANN ET, sku fond du théâtre.
Il court comme un moine qui va diner hors du couvent ^'^).
DON ALVAR
Et, puisque tant de preuves d'amour n'ont pu obtenir d'elle un seul mot de consolation, puisquesadernière parole a été que mon séjour ici lui coûterait la ^ie , qu'ai-je à attendre davantage l Croyons que ce tien est perdu pour toujours ; et, s'il est vrai que le comble du malheur soit le commencement de la con-
lifo LE PEINTRE DE SON DÉSHONNEUR, solation j renonçons à cette cruelle. Prends ces habits {il jette le domino et le faux i^isage, et reste en iwezteZb^) , rapportes-les ; je Tais reunir les marins, et abandonner aux yents et à la mer mon infortune et mes malheureuses espérances.
JEAWNET.
Vo^ez quelle transformation ! Je ne vois pas sa figure , mais je sais au moins par son habit que c'est un matelot.
FÂBIO.
Cest le meilleur parti que vous puissiez prendre.
DON ALVAR
Et, pour ne pas m'exposer à quelque faiblesse, pour ne pouvoir pas me re'tracter , tu me trouveras embarque. J'ai adore, j'adore encore Seraphine ; j'en mourrai peut-être : mais , si ma mort est nécessaire pour conserver sa vie, je dois la sacrifier.
( Fabio sort d'un c6té et don Altar de Tautre. ) JEANNET.
Je le suis : je n'ai pu examiner sa figure ; mais il me suffit de ne pas le perdre de vue.
( Il sort. )