UN CAVALIER
La suivante de Séraphine est la seule qui ait pe'ri.
( Don Juan entre. )
DON JUAN, à la cantonnade.
Je reviens; veuillez m'attendre. Mes amis, rendez à ma tendresse cette beauté que je vous ai confiée.
JEANNET
A qui parlez-vous, seigneur?
DON JUAN
A ces marins qui étaient là , à qui j'ai remis mon âme et ma vie , ma Séraphine. Les as-tu vus ? Sans doute ils l'ont portée dans quelqu'une de ces chaumières ?
JEANNET
Non , seigneur ; ils l'ont portée sur ce brigahtin
2i5o LE PEINTRE DE SON DÉSHONNEUR,
que tous voyez encore , mais que le Tent et les rames auront bientôt éloigné.
DON JUAN
Tais-toi , misérable ! ou crains
JE ANNE T
Belle vengeance ! Cet homme masqné que j'ai suivi , et qui n'est qu'un matelot , enlève votre femme, et c'est moi qui en souffrirais !
Que dis-tu ? Ce masque était le matelot qut était là tout à l'heure !
JPEANNET.
Oui, seigneur.
DON JUAN
Ma confiance m'a perdu . Mais pourquoi ne vaisje pas chercher , jusque sur l'onde , la vengeance due à mon honneur?
JEANNET
Arrêtez !
( Toutes les personnes delà mascarade entrent. )
TOUS
Quel est ce bruit?
DON JUAN, jetant ses habits.
C'est un malheur, une rage, un affront, un déshonneur si grand , que je ne le dirai que quand j'en aurai pris vengeance. Attends, infâme pirate; je combattrai l'onde et le feu : Dieu me donnera la vengeance ou la mort.
( Il s'c'lance dans la nier.^ JEANNET
Un homme à la mer !
JOURNÉE II , SCÈNE IV. a5i
TOUS
Allez au secours.
JEANNET
Le brîgantin fuit à voiles et à rames ^ et le nageur ne peut le suivre.
DON JUAN, derrière le théâtre.
Dieu ! secourez-moi !
TOUS
Puisse-t-il t'assister !
FIN DE LA DEUXIÈME JOURNÉE
JOURNÉE TROISIÈME