‹ Caldéron (volume 3)Chapitre 70 sur 79 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

La rue , devant la maison de Grespo.

On voit arriver LE CAPITAINE, LE SERGENT, L'ÉTINCELLE, REBOLLEDO avec une guitare , et DES SOLDATS,

REBOLLEDO.

Ici neus sommes mieux; que chacun fasse sa partie.

L'ÉTINCELLE

Recommençons-nous ?

REBOLLEDO.

Sans doute.

L'ÉTINCELLE

C'est là ce que je veux.

LE CAPITAINE

Qu'elle n'ait pas seulement entrouvert sa fenêtre 1

LE SERGENT

Ce ne sera pas faute de nous avoir entendus.

L'ÉTINCELLE

Attendons

LE SERGENT

Peut-être à mes de'pens.

Voyons quel est celui qui vient à nous.

L'ÉTINCELLE

C'est un cavalier armé de toutes pièces.

( Mendo arrive avec sa lance et Nuno. )

MENDO, à Nuno.

Vois-tu ceci ?

NUNO

Je ne vois pas bien , mais j'entends.

MENDO.

Qui pourrait souffrir cette insolence ?

NUNO

Moi.

MENDO.

Isabelle ouvrira-t-elle sa fenêtre ?

NUNO

Pourquoi pas ?

MENDO.

Non, vilain.

Non, soit.

MENDO.

Ah ! jalousie ! peine affreuse ! Je les chasserais bien tous à grands coups d'ëpëe; mais il faut que j'évite toute indiscrétion , jusqu'à ce que je sache si elle s'y prête de façon ou d'autre.

NUNO

Alors, asseyons-nous.

MENDO.

Oui; je ne serai pas connu.

REBOLLEDO.

Il s'est assis.... lia l'air d'un fantôme, d'une âme en peine qui rôde pour expier ses fautes passées ;

4g6 L'ALCADE DE ZALAMÉA,

mais il a son bouclier, et semble Toolôir parler..»

Allons y Etincelle, une chanson nouvelle et salée...

L'ÉTISCELLE.

Je veux bien. ( Don Lope entre dun côté^ Crespo de Vautre^ cous^erts tous deux de leurs boucliers • et Tépée à la main. — U Etincelle chante. ) «Vous avez n connu Sampaye, la fleur de F Andalousie, le fa- » raud de meilleure mine \ le galant le plus renom-- » mé; un jour il trouva la Criarde.... ^*^, un jour il » trouva la Criarde , le soir, à Fentrëe de la nuit, » avec le redoutable Garlo , dont vous savez le cou- » rage; car il est prompt comme la foudre dans » tout ce qu'il veut entreprendre : il trouva donc la » Criarde : Oti ? diriez-vous : chez ' le marchand de » de vin; il tire aussitôt Tépée, et frappant d'estoc I» et de taille.... »

(Don Lope et Crespo tombent à coups dVpée sur les chanteurs par deux côtés

differens.)

CRESPO

Ce fut de cette manière.

DON LOPE

Voici comme cela se passa. ( Ils les poursuivent et les dispersent. Don Lope rentre. ) Ils sont partis. ( Voyant Pedro Crespo. ) Mais c'en est un qui revient.

CRESPO, voyant don Lope.

Celui-ci tient ferme au poste.

DON LOPE

Il aura aussi son affaire.

CRESPO

Je vais lui faire suivre le chemin des autres.

DON LOPE

Allons y partez aussî.

CRKSPO.

Partez vous-même, vous apprendrezà courir aussi.

(Ils se' ba( lent.) DON LOPE.

Vive Dieu ! il se dëfeod bien.

Vive Dieu ! il n'a pas peur.

(Juan accourt IVpée à la nain.)

JUAN

Mon père, je vous trouve; je suis à votre côté !

DON LOPE

C'est Pedro Crespo !

CRESPO

Moi-même. Etçs-vous don Lope ?

DON LOPE

Eh ! sans doute ! N'avez-vous pas dit que vous ne sortiriez pas? Voilà un bel exploit de votre part.

CRESPO

J'ai fait comme vous; qu'avez -vous à me reprocher ?

DON LOPE

J'étais offensé; vous, non.

CRESPO

Parlons franchement; je sais venu me battre pour VOUS tenir compagnie.

ToM. I. Caldéfn, 32

498 L'ALCADE DE ZALAMEA

TOIX DE SOLDATS, derrière le théâtre.

Marchons tous ensemble ; exterminons ces vilains!

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