SCENE IL Un jardin du roi
SELIM , FERNAND en esclave.
SELIM. | Le :roi ordonne que tu travailles dans ce jardin, et songe que tu dois de Pobéissance à ses lois. DON FERNAND.
Ma :patience lassera sa sévérité. \ (Des captifs entrent; ile travaillent au jardín, quelquer-uns chantent. )
PREMIER CAPTIF. Il chante, Déjà, des bords de la mer, On voit ha flotte paraitre;
Aux rivages de Tanger, Elle conduit le grand-maître.
(1 s'éloigne en chantant. ) DON FERNAND.
Que partout ma déplorable histoire fatigue la
mémoire des hommes ! je suis triste et troublé. SECOND CAPTIF.
Captif, allons; à quoi pensez-vous ? que faitesvous? ne pleurez pas; consolez-vous, le grandmaitre nous a dit, il y a peu de temps, que nous reviendrions tous dans notre patrie en pleine liberté ; aucun Portugais ne doit demeurer ici.
Hélas ! vous serez bientôt désabusés.
| SECOND CAPTIF
Oubliez vos chagrins, et aidez-moi pour l’arrosement de ces fleurs ; prenez les seaux, et vous porterez de l’eau de ce bassin.
DON FERNAND
Je veux obéir ; vous m'avez donné l'emploi qui me convient en me demandant de l’eau : semant des peines, cultivant des ennuis, mes soucis vous
fourniront le courant de mes larmes.
(1 sort.) TROISIEME CAPTIF.
Voici d'autres esclaves qui arrivent dans ce bagne. (Don Juan entre avec un autre captif.) DON JUAN.
Examinons avec soin si c'est dans ces jardins où on l’a conduit , et si ces esclaves Pont vu. Notre
JOURNÉE II, SCÉNE IL. 59 douleur serait allégée, nous aurions quelque consolation si nous pouvions être auprès de lui. ( 4u deuxième captif. ) Dieu te garde, mon ami, dismoi si tu as vu le grand-maître don Fernand tra- * vailler dans ce jardin.
SECOND GAPTIF.
Non, mon ami, je ne l'ai point vu, . DON JUAN.
J'ai peine à retenir mes larmes,