NES
Vous avez plus que. raison.
BÉATRIX
Et ma fureur durera jusqu'à ce que. … Mais n'at-on pas frappé á cette porte ?
INÉS.
11 me le semble.
BÉATRIX, Va voir qui c'est.
INÉS, á part.
Malheur à toi, pauvre Ginés , si.quelgw'un écrivait de toi, que tu as la téte fendue pour avoir offensé mes chastes feux !
no BÉATRIX.
Folle passion qui m'avez fait voir ce que peut un changement, faites aussi que je perde le souvenir, puisque ] ai perdu l'espérance. Je donnerais ma vie pour voir la dame qui put Pengager à ce point. -
(Léonor entre avec Inès, ) - INÉS, à Léonor.
Elle est ici; entrez.
BEATRIX
Qui me demande, Inés ?
| "4 LÉONOR
Une malheureuse fille, qui, si vous lui permettez de baiser votre blanche main, pourra dorénavant braver les infortunes, puisqu elle trouvera dans votre bonté un port assuré contre leurs orages. . | BÉATRIX.
Levez-vous , jeune fille.
LÉONOR, á part.
Et il faudra que je m'accoutume à ce ton €)!
BÉATRIX Que demandez-vous ?
LÉONOR
Cette lettre vous en instruira.
BÉATRIX
De qui est-elle ?
LEONOR
De donne Violante.
BÉATRIX, à Inès.
Inès, qu’elle est jolie!
INES.
Coussi , coussi.
LÉONOR, à part,
O fortune! à quelle extrémité m'as-tu réduite ? Et cependant ce qui m'afilige est moins encore que ce que je crains.
BÉATRIX
Violante m'écrit pour me dire qu'ayant appris que j'ai marié une de mes femmes , elle me prie de vous recevoir...
LÉONOR, à part.
Hélas !
BEATRIX
:. «as Pour la remplacer. Elle est sûre, dit-elle, que votre vertu et votre bonne réputation sont telles qu'il convient à mon service. Il suffit d'une recommandation aussi puissante.
LÉONOR
Agréez ma reconnaissance.
JOURNÉE I, SCÈNE 11. ab
| BÉATRIX
D'où êtes-vous ?
LÉONOR
Des environs de Tolède.
BÉATRIX
Quel événement vous a conduite à Valence ?
‘LÉONOR
J'y ai été amenée par une des dames de la vicereine. Elle vient de mourir, et j'ai été forcée de chercher du service.
BÉATRIX
Sa bonne grâce et sa figure me plaisent. Que fai-
siez-vous chez cette dame ?
Je travaillais à l'aiguille , et j'étais demoiselle de compagnie. | INÉS, à part.
De compagnie, á la bonne heure ; ; pour l’autre , j'en doute ().
LÉONOR
Je la coiffais aussi; et je crois que sous ce rapport je pourrai satisfaire vos goúts. Le printemps
n'amène point de fleurs que je ne puisse imiter avec :
ces beaux cheveux. Vous n'aurez pas besoin d'en-
voyer hors de chez vous, jupes, coiffes, ni colle-
rettes; personne ne sait les monter et les repasser
mieux que moi. Je couds en -linge fin, je fais toute
sorte de festons, je brode assez bien , et sais travailler en tapisserie.
Vous êtes justement la personne quil me faut. Vous pouvez rester ici: cependant le maître de cette maison et le mien est mon frère ; mais je suis sûre que, puisque je le désire , il n’y mettra point d’obstacle, | |
LÉONOR, e
Étant ce qu'il est, j'ai confiance dans sa bonté, Il appartient aux nobles comme lui de faire le bonheur des infortunés.
Votre nom ?
LÉONOR
Isabelle.
BEATRIX
Vous pouvez quitter yotre manteau.
(Don Juan entre.) | DON JUAN. | 1 Béatrix !
BÉATRIX
Don Juan , mon frère, | DON JUAN.
Que faisais-tu ?
| | | BÉATRIX
+. Je te faisais une galanterie.
DON JUAN
Comment cela ?
BÉATRIX, Sachant qu'en amant passionné tu serais bien aise qu'on fit ce qui plaît à une belle dame, je viens
NE" ee
-* JOURNÉE I, SCÉNE IL - 249 de recevoir cette demoiselle , parce qu’elle m'a été adressée par Violante. |
DON JUAN
. Je te remercie de ta politesse, et même de ta malicé. (4 Léonor. ) Ma demoiselle , à cause de vous, à cause de la personne qui vous envoie , vous pouvez disposer dé ma maison. Étant aussi puissamment recommandée auprès de tous les deux, vous servirez la sœur , et le frère sera empressé de vous servir.
LÉONOR
Que le ciel vous récompense , seigneur, de vos bontés pour moi ! vous aurez en Isabelle une es-
clave dévouée.
DON JUAN, bes à Léonor.
: Comment trouvez-vous, Léonor, ma maison et ma
jolie sœur, LÉONOR, bas à don Juan.
Que seulement aujourd’hui, il me semble ‘que le destin cesse de me poursuivre, DON JUAN.
Béatrix, il faut que je te parle en particulier. J'ai à te demander un service.
BÉATRIX
Ordonne ce que tu voudras. Écartez-vous un peu. " (Béatrix et don Juan s'éloignent au fond du théâtre.) INÉS.
Mademoiselle Isabelle voudra bien me reconnaftre pour son humble servante, son amie et sa cá-
ñ 248 IL NE FAUT PAS TOUJOURS CAVER AU PIRE, BÉATRIX.
Vous êtes justement la personne qu'il me faut. Vous pouvez rester ici: cependant le maître de cette maison et le mien est mon frère ; mais je suis sûre que, puisque je le désire , il n’y mettra point d’obstacle, | |
Étant ce qu'il est, j'ai confiance dans sa bonté, Il appartient aux nobles comme lui de faire le bpnheur des infortunés.
BÉATRIX, Votre nom ?
LÉONOR
Isabelle.
BÉATRIX
Vous pouvez quitter votre manteau.
(Don Jyan entre.) DON JUAN. no + Béatrix !
BEATRIX, Don Juan , mon frere, DON JUAN.
Que faisais-tu ?
| BÉATRIX
Je te faisais une galanterie.
DON JUAN
Comment cela ?
BÉATREX, Sachant qu'en amant passionné tu serais bien aise qu'on fit ce qui plaît à une belle dame, je viens
-* ‘JOURNÉE 1, SCÈNE IL + 249 de recevoir cette demoisellé , parce qu'elle m'a été adressée par Violante.
DON JUAN
. Je te remercie de ta politesse, et même de ta malice. ( 4 Léonor. ) Ma demoiselle , à cause de vous, à cause de la personne qui vous envoie , vous pouvez disposer dé ma maison. Étant aussi | puissamment recommandée auprès de tous les deux, vous servirez la sœur , et le frère sera empressé de vous servir.
LÉONOR
Que le ciel vous récompense, seigneur, de vos bontés pour moi ! vous aurez en Isabelle une es-
clave dévouée.
DON JUAN, bas à Léonor.
: Comment trouvez-vous, Léonor, ma maison et ma
jolie sœur, LEONOR, bas à don Juan.
Que seulement aujourd'hui, il me semble que le destin cesse de me poursuivre, DON JUAN, Béatrix, il faut que je te parle en particulier. J'ai à te demander un service. | BÉATRIX.
Ordonne ce que tu voudras. Écartez-vous un peu. | © (Béatrix et don Juan s'éloignent au fond du théâtre.) . INÉS.
Mademoiselle Isabelle voudra bien me reconnaitre pour son humble servante, son amie et sa cà-
Vous êtes justement la personne qu'il me faut. Vous pouvez rester ici: cependant le maître de cette maison et le mien est mon frère ; mais je suis sûre que, puisque je le désire , il n’y mettra point d'obstacle. | |
LÉONOR. | | e
Étant ce qu'il est, j'ai confiance dans sa bonté, Il appartient aux nobles comme lui de faire le bpnheur des infortunés.
BÉATRIX, Votre nom ?
LÉONOR
Isabelle.
BÉATRIX
Vous pouvez quitter votre manteau.
(Don Jyan entre.) DON JUAN. io Béatrix !
Y BÉATRIX
Don Juan , mon frère,
| DON JUAN
Que faisais-tu ?
| | BÉATRIX
Je te faisais une galanterie.
DON JUAN, Comment cela ?
BÉATRIX, Sachant qu'en amant passionné tu serais bien aise qu'on fit ce qui plaît à une belle dame, je viens
JOURNÉE 1, SCÈNE IL - - 249 de recevoir cette demoiselle , parce qu’elle m'a été adressée par Violante.
DON JUAN
Je te remercie de ta politesse, et même de ta malicé. (4 Léonor. ) Mademoiselle, à cause de vous, à cause de la personne qui vous envoie , vous pouvez disposer dé ma maison. Étant aussi puissamment recommandée aupres de tous les deux, vous servirez la sœur , et le frère sera empressé de vous servir.
LÉONOR
Que le ciel vous récompense, seigneur, de vos bontés pour moi! vous aurez en Isabelle une esclave dévouée. |
DON JUAN, bos à Léonor,
Comment trouvez-vous, Léonor, ma maison et ma jolie sœur,
| LÉONOR, bas à don Juan.
Que seulement aujourd’hui, il me semble’que le destin cesse de me poursuivre,
DON JUAN
Béatrix, il faut que je te parle en particulier. J'ai à te demander un service.
BÉATRIX
Ordonne ce que tu voudras. Écartez-vous un peu, © (Béatrix et don Juan s'éloignent au fond du théâtre.) .
INÉS.
Mademoiselle Isabelle voudra bien me reconnaítre pour son humble servante, son amie et sa ch-