DON ROJCH , DONA BÉATRICE
DOS ROCH
Béatrice , je viens te demander. . . .
DONA BÉA.TRICP.
Que dis-tu ?
DON BOGH.
Je viens seulement te demander quand tu me laisses en paix^ quand tu changes de logement ^ ou, pour parler plus clairement, quand tu t'en vas chez toi.
DONA BÉATRICE
J'y pense , «t je m'en occuperai.
i DON ROCH.
Ne commence pas ici à employer les ruses et les détours. Je t'ai déjà dit que tu t'en aillés, que tu t'en ailles , entends-tu ? Ne dirait-on pas que les choses nécessaires à la vie sont pour rien ? et surtout je ne veux plus d'hôtes. A-t-on vu pareil entêtement! Je ne prétends pas que tu t'en ailles, et que tu ne reviennes nous voir de la vie ; non certes, une fois de temps à autre , quand tu voudras. Oh \ <;omme cela , à merveille. Mais pour ce qui est de rester ici à te régaler, je n'en veux pas entendre parler. Ma femme n'a pas besoin d'avoir des con-^ lieilijiers auprès d'elle : ainsi d^nc, dehors.
ig8 LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE,
MUGNOZ.
Quelle idée ! . . .
DON ROCH
Mugnoz!....
MUGNOZ.
Bah! tout cela est inutile. Que pensez-TOUs que nous ferons avec cette embuscade? Rien, rien; je le Yois d'avance. Â quoi bon se donner tant de peine?.... Et je suppose qu'ils s en aillent aujourd'hui, j'admets même qu'ils soient déjà partis, et que nous ne restions que nous trois , les querelles et les jalousies ne finiront jamais.
DON ROCH
Pourquoi ?
UUGNOZ.
Quoi ! vous ne le devinez pas? Parce qu'une jeune femme ne peut jamais sympathiser avec un vieillard-; non , monsieur. Une jeune femme est §Û6, capricieuse à l'excès , aimant les fleurettes ^ les spectacles , les promenades ; et ici il n'y a rien de tout cela : toujours renfermée , condamnée pour la vie à vous habiller et à raccommoder vos vêtemens, à voir votre figure , à entendre le bruit continuel de votre asthme, à faire chaufifer dans l'hiver des linges pour vous mettre sur le ventre, à fidre bouillir de l'eau, à préparer des pilules, des onguens, des emplâtres, des cataplasmes; comment voulez-vous que tout cela lui plaise ? c'est une chose impossible; ce ne serait que par feinte....
DON ROCH
Mugnoz, allons.».. ».