‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 120 sur 250 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

infortune a plus de peines que de consolations à attendre, lorsqu'il va chercher des provinces lointaines séparées de son pays par de vastes mers. Une cite populeuse offre mille distractions j et tes peines céderont à la raison et au temps. Que l'exemple que je te dopne relèye ton courage : je me sépare de toi en éprouvant la plus vive douleur ; et si mon amour était mofns sincère^ il n'y aurait pas de vertu à moi à te quitter comme je te quitte ; mais il le faut , don Juan, Je suis mariée ^ l'honneur m'est cher; quelle excuse pourrai-je trouver à mon aveuglement? quel prix puis-je espérer d'un crime si odieux? oîi irons-nous alors? que feras-tu?... Ah ! s'il n'y a plus d'espoir , séparons-nous tous deux ; que je meure de regret, isolée , privée de tout ce que j'aime ; je mourrai contente y si à ce prix je me conserve pure à mes propres .yeux.

DON JUAN

Ah ! chère amie de mon cœur , qui t'a donné tant de courage ?....

DONA ISABELLE

vertu !.... ô douloureuse vertu !

(Elle sort par la porte de gauche.) DON JUAN

Que Dieu me soit en aide !

(H sorl par la porte de droite.)

Que roccasion soit peu favorable ^ car tous les préparatifs sont achevés , et au premier signal de départ les vaisseaux sortiront du port.

bONA ISABELLE.

Malheureuse! cours! Ah! mon Dieu!

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