‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 146 sur 250 · ACTE I, SCËME I. o^Gg · texte numérisé non relu

ACTE I, SCËME I. o^Gg

* DOR ANTONIO

Comment ?

Oui... comme ... des vers... J'aime tant les vers !

DON ANTONIO

'Oh ! les bons vers sont très-estimables ; mais aujourd'hui il y a si peu de gens qui sachent les faire. .1

si peu... si peu...

PIPI

Oh bien ! on voit à merveille que ceux de là-haut sont du métier. Vrai Dieu ! combien il leur en est sorti de la bouche I ... Il n'y a pas jusqu'aux femmes. . .

DON ANTONIO

Bah ! les dames aussi récitaient des vers ?

PIPI

Parbleu ! il y a là une dona Agustina qui est la femme de l'auteur de la comédie... Si vous voyez ^

elle composait des dizains à la minute Il n'en

est pas de même de l'autre^ qui pendant tout le. repas n'a fait que jouer avec un certain don Hermogènes f et lui jeter des boulettes de pain à la figure.

• DON ANTONIO

Don Hermogènes est là- haut grl^dissime

pédant I

PIPI

Elle n a pas cessé de jouer avec lui , et quand on lui disait : I^fariquita^ un couplet , allons un couplet, elle baissait les yeux. On a eu beau la presser pour voir si t)n en tirerait quelque chose , peine perdue. Elle commença un couplet, et ne put* le

finir ^ parce que ^ disait-elle ^ elle ne trouvait pas

la rime. Mais dona Agustina^ sa belles-sœur

oh ! celle-là à la bonne heure... Voilà ce que c'est... voyez-vous... quand on a de la verve...

DON ANTONIO

Assurément. Et quel est celui qui chantait tout

àr l'heure, et qui faisait entendre ces cris si discor-

dans ?

PIPI

Oh ! celui4à est don Sërapio.

DON ANTONIO

Mais qui est-il ? quel métier fait-il ?

PIPI

Il est... voye3&-vous.... il s'appelle don Sérapio.

DON ANTONIO

Ah ! oui : c'est cet hurluberlu qui fait des signes aux actrices , leur jette des bonbons ^ur leur chaise ;' court tous les jours pour savoir qui a donné ou reçu un*coup de couteau; qui, depuis l'instant de son lever jusqu'à celui où il se couche, ne cesse de parler de la chaleur de l'été , du costume du principal piqueur de taureaux et des anecdotes scandaleuses.

H PIPI

Celui-là même. Oh ! c'est un des plus fins amateurs. Il vient déjeûner ici tous les matins, et il entame avec les perruquiers des disputes qui font plaisir à entendre." Ensuite il descend dans le quartier de Jésus : ils se rassemblent trois ou quatre amis, ils parlent de comédies , ils disputent, ils rient , fument sous les portiques ; don Sérapio les

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