ACTE I, SCÈNE I
conduit de côté et d'autre ; enfin ^ quand une heure sonne ^ ils se séparent; et don Sérapio va dîner avec le souffleur de la comédie.
DOIf ANTONIO.
Et ce don Sérapio est ami de l'auteur de la corné- ^
die nouvelle ?
pipi.
Vraiment! ils sont comme l'ongle et la chair. C'est lui qui a arrangé le mariage de Mariquita ^ la sœur du poète ^ avec don Hermogènes.
DON ANTONIO
Que me dis-tu ? don Hermogènes se marie !
PIPI
Parbleu ! s'il se marie ? Si la noce n'est pas encore faite ^ c'est uniquement^ à ce qu il paraît ^ parce que le futur n'a pas le sou^ non plus que le poète. Mais le poète promet qu'avec l'argent qu'on lui donnera pour cette comédie , et celui que lui rapportera l'impression y il les mettra en ménage ^ et paiera les dettes de don Hermogènes ^ qui paraissent être assez nombreuses.
DON ANTONIO
Oui^ elles le sont, diable! j'en réponds... Mais si la comédie va mal, et qu'en conséquence elle ne soit ni payée , ni vendue , que feront-ils alors ?
Alors. ..que sais-je... Mais bah! non, monsieur ^1 don Sérapio dit qu'il n'a pas vu a» théâtre de meil^ leure comédie.
»j4 LA COMÉDIE NOUVELLE,
DOS lyrosio. *
y est donc fort habile , Hem?
PIPI
Gemment? le second père noble raime beaucoup ; et 81 cela dépendait de lui , on aurait déjà joué les quatre ou cinq comédies que don Êleuterio a toutes prêtes ; mais les autres n'ont pas touIu : et , Tojez- TOUS , comme ce sont eux qm paient , en disant : Cela ne nous plaii pas , ou quelque chose comme cela«.« tout est fini. •• que diantre ! etensuite, comme ils savent ce qui est bon... enfin... Toyez-Tous, si les acteurs. .. n est-il pas vrai?
DOH nfTomo.
Assurément. f
• PIPI
Mais laissez faire; quoique ce soit la première qu'ils lui représentent , je crois qu elle doit faire sensation.
DON ANTONIO
C'est donc la première ?
PIPI
Oui, la première; mais il est encore jeune. Je me souyiens, il peut y avoir quatre ou cinq ans qu'il était écrivain, là, dans cette loterie du coin , et cela lui rapportait passablement ,'>mais ensuite il se fit valet de chambre , et son maître mourut tout à coup. II s'était marié secrètement avec la femme de chambre ; il avait déjà deux enfans , et depuis il lui en est encore venu deux ou trois. Se voyant ainsi , sansem-