‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 169 sur 250 · ACTE II, SCÈNE I. 3i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. 3i

DONAMàRIQUITA.

Eh bien , ce n'est pas là ce que disaient hier ceux que nous rencontrâmes chez le limonadier. Vous souvenez-vous , ma sœur ? Il y en avait là un grand qui, certes y ne se mordait pas la langue.

DON SÉRAPIO.

' Grand ? un grand , hem ? Je le connais ; fripon , vicieux ! un drôle ! qui porte un manteau , qui a une balafre sur le nez ; coquin ! c'est un garçon sellier, très-partisan de l'autre troupe de conaé-

diens un tapageur : c'est lui qui est cause

qu'on a sifflé la comédie intitulée : Le Monstre le plus épou^^antahle de la mer de Calédonien dont l'auteur était un tailleur, parent d'un de nos voisins; mais je lui réponds que. ..

DONA MARIQUITA

Quelles folies vous nous dites-là ! Ce n'est pas de celui-là qiie je parle.

DON SÉRAPIO.

Si, un grand , de mauvaise mine , avec une cicatrice qui lui prend...

DONA MARIQUITA

Ce n'est pas celui-là.

DON SÉRAPIO.

C'est bien le plus grand filou et quelle triste

vie il a fait passer à sa |emme ! La malheureuse ! il la traitait absolument comme un chien .

DONA MARIQUITA

Mais quand je vous dis que ce n'est pas lui ! Voyez

3i4 LA COMÉDIE NOUVELLE,

donc ! à quoi bon tant crier ? Celui dont je parle était un cavalier très-décent , qui n'a ni manteau ni balafre , et qui ne ressemble en rien à celui dont vous nous faites le portrait.

DON SÉRAPIO.

Bon; mais je vais vous dire J'ai une envie de

rejoindre ce sellier.... Il n'ira pas ce soir an parterre ; s'il y allait^ parbleu I.... Mais l'autre jour, quelles choses nous lui dîmes sur la place Saint- Jean ! Il soutient que l'autre troupe est meilleure , et qu'il n'y a personne capable de la siffler. (Il se rassied. ) Et vous saurez d'oîi vient tout cela. C'est parce que les dimanches au soii* , lui et d'autres de son espèce s'en vont ^ chez la Ramirez , où ils jouent dans l'antichambre avec la servante ; ensuite elle leur sert un peu de fromage ou quelques poivrons au vinaigre, ou autres mets de ce genre ; et de là ils s'en vont applaudir comme des enragés au balcon et à l'amphithéâtre.... Mais, ne vous inquiétez pas ; nous autres partisans de cette troupeci, à la première comédie qu'ils joueront sur l'autre théâtre, sans rémission, nous sifflerons à faire écrouler la maison : nous verrons....

DONA MABIQUITÂ.

Et s'ils nous gagnaient de vitesse et en faisaient autant à la comédie de ce soir ?

DOIfA AG0«T1NA.

Oui , tu crois sans douté que ton frère s'endort, et qu'il n'a pas fait ces jours-ci tout ce qu'il fallait pour qu'il ne lui arrive aucun échec. H s'est

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