‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 189 sur 250 · ACTE I, SCÈNE I. 35g · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. 35g

LÉONARD

Étant si près de Tolède y et mon cousin étant dangereusement malade , je ne pouvais me dispenser

FERMliNA.

Je ne sais mais je vais finir, de peur qu'on

nous entende. Notre baron continua de faire ici de fre'quentes visites ; toujours auprès de mes maîtresses , leur faisant mille courbettes , trèssoumis avec la jeune , très-attentif aveè la vieille, si bien qu'elle s'est tout- à- fait coifTe'e de lui. Il lui a rempli la tête de chimères ; la pauvre femme ne peut vivre ni goûter un instant de repos sans son baron ; et lui , fort de la haute idée qu'on a de lui , se plaignant souvent que l'auberge est sale , qu'on le sert mal , que les coqs ne le laissent pas dormir, qu'il n'y a dans sa chambre ûi chaises , ni table , il a su si bien faire , et ma maîtresse a été si sotte , qu'elle a envoyé chercher l'héroïque porte-manteau du baron, et qu'elle à pris dans sa maison les mesures les plus efficaces pour que sa seigneurie dînât , soupàt , déjeunât et dormît tout à son aise. Depuis lors il est le maître , on lui a cédé les appartemens d'en-haut. 11 vient diner , il monte dormir la sieste ; il revient faire une partie , ou va faire un tour de promenade avec ces dames ; ensuite on rentre , il rafraîchit , il soupe sans s'inquiéter de riea > remonte chez lui et se couche. Voilà sa vie. Le motif qui l'a amené ici a été (suivant ce qu'il dit, mais bien sat qui le croit) je ne sais quelle affaire d'honneur comme on ea

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