ACTE I, SCÈNE V
M"«. MONIQUE
On lui dit de s'en aller à Londres où en Angleterre, et que le roi de ce pays lui donnera beaucoup d'argent et eh outre des terres ; mais lui ne veut pas sortir d'Espagne.
DON PEDRO
Eh bien, il a tort. Pourquoi ne va-t-il pas tout de suite toucher ces espèces ? que peut-il espérer ? Qu'un jour , dans quelque rue détourne'e , j>n le reconnaisse, on l'enlève et on lui coupe la tête par quelque malentendu.
M»*. MONIQUE
Non ; suivant les dernières nouvelles, ses affaires prennent meilleure tournure , et il croit pouvoir , dans peu, montrer si clairement son innocence , que l'imposteur qui l'a dénoncé sera peut-être relégué à Ceuta.
C'est toHt naturel... Mais dis-moi , pour parler d'une chose qui nous intéresse davantage , et dont il convient de s'occuper, que faisons-nous de ta fille ?
M—. MONIQUE
Rien.
DON PEDRO
Rien ? Es-tu disposée à la marier avec Léonard ? Je le suppose.
M"». MONIQUE
Non ; ce n'est pas mon intention.
DON PÉDRO
Comment? et pourquoi la girouette a-t-elle* tourné?
Théâtre de MoreUin. 2 A
370 LE BARON
M**. MONIQUR.
Parce que c'est comme cela.
DON pÉoao.
Veux-tu donc la faire mourir fille ?
M**. MONIQUE
Qu'y a-t-il de si pressant à la marier ?
DONiPÉDRO.
Parbleu ! l'idée n'est pas mautaise ! Qu'y a-t-iiè si pressant? Vraiment, ce n'est rien î Tu ne te soi- YÎens donc plus , ma sœur , de l'époque où tu as d quinze ans ! Qu'y a-t-il de si pressant ! L'idée est excellente , sur ma yie !
M««. MOUîQUE.
J'ai raison de parler ainsi.
DON PEDRO
Allons f tu commences à déraisonner, et ces matières demandent de la mesure et de la prudence. Il faut qu'elle se marie.
M"'. MONIQUE
Eh bien , je ne veux pas que ce soit avec un pnvre diable.
DON PÉDRO
Fort bien ; mais considère que si elle se marie à mon goût , tout ce que j'ai est à elle j que Léonafi est un jeune homme plein de mérite et d'excellente qualités; que son oncle lui a donné à Madrid une éducation parfaite, et que quand cet oncle vint à mourir, . Léonard renonçant aux idées d'ambition, considérant que le produit de ses terres bien administrées, et