‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 205 sur 250 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

lieu de la donner à un fripon tombé des nues , tellement que personne ne peut dire dans lUescas qui ilesty ni d'où il vient, ni où il va, ni ce quil attend ? Un galopin , qui doit être baron comme je suis abbesse; un va-nu-pieds, qui arriva sans culottes et sans bas , et qui , héritier de ton maître , se promène sans aucune vergogne dans le village , paré de beaux habits qui ne sont pas à lui. Un animal I ah! si celui qui est en terre pouvait lever la tête, s'il .voyait tant de désordres dans sa maison ; le pauvre homme ! il n'est pas mort de la goutte , il est mort de cette maudite femme qui fut son purgatoire sur la terre, ridicule, ennuyeux, écervel^, sotte et vieille....

M"«. MONIQUE

Allons, tais-toi, c'est assez. Qu'ils disent ce qu'ils voudront ; c'est l'envie qui les fait parler, pas autre chose.

FËRMIN4, àpart.

Tu viens d'entendre joliment ton fait. ( Haute ) Sans doute c'est pure envie.

M»*. MortiQUt:.

Je ferai ce qui me plaira.

FERMINA.

Assurément.

M»*. MONIQÔE.

Je n'ai pas besoin qu'aucun d'eux vienne me régenter.

FERMINA.

Certes !

384 LE BARON

W"\ MONIQUE

Je vois bien qu'ils sont dësespérés, les coquins!... Enfin Dieu m'accordera de les voir confondus, de m'e'loigner d'eux, et de ne jamais revelnir dans ce maudit village.

FERMINA.

Oui ? Men Dieu ! quelle excellente résolution , madame ! et où irons-nous ?

M»«. MONIQUE

Que tu es sotte ! à Madrid.

FERMINA.

Quel plaisir! à Madrid.... quoi^ vraiment, à

Madrid ? avec le baron ?

Sans doute.

FERMINA.

Que mademoiselle sera contente! que nous serons tous heureux ! A Madrid ! ( j4 part. ) Pauvre Isabelle , voilà ton arrêt prononcé, (ffaiit.) Le baron, madame.

M"v. MONIQUE.

Va-t'en... Ah! écoute... secoue un peu ces robes que j ai tirées du coffre, et fais venir le tailleur.

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