‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 219 sur 250 · ACTE II, SCÈNE. IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE. IV

LE BABPI9. '

Mademoiselle Isabelle est un assemblage de grâces et de perfection ^ et la voir obscurcie^ éclipsée dans un mauvais village , exposée à être livrée demain à un rustique laboureur sans usage, sans savoir-vivre, sans éducation cela fait vraiment compassion. Heureusement il ne manquera pas , non, il ne manquera pas de se trouver quelqu'un qui peut-être saura la tirer de cette atmosphère, m placer à la plus grande élévation, et faire retomber sur elle et sur sa famille les dons que la fortune contraire leur a Mfusés.

DON PEDRO, riaat.

Quelle folie! Non, monsieur, non, elle n^est pas aussi malheureuse que vous le dites, l'atmosphère n'est pas si obscure et si opaque... il n'y a pas d'éclipsés, et il n'est pas nécessaire d'élever babelle si haut... Non, monsieur, rien de tout cela. Les filles se marient fort bien dans ce village : il est certain qu'il n'y a pas ici ( et c'est sans doute un grand malheur ) une jeunesse corrompue, parfumée, pétulante , oisive, pleine de babil et de fatuité, comme celle que j'ai vue aller danser des contredanses à la porte du soleil ; nous n'avons rien de tout cela , mais il y a ici des jeunes gens honnêtes , riches, bien élevés, raisonnables, qui jamais ne manquent au respect dû aux cheveux blancs, qui, attentifs près des femmes , ne les adorent ni ne les outragent , mais les estiment ; qui , s'ils ignorent les folles extravagances qu'invente le luxe , sont toujours vêtus comme les convenances l'ordonnentr Leur instruction n'est pas très-étendue , mais ils ont

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celle qui suffît pour être hommes de bien^ pour gouverner leur maison ^ donner de b^ns e:ii;emple$ à leurs enfans et leur rendre ai^nable et facile la , yertu qu'ils pratiquent. Isabelle n'a pas appris antre chose f et elle n'est point tourmentée d'ambitieuses espérances. Elle a un amant qui l'ainie et qu'elle estime de toute son âme'. Je suis content, et j'espère qu'il ne se passera pas deux semaines sans que la noce se fasse... Nous a^ons un grand dîner, du bruit et de la danse y et le soir du cJiocQlat ^ de la limonade et de l'orgeat.

LE BARON

J'admire infiniment cette façon de penser.

DON PEDRO, imitant le tovgniTC et Mntencieux du baron.

Et moi , je suis dans l'enthousiasme de la TÔtre. Vous voulez donc qu'elle soit vicomtesse ou femme d'amiral ?

LE BARON

Je voudrais la voir heureuse.

DON PEDRO

Si tel est votre désir , laissez-la.

LE BARON

Mais si le sort faisait qu'on lui procurât un. destin meilleur. . .

DON. PEDRO

Meilleur que de se voir mariée à son goût, dans son endroit? Cela ne peut être.

LE BARON

Je pensais que sa knère, dans ce cas, devrait être consultée et obéie.

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