‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 23 sur 250 · PITA · texte numérisé non relu

PITA

Ah ! quand mademoiselle le saura!

GALAMOGHA.

Mais finissons. Comment te trouvé-je ici? avec qui es-tu? quand es-tu arrivée? que.»..

RITA

Je vais te le dire. La mère de dona Paquita commença 9 il y a quelque temps , à nous écrire lettres sur lettres , en disant qu'elle avait arrange son mariage à Madrid avec un cavalier riche, estime, en un mot, plein de qualite's et de perfections, 6t le meilleur parti qu'on pût désirer. Madenioiselle , poursuivie par de telles propositions, et assaillie sans relâche par les sermons de.cette bienheureuse religieuse, se vit dans la nécessité de répondre qu'elle était prête à faire tout ce qu'on lui ordonnerait.... Mais je ne puis t^exprimer combien la pauvre enfant pleura , combien elle fut affligée. Elle ne voulait manger ni

ne pouvait dormir et en même temps il fallait

dissimuler pour que sa tante ne soupçoiinât pas la vérité. Tant y a que le premier effroi passé, Û fallut chercher des moyens et des expédiens, et nous n'en trouvâmes pas d'autre que d'avertir ton maître, espérant que si son amour était aussi sincère et

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aussi loyal qu'il nous l'avait juré y il ne consentirait pas à voir sa pauvre Paquita passer au pouvoir d'un inconnu et à perdre |)Our toujours tant de caresses, tant de larmes et de soupirs étouffés entre les murs de la cour du couvent. A peine la lettre était-elle partie pour sa destination, arrivent le carrosse avec son attelage , le cocher Gasparet avec ses bas bleus, et la mère et le futur qui viennent la chercher. Nous rassemblons précipitamment nos effets , on attache les malles, nous prenons congé de ces bonnes femmes, et en deux coups de fouet nous arrivons avant-hier à Alcala. Notlk nous y son^mes arrêtés pour que mademoiselle allât voir iine autre tante religieuse qu'elle a ici et qui est au^ ridée , aussi sourde que celle que nous avons quittée. Elle l'a vue, toutes les religieuses ont eu le temps de la baiser une à une , et je crois que demain de bonne heure nous partirons. Par cette rencontre, nous

CALAMOCHA.

Oui, n'en dis pas davantage.... Mais.... le futur est-il dans cette auberge?

RITA

Voilà sa chambre , voilà celle de la mère , et voici la nôtre.

CALAMOCHA.

Comment, la nôtre, à toi et à moi?

RlTA.

Non certainement. C'est là que nous passerons la nuit, mademoiselle et moi, car hier nous nous étions mises toutes trois dans la chambre en face ;

à peine ëtait-elle assez grande pour que nous pussions y tenir debout^ et il n'y eut pas possibilité de ' dormir un instant , ni même dé respirer.

CÂLAMOQHA.

Bien.... Adieu.

(Il r«preod les effets comme pour s'«u aller.) RITA.

Et où vas-tu ?

CALAMOGHA.

Je sais ce que j'ai à faire Mais le futur a-t-il

amené avec lui de^domestiques^ des «mis ou des parens pour parer la première botte qui le menace?

^ RITA

Il a un domestique avec lui.

CALAMOCHA.

C'est peu de chose.... Écoute, dis-luî par charité qu'il fasse ses dispositions , car il est en danger. Adieu.

RITA

fieviendras-tu bientôt ?

CALAMOCHA;

Je le suppose. Ces sortes d'affaires demandent de la diligence, et quoique à peine je puisse me remuer, il faut que mon lieutenant finisse sa visite et vienne un peu soigner son bien^ disposer l'enterrement de cet homme, et. . . Ah çà ! voilà notre chambre, n'est-ce pas?

RITA

Oui^ à mademoiselle et à moi.

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