‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 249 sur 250 · ACTE II, SCÈNE XVIlt. 45i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XVIlt. 45i

DON PEDRO

N'importe. Poursuis, elle n'est pas bien longue.

^ LÉONARD, lisant.

« D'amour... dans peu de jours,.... ce fut parce » que cela convenait à mes inte'rêts , et aussi parce » queje trouvai dans cette chère maman la vieille la » plus ignorante , la plus ridicule et la plus sotte » qu'il soit possible de rencontrer, lors même qu'on » la chercherait avec une lanterne. Mes ardens » soupirs ne s'adressaient qu'au peu d'argent que je » pouvais tirer d'elle, et aux grosses sommes que » j'espérais avoir de son frère. Dieu pardonne à ce » petit vieillard le mauvais tour qu'il me joue; » car cette manière de voyager à pied, à la hâte, et » sans soup>er, ne laisse pas d'être assez incommode. » Je suis bien fâche de l'impatience que ne pourra » manquer d'éprouver celui qui m'attend à minuit ri juste , pour me faire la charité de me couper le » sif&et; mais qu'il prenne son parti, si je ne viens » pas au rendez-vous, c'est une preuve e'vidente » que j'ai affaire ailleurs. Et quant à ce qui est » de savoir si mon honneur s'en trouvera bien ou » mal , qu'il ne s'en inquiète pas , c'est mon affaire, » et je le prends sur ma conscience. Je ne suis pas » baron; je n'ai point de ducs pour cousins, et les » parchemins de la noblesse n'ont rien de commun » avec moi. Je suis un pauvre diable, sans feu ni » lieu, sans revenu et sans emploi; je vis d'in- » dustrie, je ments raisonnablement, je profite » quand je peux de l'occasion ; et aussitôt qu'on

45o j, ôAiiON,

..■jiiiiaître , je plie ba^a^^e et je

... .ii". ■'

M»-'. MONIQUE

liâsez-moi seule ; allez-vous-en, il est Jesceuds, Pascal, el ferme les portes.

DON PEDRO

i .Ni-ce Jonc qui le chagrine.

M""'. MONIQUE

MistTable ! . . . . maudit!.... el moi si simple, si >oiiace.... Me jouer ainsi !

ISABELLK.

Via chère maman.

LÉONARD

Ce n'est pas le moment de s'affliger ainsi.

ISABELLE

Tout au contraire.

DON PEDRO

Quand ce coquin s'en va , en perdant dans sa fuite tout ce qu'il avait volé chez toi ; quand tu vois que notre zèle te sauve du précipice, que nous sommes tous joyeux , qu'Isabelle est libre et n'a pas souffert dans sa réputation; quand tu vois par toi-même qui t'aime et qui te trompe, pourquoi t'affliges-tu ainsi?....

ISABELLE

Il n'y a aucun motif.

DON PKDRO.

Une ignorance excusable, une erreur courte qui

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