ACTE II, SCÈNE XI. laS
voudrez;... mais jusque-là ne me faites pas mourir d'impatience, pour l'amour de Dieu.
DONÂ IRÈNE.
Dites ce qu'il vous plaira.
Ne recommençons pas 'h pleurer une autre fois , ni à...»
DONA IRENE
Non, monsieur, je ne pleure plus.
( Elle essuie ses larmes. ) DON DIEGO.
Eh bien, donc, il y a environ un an , un peu plus ou moins , que dona Paquita a un autre amant ; ils se sont parle maintes fois, ils se sont écrit, se sont promis amour, fid^itë, constance.... et enfin, il existe dans leur cœur une passion si tendre , que les obstacles et l'absence , loin de la diminuer , ont contribue efficacement à la rendrp plus vive. Dans cet ëtat de choses...
DONA IRÈNE
Mais ne voyez-vous pas bien , monsieur , que tout cela «st un bavardage invente par quelque mau-. vaise langue qui ne nous veut pas de bien ?
Allons-nous recommencer une autre fois?.. Non, madame, ce n'est pas un bavardage. Je vous répète encore que je suis bien instruit.
Que pouvez-vous savoir , monsieur ? et quelle ap-
ia6 LE OUI DES JEUNES FILLES,
parence de rérité y a-t-il dans tout ceci? Quoi ! la fille de mes entrailles, enfermée dans uncouTent, jeûnant les quatre temps et vigile, accompagnée de ces saintes religieuses ?.. elle qui ne sait pas ce que c'est que le monde , qui n'est pas encore sortie de la coquille comme on dit? On voit bien que vous ne connaissez pas le caractère de Circoneision . C'est bien elle qui est capable d'avoir fermé les yeux sur le moindre faux pas de sa nièce.
DON DléCO.
Il ne s'agit ici d'aucun faux pas , madame dona Irène; il s'agit d'une inclination honnête, dont jusqu'à présent nous n'avions eu aucune connaissance; votre fille est une jeune personne très4ionnéte y qui n'est pas capable de faire de faux pas... Ce q[ae je dis, c'est que la mère Circoncision , la Solitude et la Chandeleur, et toutes les mères , et vous, et moi tout le premier, nous nous sommes trompés solennellement. La jeune fille veut se marier avec un antre et non avec moi... Nous sommes arrivés trop tard. Vous avez compté trop légèrement sur la volonté de votre fille... Mais pourquoi tant nous fatiguer à parler? Lisez ce papier et vous verrez si j'ai raison.
( Il Ini donne la lettre de don Carlos. Dooa Ir^e , sani la lire; se Uvc a¥fecb«kttCMip d'agiUlîon, s^approche de la porte de sa cLaoïLre et appelle. Don Diego se lère et cherche rainement à la retenir.)
DONA IHÈNK.
J'en perdrai la tête!... Francisquita... sainte vierge du Marais!... Rita, Franciçca!
IVÏais k quoi bon les appeler?